Centre & Nord : entre montagnes et plages paradisiaques

· ARTHUR, LE ROI DES PARCS NATIONAUX

Nous avions pensé dans notre roadtrip faire un détour par Arthur’s Pass pour faire un peu de rando et découvrir les montagnes de l’ouest de Christchurch. Et par les hasards (ou pas) de la vie, Marielle (une amie de Mat) venait d’arriver sur l’île du Sud avec son « amoureux » David (comme elle l’appelle) et leur petit Gaspard. Arthur’s Pass semblait un bon lieu de rassemblement. Et comme nous les avions loupés au Vietnam (ou plutôt qu’ils s’étaient esquivés avant notre arrivée, un peu trop inspirés peut-être par notre voyage), c’était une bonne occasion de rencontrer enfin David et Gaspard, et de revoir Marielle.

Retrouvailles en fin de journée chez ce bon Arthur donc. Petite ballade tranquille au pied d’une cascade avant de se mettre en route pour un freecamp un peu plus à l’est. Sur la route du freecamp, et devant la beauté de la vallée, de la rivière que nous venions de traverser et des montagnes environnantes, nous avons finalement décidé de prendre l’apéro au bord de la rivière et de fil en aiguille de s’installer là pour la nuit. Après une recherche scientifique de Mat et David pour trouver le meilleur positionnement des vans pour être à plat, tout en nous protégeant du vent, nous avons profité d’un sympathique apéro, avant d’enchaîner sur un dîner dans notre van, tandis que Gaspard commençait sa nuit dans l’autre van. Car oui, nous pouvons recevoir dans notre van ! La classe à Dallas, ou plutôt à Arthur’s Pass.

Comme le superbe ciel étoilé de la nuit le laissait présager, nous nous sommes réveillés avec un ciel bleu immaculé, et après un petit-déjeuner tous ensemble, nous avons donc décidé de profiter de ce super temps pour faire une rando ensemble dans le parc (encore un…) d’Arthur’s Pass. Avec Gaspard bien calé dans son porte-bébé sur le dos de son père, nous voilà partis à l’ascension de Bealey Spur. Au programme, tout ce qu’on imagine de la Nouvelle-Zélande : des montagnes à perte de vue, une ancienne vallée glacière immense et majestueuse, des forêts, des prairies, des tourbières, et même des Kea (les seuls perroquets au monde à vivre dans les montagnes)… Bref, il ne manquait que les hobbits !

Ravis de passer un peu de temps avec nos amis, nous avons prolongé d’une nuit notre séjour à Arthur’s Pass, ce qui nous a permis de boire un pot réconfortant dans le village d’Arthur, d’approfondir notre connaissance de notre site de camping improvisé, toujours aussi beau, et également de tester un nouveau jeu avec Marielle et David, le Querckle. Et même si David met beaucoup de temps à jouer, ça nous a fait vraiment fait plaisir de jouer à autre chose que la belote mongole. Ça fait déjà 8 mois quand même. Merci les amis !

Le lendemain sonnait déjà le temps des « au revoir » : Marielle, David et Gaspard reprenant la route du Sud, et nous la route du Nord. Une super pause amicale chez ce bon vieil Arthur.

· LE NORD DE L’ILE DU SUD, DE LA GOLDEN BAY A PICTON

Nous avions une longue étape ce jour-là, ayant prolongé notre séjour chez Arthur, mais le soleil était au rendez-vous et le moral au beau fixe. La côte Ouest entre Greymouth et Westport est de toute beauté. C’est une côte sauvage, avec des falaises et des rochers qui se découpent, des forêts humides aux fougères géantes qui surplombent la mer… un petit air de la Réunion, mais en plus frais peut-être. En tout cas, une côte beaucoup plus intéressante que celle qui jouxte les glaciers. Et la curiosité géologique des Pancakes à Punakaiki, nous a donné faim, nous y avons donc fait notre pause déjeuner. Ce site tient son nom des couches successives qui rappellent un gâteau de crêpes : il y a 35 millions d’années, les sédiments se sont déposés dans le fond de l’océan en couches successives, qui se sont tassées avec la pression de l’eau pendant 30 millions d’années. C’est il y a 5 millions d’années, que les fonds marins se sont soulevés jusqu’à émerger à la surface et dans les derniers 100 000 ans, l’érosion a fait son travail, grignotant peu à peu ces roches émergées. Tout ceci pour le bonheur de nos yeux.

Nous avons ensuite traversé de nouvelles montagnes en longeant la rivière Buller avec ses gorges aux eaux transparentes rappelant un peu les gorges de l’Ardèche, avant de commencer notre descente vers Nelson.  Mais comme Nelson, ce n’est pas mon fort, nous avons préféré de Mandela route à Richmond et nous y arrêter pour la soirée. Une petite envie de raclette peut-être ?  Après une nuit dans un camping « payant » pour prendre une douche et recharger les batteries (au sens propre comme au sens figuré), nous avons honoré notre rendez-vous pris la veille pour notre camper van dont les fuites s’accumulaient à mesure du temps et pouvoir passer le reste du voyage à peu près au sec. 4h plus tard, une fois les fuites réparées de manière efficace mais pas du tout pérenne ni clean par un super gentil mécanicien du coin, nous avons repris la route pour nous rendre le plus au nord du sud, c’est-à-dire la Farewell Spit, langue de sable naturelle déposée au fil des ans par les courants marins au cap le plus au Nord de l’ile du sud. Petite balade à la tombée de la nuit, le temps de découvrir ces superbes dunes qui pourraient faire croire qu’on est au milieu du désert, mais on oublie bien vite l’idée car ce morceau de terre est entouré des deux côtés par à l’est, la mer Tasman et à l’ouest l’océan Pacifique. Superbe endroit totalement vierge de l’empreinte humaine et réserve naturelle pour d’innombrables oiseaux, des cygnes noirs en passant par les oiseaux huitriers et de nombreux autres.

Le lendemain matin, nous avons mis le cap sur Totaranui, au Nord du parc Abel Tasman, superbe parc national connu pour ses plages au sable doré et aux eaux transparentes. Nous avons opté, vu le temps plutôt incertain pour une randonnée d’une vingtaine de kilomètres la « Gibbs hill loop », donnant un très bon aperçu de la beauté des lieus. Nous nous sommes promenés dans des collines verdoyantes, où les fougères arborescentes se prennent pour des palmiers et où l’on passe successivement de forêts humides à forêts sèches, tendance méditerranéenne en quelques foulées, avec même des grillons dont une partie semble véritablement envahie. Comme la Nouvelle-Zélande ne comptait aucun mammifère endémique, hormis trois espèces de chauve-souris, ce sont surtout les oiseaux qui sont surprenants. Nous avons été accompagnés par quelques oiseaux très curieux avec une queue en éventail, au chant très mélodique, nous avons croisé de nombreux weka (dont le plus curieux est carrément venu à notre rencontre), et bien sûr les nombreux pukeko, qui nous amusent beaucoup. Nous avons désespérément cherché quelques animaux marins sur la succession de jolies plages dorées que nous avons traversées, mais nous avons fait chou blanc ou algue verte pour parler dans le jargon kiwi. (voir art. Faune et flore). Nous avons ensuite repris la route vers Nelson, après une douche aussi fraîche que revigorante au camp de Totaranui, une halte imprévue à la fin de la piste pour « réparer » la roue avant droite qui s’était transformée en insupportable crécelle.  Mathieu étoffe ses compétences au fil du voyage ! Nous sommes ensuite repassés par les superbes montagnes entre Takaka et Moturea, qui pour notre part sont restées assez floues car totalement dans les nuages et dans la pluie mais paraît-il avec des passages laissant apparaître de très grandes collines vertes où paissent moutons et vaches, le tout sur fond d’amas de marbre et offrant de nombreuses visites de grottes… Pour nous, elles auront surtout gardé un air mystérieux, et brumeux.

Nous avons aussi eu la chance d’assister à un match de rugby local, bien que match amical, le niveau était franchement bon! On comprend mieux leur nombreux titres de champions du monde.

Le lendemain, avant de rejoindre Picton pour notre traversée vers l’île du Nord, nous avons essayé de nous perdre un peu dans les « Marlborough Sounds » (anciennes vallées recouvertes par la mer), et surtout le Charlotte Queen’s Sound qui est l’un des plus immenses bras de mer intérieur de la zone (environ 27km). Bien que les nuages étaient particulièrement bas, nous avons pu profiter de quelques éclaircies pour prendre un peu l’air dans notre meilleur camp néo-zélandais (le Smith’s Farm Camp), où nous avons attendu que la pluie passe entre diverses activités de routards (lessive, blog, tri de photos, douche…), et en profitant de la ferme pour acheter un délicieux fromage de chèvre et nous amuser à nourrir les moutons, avant d’aller admirer en fin de journée les fameux « glowworms » (vers luisants) lors d’une petite balade nocturne vers une cascade. L’impression est un peu comme si l’on observait la voie lactée, mais en pleine forêt. Expérience très sympathique !

Le Sud-Ouest : entre fjords et glaciers

· MILFORD SOUND OU MILFJORD ?

Après un réveil sous un ciel immaculé et un petit-déjeuner au Bluff, le Bluff a eu raison de notre appareil photo. Et ce n’était pas un coup de bluff, pas moyen de le réparer malgré une tentative désespérée. Nous avons donc rendu hommage à ses loyaux services, sur ces sept derniers mois et plus de 15000 photos réalisées, et l’avons remplacé par le même modèle, trouvé après quelques recherches dans la ville d’Invercargill. Au grand regret de Charlotte, nous avons abandonné le version « gold & girly » pour la version noire, « sérieuse et virile ». Merci petit appareil photo pour tous tes superbes clichés !

Passé ce moment difficile et couteux, mais cela fait aussi partie du voyage, nous nous sommes octroyés un moment de détente à… la piscine d’Invercargill, ou plutôt Splash Palace, un nom vraiment prometteur. Après quelques splashs donc, un peu de jacuzzi et une petite séance sauna, nous avons pris une très agréable douche chaude, avant de se mettre en route pour Fjordland. Nous n’inventons rien, c’est bien le nom de la région du sud-ouest de la Nouvelle-Zélande, Fjordland ou le pays des fjords. Autant dire qu’on était surexcité.

La route d’Invercargill à Te Anau (la porte de Fjordland) est renversante. On découvre derrière les collines les montagnes qui se découpent en arrière-plan à perte de vue. C’est vraiment ce que l’on s’imaginait de la Nouvelle-Zélande et nous commençons à nous refaire quelques scènes du Seigneur des Anneaux. On ne serait pas un peu en manque de films ?! Le lac au pied de Te Anau invite à la contemplation. Malgré une ambiance ultra-touristique, la majesté du paysage impose le respect et après avoir fait le plein d’eau, nous nous mettons vite en route vers Milford Sound, l’un des très célèbres fjords, que nous avons prévu de découvrir en bateau le lendemain.

Comme tout est toujours parfaitement organisé en Nouvelle-Zélande, le camping « sauvage » n’est pas autorisé dans la réserve de Milford Sound mais plusieurs camps sont mis à disposition le long de la route et nous décidons de nous rendre au dernier pour minimiser la route le lendemain matin. La douloureuse a du mal à passer (13$/personne pour un emplacement sans aucune intimité et des toilettes sèches surutilisées par rapport à ce dont nous avons pris l’habitude), même si nous savons que ce forfait gouvernemental permet l’entretien du parc et des installations, nous rechignons un peu.

Mais la découverte du fjord au petit matin nous met d’excellente humeur et nous partons enthousiastes vers l’embarcadère où nous devons trouver notre bateau. Comme nous l’explique notre guide, le lieu s’appelle Milford Sound mais c’est bien un fjord. Un sound est une vallée qui a été creusée par une rivière et a donc une forme en V, alors qu’un fjord a été formé par un glacier, c’est une ancienne vallée glacière qui a donc une forme en U. La région de fjordland est en fait constituée de nombreuses anciennes vallées glacières que la mer de Tasmanie est venue ensuite remplir. Nous voguons donc dans un immense ancien glacier dont les falaises abruptes, pour ne pas dire verticales, plongent de 1700m de haut dans la mer. Les quelques arbres qui constituent une forêt précaire sont parfois pris dans des avalanches d’arbres le long des falaises, ce qui crée un paysage unique. Le temps, plutôt capricieux, de cette région apporte une importante masse de pluie qui alimente des cascades majestueuses le long du fjord, et crée également un écosystème particulier par cette masse d’eau douce qui se mêle à l’eau salée, favorisant la présence de dauphins, phoques et pingouins.

Milford n’a pas failli à sa réputation. Nous avons démarré la matinée dans la brume, créant un paysage énigmatique et légèrement mystique. Les animaux étaient au rendez-vous également, hormis les dauphins. La mer Tasmane était houleuse. Et au retour Milford a eu la délicate attention de se dévoiler un peu plus, laissant apparaitre ici et là quelques sommets enneigés pour notre plus grand plaisir. C’est ainsi que nous avons rebaptisé Milford Sound, Milfjord !

Après la découverte du fjord par la voie nautique, nous avions prévu une excursion terrestre avec une partie de la randonnée de la Milford Track, l’ascension du Key Summit. On a trouvé le sommet, mais pas la clé des nuages. Ils étaient tous là, bien posés sur la vallée. Comme dirait nos rencontres québécoises, il a fait très beau, il ne pleuvait pas. Vu comme ça, effectivement, nous avons eu très beau temps. 3h de rando sans pluie, mais sans véritable vue. Ceci dit, nous avons apprécié cette balade au milieu de la forêt humide néo-zélandaise et de ses fougères géantes, avant de se retrouver en surplomb dans une végétation plus alpine, et parsemée de tourbières. Comme si partout où les Anglais ont décidé de s’installer, il y avait matière à faire du whisky !

Nous avons donc repris la route de Te Anau, et le facétieux soleil kiwi est brutalement ressorti, nous dévoilant à nouveau la magnifique route de cette ancienne vallée glacière. Un régal pour les yeux. Te Anau, ti amo !

· DE QUEENSTOWN A WANAKA, LA BEAUTE DES LACS

Après une nuit en free camp au bord de la rivière à Mossburn (ça ne s’invente pas et Mathieu en rigole encore), nous avons pris la route de Queenstown, cette ville qui semble enchanter tout le monde. On ne savait pas pourquoi et on était un peu sceptique. Mais la route qui mène à Queenstown et qui longe l’incroyable lac Wakatipu est tout simplement sublime. On pourrait faire une comparaison avec le lac d’Annecy en beaucoup plus grand et sans aucune habitation, mais ce ne serait pas rendre justice à Wakatipu, 2ème lac le plus pur du monde.

Et là, on n’a pas résisté. Le soleil brillait fort et on a eu envie de faire une pause yoga. La séance yoga s’est poursuivi par une pause pique-nique, puis une pause baignade, et la pause est devenue une longue halte au bord de ce lac magnifique. Eau cristalline, température fraîche mais soleil à la sortie du bain, petite plage de galets déserte et face à nous, toujours ces immenses falaises plongeant dans les eaux d’un bleu profond. On commence à avoir vu pas mal de lacs, mais là, on ne peut pas être blasé.

On pensait dépasser Queenstown mais on a eu envie de voir l’intégralité du lac et on a donc poussé jusqu’à l’autre extrémité du lac, quelques 100 km plus loin à Glenorchy. En effet, les berges du lac s’étendent sur 212km et la profondeur maximum est de 379m avec une moyenne de 320m, autant dire que ça plonge droit. Il a également une forme très originale en S ou en éclair, pour laquelle les Maoris ont bien sûr une légende. La route qui serpente jusqu’à Glenorchy dévoile des paysages à couper le souffle avec le lac bleu indigo, les montagnes vertigineuses, et des sommets enneigés en toile de fond. Il ne manque que les hobbits, Gandalf, Aragorn et les orques, et on s’y croirait.

Queenstown, qui fut fondée essentiellement pour la prospection d’or dans les années 1850, avant d’être oubliée vers 1900 avec l’épuisement de l’or, est devenue « the place to be ». Il est vrai que s’en dégage une énergie particulière, sûrement liée aux très nombreux sports d’aventure disponibles alentour : kayak, rafting, saut à l’élastique, canyoning, base jump, et bien sûr toute la panoplie de sports d’hiver dès que la neige pointe le bout de son nez. Nous y sommes passés le jour de la Saint-Patrick et les bars étaient remplis de jeunes et moins jeunes arborant des déguisements verts. Une ambiance festive et bon enfant. Queenstown, ça boome !

· DES GLACIERS SUR LA MER

Mais nous avons dû laisser là l’effervescente Queenstown pour prendre la direction de Wanaka où nous attendaient d’autres lacs et d’autres montagnes dont une randonnée au Mount Aspiring pour découvrir le glacier Rob Roy. Et c’est là que le temps s’en est mêlé. Devant la chape grise et la pluie incessante, nous avons abandonné la rando de Rob Roy et pris directement la route vers d’autres glaciers plus au Nord en espérant avoir plus de chance. C’est à travers une route sinueuse pendant près de 6h, passant entre d’immenses lacs, près d’innombrables cascades et longeant la côté ouest sauvage que nous avons atteint le glacier de Fox. Bien que le temps était de la partie sur toute la route, les montagnes retiennent bien souvent les nuages et sont donc rarement ensoleillées et dégagées, nous avons pu toutefois faire une petite marche d’approche du glacier d’à peine ½ heure pour avoir une vue imprenable sur le glacier Fox qui se termine a à peine 260m d’altitude et seulement 15km de la mer, du jamais vu pour nous ! Malgré une nuit et une journée complète d’attente, nous n’aurons pas eu de chance avec son grand frère, le glacier Franz Josef qui ne sortira pas des nuages pour nous… Petite envie tout de même, ces glaciers, très faciles d’accès offrent la possibilité d’aller faire des randonnées sur glace, jusque-là nous étions super motivés, malheureusement, cela se fait seulement via une dépose en hélicoptère et là, c’est le budget qui nous a stoppé, il faut compter un peu plus de 300$ pour le drop et ajouter la location de matériel plus le prix du guide… Bien trop onéreux pour des tour-du-mondistes comme nous !

La côte : de Christchurch au Sud du Sud

La Nouvelle Zélande, cette double île qui envoute à peu près 100% des gens qui la visitent était pour nous un incontournable de notre tour du monde, pour pouvoir y passer suffisamment de temps pour vivre un peu l’ambiance locale et découvrir toutes les splendeurs qu’elle a à offrir aux gens de passage comme à ses habitants. Quand on commence à se pencher sur comment parcourir au mieux les 2 îles pour minimiser les kilomètres tout en maximisant les visites, les routes offrant les meilleurs points de vue, cela peut devenir un challenge pour faire rentrer le tout en moins d’un mois. En effet, les distances ne sont pas si grandes que ça, mais il s’agit de routes néo-zélandaises… (voir art. Tranches de vie)

Nous sommes arrivés à l’aéroport à 5h du matin qui disposait d’une excellente connexion wi-fi illimitée et gratuite, véritable aubaine pour nous pour finaliser et mettre en ligne nos articles sur l’Australie (un peu de retard accumulé) tout en prenant un petit déjeuner après seulement quelques heures de sommeil dans l’avion.

10h, heure d’aller récupérer notre camper-van, de faire le check-in (sous la pluie), de charger nos affaires et de partir faire les courses alimentaires et assurer la logistique. Quelques déceptions avec le van, assez vieux et avec des éléments manquants (pas de moustiquaires sur les fenêtres arrières, lumière extérieure qui ne fonctionne pas et rangements de la porte du frigo inexistante), de petits détails mais qui ont leur importance au vue du prix de la location. Il faut compter pour un self-contained (comprendre réservoir pour les eaux grises et toilettes portatives que nous n’utilisons pas en Nouvelle-Zélande car il y a des toilettes partout, mais le statut self-contained permet de camper librement dans beaucoup plus d’endroits) entre 89$ et 139$ par jour selon que l’on se situe pendant ou en dehors de la haute saison, qui va de décembre à fin mars auquel il faut ensuite rajouter le coût de l’assurance autour de 400$ pour un mois et bien sûr le prix du carburant. La Nouvelle-Zélande coûte assez cher, mais c’est un pays vraiment fabuleux !

· DE CHRISTCHURCH A LA PENINSULE D’OTAGO

Le temps de faire les courses, de manger un morceau, d’organiser le chargement du van, nous voilà partis sous une pluie battante et décidons de zapper par conséquent la visite de Christchurch et de partir directement chercher le soleil vers le sud, direction la péninsule d’Otago. La douche en plein air n’étant pas d’actualité avec la pluie battante (ceci dit c’était une parfaite douche gratuite), nous décidons de faire une halte pour aller prendre une douche… à la piscine de Rolleston ! Autant dire que par un dimanche gris et pluvieux, les familles kiwis font comme les familles françaises, elles vont à la piscine. Petit bain dans la culture locale !

Après une nuit complète sous la pluie battante au free camp de la Winchester Bridge Reserve (entre gadoue et pêcheurs), notre second jour s’annonçait malheureusement à l’identique du premier, en terme de météo. Ne voulant pas nous laisser contraindre par le temps, nous avons tout de même fait une halte juste après Oamaru pour aller voir une curiosité géologique, les Moeraki Boulders, sorte de concrétions de roches totalement sphériques de près d’1m de diamètre. Ces roches ont commencé à se former il y a un peu de plus de 55 millions d’années quand des boues, des coquillages et des sédiments se sont déposés sur le fond de la mer et se sont agglomérées autour de cristaux jaunes de sédiments. La mer a ensuite érodé ces concrétions de manière sphériques au fil des années.

Nous avons ensuite repris la route jusqu’à la péninsule d’Otago, juste à côté de Dunedin. La ville de Dunedin en soi n’a que peu d’attrait. Mais cette péninsule adjacente à la ville a non seulement une forme superbe de par ses montagnes qui plongent littéralement dans la mer mais aussi par sa faune. C’est un lieu idéal pour observer des colonies de lions de mer (grosses otaries) et si l’on est chanceux de pingouins aux yeux jaunes (espèce de pingouin la plus rare au monde). Il est demandé aux promeneurs de respecter quelques consignes pour ne pas déranger les animaux dans leur milieu naturel, ne pas approcher les lions de mer à moins de 10m et à moins de 100m pour les pingouins. Etant donné notre chance avec la météo, nous étions un peu sceptiques avant d’entamer la balade sur la Sandfly Bay. Mais la nature nous avait encore réservé de belles surprises : magnifiques dunes de sable plongeant vers la mer où nous avons eu le plaisir de découvrir quelques lions de mer tranquillement alanguis et un de ces fameux pingouins aux yeux jaunes.

Réjouis de cette balade de fin de journée sans pluie, nous avons fini par trouver un emplacement idéal pour une nuitée en camping « sauvage » à l’abri d’un rocher avant de nous remettre en route vers le Sud.

· ECLAIRCIE SUR « THE » CATLINS

Au réveil, des nuages toujours bien présents, mais nous décidons tout de même d’emprunter la route panoramique pour longer la côte en direction du sud. Une bonne idée car ces satanés nuages ont fini par se disperser et nous ont permis d’apercevoir des premiers coins de ciel bleu en arrivant aux superbes sites de Kaka Point et Nugget Point. La côte découpée et fouettée par l’énorme houle du Pacifique peut sembler inhospitalière pour certains mais pas pour d’autres, puisque nous découvrons une nouvelle colonie de phoques en train de s’amuser dans les remous, au milieu d’immenses algues.

Le soleil ayant décidé de pointer le bout de son nez, le paysage prend soudain des allures différentes. Les collines jaunies par le début de l’automne se dorent sous le soleil et contrastent avec le vert des forêts et des prairies. Les moutons se sèchent la laine au soleil, enfin pour ceux qui n’ont pas encore été tondus. Et nous confirmons donc que ce n’est pas un mythe, la Nouvelle-Zélande est bien le pays du mouton… et des vaches ! Et ça nous donne une furieuse envie de côtelettes tout ça, il faudra penser à en mettre sur la liste de courses !

La route panoramique traverse ensuite le parc de Catlins Forest. Ce ne sera que le premier d’une longue succession tant l’ile du sud regorge de parc nationaux. La forêt devient dense et inextricable, de-ci de-là des cascades se laissent apercevoir, c’est le retour dans le bush mais en version plus verte et plus humide.

Nous prenons ensuite la direction de Curio Bay, toujours via la route panoramique pour un détour qui s’annonçait olé-olé au niveau de la route, ou plutôt de la piste mais que tous les guides recommandent. Et comme il fait enfin beau, nous avons vraiment envie d’en profiter à fond. A Curio Bay, ce sont les dauphins qui nous attendent. Un petit groupe en train de jouer dans les vagues à côté des surfeurs et de quelques baigneurs téméraires. Et ça va sûrement vous surprendre, mais non, nous ne nous sommes pas mis à l’eau !

Une nouvelle piste de graviers nous a ensuite conduits jusqu’à Slope Point, le point le plus au Sud de l’île du Sud. Nous n’avons jamais été aussi prêts de l’Antarctique ! Rien qu’à cette idée, Charlotte se cache dans sa goretex. Le paysage est magnifique, nous marchons sur des prairies verdoyantes à côté des moutons et des vaches, sur des falaises qui surplombent la mer. Un petit air d’Ecosse peut-être ? Nous achevons notre piste panoramique par Waipapa Point (Ouais Papa !), avec une promenade sur la plage au coucher du soleil pour aller voir… nos amis les lions de mer, et une colonie de cormorans que nous prenons de loin dans notre emballement pour un groupe de pingouins. Ce magnifique site nous donne envie de nous poser. Nous cherchons intensément les panneaux d’interdiction de camper, que nous ne trouvons pas, et décidons de passer la nuit, seuls à Waipapa. Le meilleur plan possible. Seuls au monde, des toilettes (car il y a des toilettes partout en Nouvelle-Zélande, et généralement propres), le coucher du soleil, une plage magnifique juste occupée par quelques animaux… Un petit goût de bonheur qui rebooste le moral.