Sucre, la douceur de vivre

Après une semaine à plus de 4000m, il était vraiment agréable de redescendre à une altitude plus clémente à Sucre, qui culmine seulement à 2750m ! Ce qui marque en arrivant à Sucre, c’est le climat, avec le doux soleil qui réchauffe après la fraîcheur de l’altiplano, la couleur blanche des bâtiments qui illumine la ville, et la douceur de vivre que l’on perçoit immédiatement. C’est toujours étonnant pour nous de voir à quel point on a vite une perception positive ou négative de l’ambiance d’une ville. Dès que nous nous sommes trouvés sur la plaza de armas, on a senti qu’on allait aimer. Conditionnement, intuition…, qui sait ?

Sucre est une ville chargée d’histoire. C’est ici que fut déclarée l’indépendance de la Bolivie le 6 août 1825 et une visite guidée de la Casa de la Libertad donne un superbe aperçu de l’histoire tumultueuse de ce pays, qui tire son nom de son libérateur et premier président, Simon Bolivar et où l’on peut admirer la déclaration d’indépendance. Quand on passe du temps en Amérique du Sud, il est difficile de ne pas faire un petit topo sur Simon Bolivar, ce colombien, né à Caracas, héros et libérateur d’Amérique du Sud. Car, oui, Monsieur ne s’est pas contenté de libérer un pays. Cet homme qui avait étudié en France et en Espagne, retourna après le décès de sa femme bienaimée espagnole, en France pour s’imprégner des idées révolutionnaires avant d’aller aux Etats-Unis pour étudier le nouveau régime mis en place après la Révolution américaine. L’indépendance fut décrétée d’abord en Colombie où commença une longue guerre, en grande partie menée par Simon Bolivar.  Puis il prit la tête du mouvement indépendantiste vénézuélien. Il mena bataille sur bataille, apparemment infatigable et indestructible, et apporta des victoires décisives qui consacrèrent l’indépendance de la Colombie avec la bataille de Boyaca en 1819, du Venezuela avec la bataille de Carabobo en 1821, de l’Equateur avec la bataille de Pichincha en 1822.  Il s’occupa ensuite du Pérou, où le général José San Martin, libérateur pour sa part de l’Argentine, avait abandonné Lima au Espagnols. C’est en 1825, après la bataille d’Ayacucho, remportée par son général José de Sucre, que le Pérou gagna son indépendance. L’alto Peru déclara son indépendance du Pérou, et la nouvelle République fut appelée Bolivia du nom de son libérateur, et la ville de Sucre prit le nom de son général. Pour conclure rapidement sur l’histoire de Simon Bolivar, nous avons choisi sa propre citation : « L’histoire a connu trois grands fous : Jésus, Don Quichottte, et moi ».

Avec toutes ces histoires en tête, nous avons flâné et profité du doux climat de Sucre. On a adoré déambuler dans les rues, au milieu des anciens bâtiments coloniaux enduits de chaux, aux couleurs parfois pastel qui ne sont pas sans rappeler une certaine Mérida, au Mexique. Les maisons sont souvent construites autour de jolis patios, qui donnent un agréable répit au milieu du tumulte de la ville et de la pollution ambiante liée aux gaz d’échappement. Pour une halte gustative, impossible de faire l’impasse sur l’infatigable marché central où l’on trouve quantité d’aliments, et bien sûr on trouve quasiment à chaque coin de rue une nouvelle église, édifiée par l’inextinguible énergie évangéliste des conquistadors. Sucre regorge aussi de musées mais nous sommes tombés le lendemain de la nuit des musées, et ils avaient quasiment tous pris une journée de récupération… Mais nous avons quand même trouvé un musée ouvert, celui de l’ethnographie et du folklore, et nous avons pu faire une immersion dans les collections de textiles qui illustrent l’incroyable diversité ethnique et culturelle de Bolivie, avant d’aller admirer Sucre du mirador qui surplombe la ville, à côté du couvent de la Recoleta.

Enfin une dernière promenade dans le parque Bolivar nous a permis de découvrir une nouvelle facette de Sucre : non pas pour son improbable tour Eiffel miniature, ni son arc de triomphe (quoi que), mais plutôt pour ses nombreux amoureux qui profitent d’un moment romantique. On s’est dit qu’on était loin des tabous asiatiques et voir des jeunes se tenir la main et se bécoter en public nous a fait chaud au cœur. Ah la liberté de se tenir la main et de montrer son amour sans entrave ! Baisers sucrés à Sucre !

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