La vallée sacrée des Incas

Normalement quand on arrive à Cusco, on commence par découvrir la Vallée Sacrée des Incas, ce qui permet de faire une entrée en matière dans cette incroyable civilisation, mais aussi de s’acclimater à l’altitude avant de partir faire un trek, mais surtout de découvrir le Machu Picchu. Comme nous étions dans l’altiplano depuis bientôt 10 jours, nous avons fait les choses un peu à l’envers. Et c’est après nos 5 jours de trek que nous sommes repartis tôt le matin vers la Vallée Sacrée, cette immense vallée qui suit le Rio Urubamba au milieu des contreforts andins. Il semblerait qu’au Pérou, il soit difficile de se lever après 6h du matin…

· CHINCHERO, LE BERCEAU DE L’ARC EN CIEL

Ce village typique, situé à 3762m, est connu comme le lieu de naissance de l’arc-en-ciel. On y trouve aujourd’hui une très jolie église, construire évidemment sur des ruines incas, spécialité des conquistadors espagnols pour effacer les croyances antérieures et instaurer leur propre culte. Cela étant, l’édifice vaut le détour, l’intérieur est très joliment décoré et comme souvent dans les églises d’Amérique du Sud, on s’amuse des vierges parées de leurs plus belles robes, et des Christs plus sanguinolents les uns que les autres.

Après Chinchero, nous comprenons que ce tour organisé va être émaillé d’animations touristiques autour de l’artisanat local. On n’est pas toujours fan, mais il faut avouer que dans ce cas la manière très efficace dont c’était organisé nous a vraiment beaucoup amusé. Et de manière générale les animations étaient plutôt de qualité. Premier arrêt donc vers l’incontournable centre de tisserands, où une charmante quechua nous explique avec beaucoup d’humour les étapes du tissage : collecte des plantes, fabrication de teintures (que des pigments naturels), tonte des moutons ou des camélidés (lama, alpaca, vigogne), fabrication des pelotes de laine (dextérité impressionnante de ces femmes qui semblent naître avec un rouet dans la main) et enfin fabrication des tissus avec des motifs toujours spécifiques qui donnent des indications à la fois sur leur ethnies mais aussi sur l’utilisation du vêtement (cérémoniel ou pour la vie courante)… Très intéressant.

· MORAY, LE LABORATOIRE AGRICOLE DES INCAS

Nous avions découvert ce site lors de notre visite du musée Inca de Cusco et c’était pratiquement ce site qui avait motivé notre visite. Autant dire que le spectacle est fascinant et qu’il était tout à fait à la hauteur de nos attentes. Des terrasses concentriques ont été taillées dans une vaste cuvette d’argile et chaque étage jouit de son propre microclimat. Les Incas les auraient ainsi utilisées comme laboratoire pour de déterminer les conditions optimales pour chaque culture mais aussi pour acclimater des espèces non présentes alors dans la région à une altitude et des températures plus élevées. C’est ainsi que l’on peut trouver des fruits exotiques à plus de 2500m. Il semblerait que 25 ans soit nécessaire pour acclimater une espèce et les Incas commençaient ainsi en les mettant sur les terrasses les plus basses et les monter petit à petit, voyant ainsi jusqu’à quelle altitude et température la plante pourrait s’acclimater. Franchement, chapeau bas !

Une nouvelle animation nous attendait à la sortie de Moray : d’abord une jeune quechua pleine d’entrain qui nous a fait découvrir ses liqueurs à l’anis dans le bus. Imaginez une piste en terre, et cette jeune femme en train de servir des verres à plus d’une vingtaine de personnes avant de nous faire porter un toast en quechua et de déguster ses boissons ! On est sûrement bon public, mais on a trouvé la situation particulièrement comique et la jeune femme particulièrement douée, car pas une seule goutte n’a été renversée.

Nous avons ensuite fait une nouvelle pause à Moras pour cette fois déguster du chocolat au sel et du chocolat au quinoa. Juste ce qu’il fallait pour nous ouvrir l’appétit mais les prix exorbitants, spécial touristes, nous ont bien refroidis.

· LES PUITS SALANTS DE SALINAS

L’arrêt suivant nous amène à Salinas, une zone de puits salants. Nous nous attendions donc à arriver dans un modeste salar et à avoir quelques exploitations de sel, mais nous découvrons un site époustouflant : 3700 puits salants s’échelonnent dans la montagne au milieu d’une gorge où le cours d’eau principal est évidemment très chargé en sel. Ces milliers de puits salants servent depuis l’époque inca : le cours d’eau est dévié vers les puits, grâce aux techniques de d’irrigation que les Incas maitrisaient parfaitement. Un petit caillou vient bloquer l’afflux en eau quand ce n’est pas nécessaire ou le libérer quand le puits doit être rempli. Ensuite, c’est tout simplement l’évaporation qui se charge du reste. A la période sèche, chaque famille, propriétaire d’un puits, vient récolter son sel. Les couches les plus hautes étant les plus pures et donc destinées à la cuisine (de la fleur de sel au classique sel de table), et les couches les plus basses étant utilisées au choix pour le bétail ou pour les bains thérapeutiques. La vue est tout simplement grandiose et la force du soleil nous aide à comprendre la rapidité de l’évaporation…

· OLLANTAYTAMBO

Une rapide halte déjeuner sans grand intérêt à Urubamba avant de repartir vers Ollantaytambo, où nous arrivions la veille en train vers 20h. Sensation de déjà vu et de tourner en rond ?

Alors autant l’arrivée de nuit à la gare d’Ollantaytambo nous avait laissé une impression un peu glauque, autant l’arrivée de jour dans le village nous a complétement fait changé d’avis. Le village est parsemé d’étroites ruelles pavées, qui constituent non seulement un très beau témoignage de l’urbanisme inca, mais en plus, le village fut constamment habité depuis le XIIIème siècle. C’est un de ces rares endroits où le village est donc en même temps un musée à ciel ouvert. Les canaux d’irrigation circulent toujours au milieu des étroites ruelles, et les édifices de pierre donne un cachet vraiment particulier au village.

On trouve en plus dans le village d’impressionnantes ruines incas qui surplombent le village. Cette partie-là constituait la forteresse et un centre cérémoniel bien sûr, au-dessus de nombreuses terrasses qui servaient à nourrir la population religieuse et militaire du site. Les villageois eux avaient leur propre zone agricole. Comme toujours un temple du soleil était prévu, non pas pour vouer un culte au dieu Soleil, mais pour servir d’observatoire et déterminer le moment des solstices et des équinoxes qui rythmaient la vie agricole. On retrouve la technique inca, parfaitement maitrisée, de juxtaposition de pierres, et comme c’était trop simple, ils utilisaient des pierres venant d’une carrière située à 6km de l’autre côté du Rio Urubamba. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Le transport des pierres a donc été source de nombreuses hypothèses dont la plus consensuelle serait le transport par des milliers d’hommes, tout en les faisant avancer sur des « rails » de bois… Un peu comme à l’île de Pâques, on n’est sûr de rien et cela ajoute encore aux mystères de cette civilisation.

· PISAC

Nous avons terminé cette journée bien remplie par la citadelle inca de Pisac, perchée sur un piton rocheux et bizarrement assez peu touristique car les tours classiques de la Vallée Sacrée ne passe pas par Pisac. De plus, nous y sommes arrivés en fin de journée juste avant la fermeture, ce qui nous a permis de profiter d’un lieu quasiment désert. On y trouve à nouveau de magnifiques cultures en terrasses. A leur sommet, se trouve le centre cérémoniel avec un intihuatana (« poteau d’amarrage du Soleil », qui est en fait un instrument d’observation astronomique), plusieurs canaux d’irrigation et des temples plutôt bien préservés. On peut aussi voir quelques bains cérémoniels dont l’eau coule toujours à flot, qui font face à une gorge où l’on voit de nombreux trous. Ce ne sont pas des trous d’animaux, d’oiseaux ou de chauve-souris, mais d’innombrables sépultures incas, qui ont été pillées par des gens des villages, à la recherche d’or et d’argent. En effet, les Incas croyaient à la réincarnation et enterraient leurs morts en position fœtale (prêts à revenir bébé), avec leurs biens préférés ou dont ils pourraient avoir besoin dans leur vie d’après, ce qui explique que les pilleurs de tombes pensaient trouver de nombreux objets de valeur dans les sépultures. Seuls les Incas de haut rang étaient momifiés.

Nous avons adoré cet endroit calme et à l’écart dont une force tranquille se dégage. Les Incas savaient choisir leurs sites. D’ailleurs le bas de la vallée a été plusieurs fois emporté par des inondations liées au Rio Urubamba et la montagne qui fait face à la citadelle est victime d’une inquiétante érosion alors que le piton rocheux choisi par les Incas a déjà résisté plusieurs siècles sans aucune dégradation. Trop fort ces Incas !

Nous croyons en avoir fini de notre découverte de la Vallée Sacrée mais c’était sans compter sur une dernière animation. Nous nous sommes donc arrêtés ensuite dans le village, à proprement parlé, de Pisac, pour découvrir la fabrication des bijoux en argent, et leur incrustation en pierre naturelle. Une halte très intéressante pour faire la différence entre nickel et argent sur les marchés et apprécier le travail minutieux et vraiment magnifique d’incrustation de pierres.

 

3 réflexions sur “La vallée sacrée des Incas

  1. Lorme

    Super votre blog, très bien conçu, attractif, Il invite au voyage, ou fait rêver et c’est déjà beaucoup. Suite à notre rencontre furtive à l’aéroport de Fakarava, nous avons pu faire bon usage de votre expérience en NZ. Nous avons parcouru et apprécié les deux îles avec une petite préférence pour l’île du sud. Nous avons eu aussi nos galères de campervan…Profitez bien. on continue à suivre vos aventures. Alain & Claudie de Bretagne

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