Tranches de vie – Bolivie

La Bolivie ne laisse jamais indifférent. Ce pays, parmi les plus pauvres, d’Amérique du Sud est devenu une destination phare, notamment pour son célèbre salar d’Uyuni. Mais au-delà du salar, la Bolivie réserve de nombreuses surprises aux aventuriers qui n’ont pas peur de l’altitude ou de la jungle amazonienne. La Bolivie met un coup de pied dans les références occidentales : pays multiculturel avec un président indigène qui défend la pluralité ethnique de ce pays, pays amer d’avoir été amputé d’une partie de son altiplano par l’Argentine, de son accès à la mer par le Chili, d’une partie de sa forêt amazonienne par le Brésil, d’une zone minière supposée riche par le Paraguay et d’une partie des Andes par le Pérou, pays tellement riche en ressources naturelles et tellement pauvre par ailleurs (même si la présidence d’Evo Morales aurait fait passer le niveau de pauvreté de la Bolivie de 55 à 30%), pays de contrastes, de découvertes, de surprises, un pays qui reste digne malgré ses difficultés. Impossible de rester indifférent en effet.

· MAIS POURQUOI Y-A-T-IL AUTANT D’AVOCATS EN BOLIVIE ?

Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’arrivés à Potosi, la 1ère ville de notre périple bolivien, nous découvrons des rues littéralement envahis par des bureaux d’avocats. Bien sûr, on est loin des luxueux cabinets parisiens du faubourg Saint-Honoré. Ici, cela ressemble plutôt à une échoppe qui pourrait aussi bien être une agence de voyage ou une épicerie, avec ouverture sur la rue, où tout passant peut entrer. Ces « cabinets » se succèdent les uns après les autres, tous similaires : une petite pièce de 20 m2 environ, avec bureau, paperasse, et un supposé avocat (loin du costume trois-pièces et de la montre Rolex) derrière son bureau en train de discuter avec des familles, parfois très modestes, d’après les tenues que nous voyons…

Mais Potosi ne fait pas exception. Nous retrouvons le même phénomène à Sucre, et ensuite à la Paz. Après avoir été amusés, et surpris, nous devenons vraiment curieux. Pourquoi autant d’avocats ? Comme nous avons eu sur notre route un argentin, avocat, installé à la Paz, nous nous empressons de lui demander d’où vient cet étrange phénomène.

Et voici un début de réponse : « la burocratie bolivienne est faite de règles absurdes, dignes des meilleurs romans de Kafka. Ces règles sont appliquées par des employés publiques avec un niveau d’éducation limité, et saupoudré d’une bonne quantité de corruption. Peut-être que c’est pour cela que les Boliviens ont besoin d’autant d’avocats ». Ça, c’est dit !

DSCN4497

·      FAIRE DU YOGA ASHTANGA A 3500M

Juan, que nous avions rencontré pendant notre retraite de yoga en Inde, s’est empressé de nous donner l’adresse de son centre de yoga à la Paz. C’est ainsi qu’après avoir pris contact avec Gustavo, le maître des lieux, nous nous sommes retrouvés à 6h30 du matin dans un taxi, en tenue de yoga, pour aller faire une pratique de « mysore » dans la Zona Sur.

Dans le centre Ser Libre, tout n’est que zénitude et harmonie. Gustavo nous accueille avec enthousiasme, bienveillance et chaleur. Et après ces rapides présentations, nous voilà en train de démarrer nos salutations au soleil à plus de 3000m d’altitude. Comme dirait Gustavo : « respirez tranquillement », oui, quand on y arrive.

L’incroyable gentillesse de Gustavo, la précision de ses ajustements, ses conseils, l’énergie des lieux, et la sublime odeur de palosanto que Gustavo laisse brûler pendant la pratique nous transportent. Malgré quelques difficultés à trouver notre air par moment, la méditation dynamique propre à l’ashtanga yoga se met en place. Nous sortons de notre séance avec cet effet si particulier de l’ashtanga : légers et ancrés en même temps. Moment un peu hors du temps dans cette capitale si hétéroclite.

Un grand merci à Juan pour l’adresse et le contact et à Gustavo pour son accueil ! Namaste !

· CROYANCES ET SUPERSTITION : EKEKO

Dans ce pays de surprise et de variétés, il n’est pas étonnant que les croyances soient un savant mélange des religions animistes pré-incas, de croyances incas, et de catholicisme. Les églises construites à profusion par les indigènes sous les ordres des évangélisateurs espagnols ont souvent des détails andins, que les indigènes se sont fait un plaisir de glisser. Et bien sûr dans les foyers boliviens, il n’est pas rare que des photos ou représentations de Jésus ou la Vierge Marie côtoient un petit autel inca rempli d’offrandes pour la Pachamama ou autre divinité inca ou pré-inca que les Boliviens continuent à vénérer.

Dans ce joyeux bazar, nous avons eu envie de parler d’Ekeko ! Ekeko, dieu du Foyer, gardien et pourvoyeur de biens matériels. Ceux qui le vénèrent ont l’habitude d’acheter des miniatures des biens qu’ils rêvent d’avoir. Ils posent ces miniatures sur des statuettes en plâtre du Dieu. Ekeko se retrouve ainsi sous un amas d’ustensiles, de feuilles de coca, de faux billets, d’alcool, de chocolat ou d’autres produits de luxe… La créativité et les rêves n’ayant pas de limites, on peut même trouver un faux billet d’avion pour Miami ou la miniature d’une Ferrari ! Mais pour que cela marche, il y a quand même un protocole à respecter. Tous ces objets doivent être auparavant bénis par un chamane certifié. Certains pourront s’étonner de cette apparente cupidité qui n’est pas en phase avec la culture aymara (culture indigène prédominante en Bolivie), dont les valeurs sont plutôt la communauté et l’équilibre en toute chose. Mais heureusement Ekeko pense à tout puisqu’il est censé offrir un bien que la famille peut partager avec la communauté, non pas un billet d’avion pour Miami, mais 100 places de bus pour Cochabamba…

DSCN4649

· LE SENS DE LA FÊTE : ENCORE UNE PARADE ?

Impossible de parler de la Bolivie sans parler de fête, de parade, de danse, de musique et de costumes. Pas une ville où nous n’ayons entendu une fanfare. Même si l’on ne passe pas pendant une fête locale (nombreuses cela dit), il n’est pas possible de traverser la Bolivie sans voir une parade avec musique et costumes traditionnels.

Et pour une fois, ce ne sont pas des spectacles faits pour les touristes, mais des coutumes ancestrales que les Boliviens gardent vivantes. On leur souhaite juste qu’ils fassent perdurer cela tant on peut sentir la fierté, l’enthousiasme et l’authenticité dans ses manifestations.

· EST-IL POSSIBLE DE CIRER DES CHAUSSURES DE MARCHE ?

De même que les parades, il ne nous semble pas possible de traverser la Bolivie sans rencontrer un lustrabota (ou en bon français de France, un cireur de chaussures). Attention, on ne parle pas ici d’un homme qui vous fait des compliments pour essayer de vous soutirer quelque chose. Le lustrabota en Bolivie est capable de cirer tout ce qui se trouve autour d’un pied : une belle chaussure en cuir, mais également une chaussure de marche bien poussiéreuse, et même une tong. Rien ne leur fait peur, et toute opportunité de gagner quelques sous est bonne à prendre.

Mais ce métier restant souvent mal vu, les lustrabotas ont décidé de porter désormais une cagoule ce qui permet d’éviter l’opprobre à ces hommes qui ne reculent pas devant ce type de tâches pour gagner quelques sous pour leur foyer. Respect à ces Messieurs Lustrabotas !

· A LA RECHERCHE DES HOMMES AU MARCHE

En terme de travail, les femmes ne sont pas en reste en Bolivie. Quand on arpente les différents marchés, quelque soient les stands fruits, légumes, boucherie, herbes, fruits secs, graines, volailles, abats ou fromages, des femmes, toujours des femmes, encore des femmes… Apparemment la répartition en Bolivie est simple : les hommes travaillent sur leurs terres pendant que les femmes vendent au marché. Rien à redire à cela, mais chapeau bas à toutes ces femmes bouchères. On n’a pas l’habitude de voir cela par chez nous. Charlotte a eu l’occasion d’expliquer cela à l’une d’entre elles, qui a accepté de poser sur une photo pour montrer aux françaises que les boliviennes travaillent la viande. Fière et enthousiaste, bravo Mme la bouchère !

Une réflexion sur “Tranches de vie – Bolivie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s