Le désert d’Atacama

Après nos deux semaines familiales super agréables, nous avons à nouveau dû nous remettre dans nos habitudes de voyage, tout en prenant conscience que l’on démarrait notre dernier mois de voyage. Le choc ! Mais rien de tel que le désert d’Atacama, désert réputé le plus aride du monde, pour nous remettre dans le moment présent et nous faire oublier (un peu) notre retour…

Ayant trouvé un vol pas cher, nous nous sommes économisés 24h de bus et avons atterri à Calama en plein milieu du désert avant d’arriver 1h30 plus tard en bus à San Pedro de Atacama, à 2400m mais dans une étendue plate. Charlotte en gardait un souvenir vibrant, un petit village mi-routard, mi-hippie, où l’on sirotait son pisco sour (boisson locale à base Pisco, cf Minute culinaire) autour d’un feu de camps en regardant les étoiles. Il faut avouer que 14 ans plus tard, le petit village, est, certes, toujours petit mais que le tourisme s’y est largement développé, avec des offres beaucoup plus modernes et pour des bourses beaucoup mieux remplies, mais en gardant vraiment le charme de ces maisons si typiques en adobe. Nous avons adoré sillonner dans les ruelles en terre, chercher un restaurant typique pour manger un quinotto (risotto au quinoa) ou un menu du jour avec soupe et côtes de porc, flâner dans les boutiques d’artisanat et savourer cette atmosphère étrange qui se dégage de ce lieu, plein de quiétude et sans mauvaise énergie.

Nous avons donc développé une théorie ésotérique sur le sujet lié à la forte concentration en sel autour de San Pedro, puisqu’il est bien connu et prouvé par de nombreuses études cliniques (si un scientifique nous lit, c’est bien sûr à prendre au deuxième degré) que le gros sel est un puissant outil de nettoyage des énergies négatives. Enfin, sel ou pas sel, le fait est qu’on s’y est vraiment senti bien et qu’on a adoré nos quelques jours à San Pedro et dans la fantastique région qui entoure ce village.

· MARCHER SUR LA LUNE, C’EST POSSIBLE DANS LA « VALLE DE LA LUNA »

La Valle de la Luna à quelques kilomètres à peine de San Pedro offre un dépaysement total, l’impression d’être arrivés sur une autre planète ou comme son nom l’indique sur la Lune. De notre point de vue, en habitués des voyages spatiaux, cela nous a plutôt fait penser à Mars… En tout cas, nous n’avions jamais rien vu de pareil, et en l’occurrence vu la tempête de vent que nous avons eu au départ, nous pensions même ne rien voir du tout.

Heureusement notre exceptionnel guide, Patricio, grand connaisseur de la zone et de la géologie a pris en compte les conditions « extrêmes » (selon ses propres termes) liées au vent (bourrasques à 80km/h) pour nous faire faire un tour un peu différent.

Nous nous sommes donc retrouvés dans ce paysage grandiose, constitué de dunes et de montagnes calcaires finement ciselées par le vent et la pluie. Après un été particulièrement pluvieux, le sel est remonté des profondeurs de la terre, et la vallée de la Lune était ainsi couverte d’une poudre blanche, qui pouvait presque faire penser à de la neige. Tout simplement éblouissant. Une petite balade dans un canyon nous a permis de comprendre comment se forment ces incroyables formes géologiques, et surtout les passionnantes explications de Patricio, notre Jamy local ! Il est aussi magicien, puisqu’en fin connaisseur, il nous a fait des démonstrations d’équilibre de pierre, pour nous faire expérimenter le concept de centre de gravité. Espectacular !

Nous avons ensuite repris la route pour aller contempler le coucher de soleil sur la Valle de la Luna, qui donne de magnifiques couleurs sur les reliefs accidentés. Charlotte en avait aussi un souvenir ému, après avoir gravi 14 ans plutôt une immense dune pour contempler le coucher de soleil. Mais la modernité est passée par là. Plus besoin de gravir des dunes, deux miradors ont été installés, et certains groupes sirotent même une petite coupette en regardant le coucher de soleil, et il faut avouer que c’est la cohue. Si l’on s’attend à un moment romantique en tête à tête, on risque d’être déçu. En revanche, c’est un bon exercice pour voir si on arrive à se mettre dans sa bulle et à savourer le moment présent. Pour nous, pari rempli.

· DECOUVRIR L’ALTIPLANO SOUS LA NEIGE

On nous avait vanté un tour surprenant dans les « Piedras Roja » (comprendre bien sûr Roches Rouges) qui s’est transformé en une aventure tout aussi surprenante sûrement, mais tout à fait différente, comme quoi les conditions climatiques dans l’Altiplano ne doivent pas être sous-estimées.

En effet, nous avons eu l’excellente idée de partir à la découverte de l’Altiplano après deux jours nuageux, pas vraiment gênant à San Pedro, mais qui ont, en revanche, apporté une quantité de neige non négligeable sur les hauteurs. Pour bien comprendre cette logique d’Altiplano, il faut imaginer une étendue plate à perte de vue (mais qui se trouve déjà aux environs de 2500m) et quelques pentes douces autour qui permettent d’accéder vers des sommets un peu plus escarpés (volcans ou montagnes) qui constituent en fait une partie de l’incroyable Cordillère des Andes. Son altitude moyenne est de 4000m, et autour de San Pedro, on trouve de nombreux sommets qui dépassent les 6000m, avec le point culminant du Chili, l’Ojos del Salado (6893m) que l’on aperçoit sans problème du désert (alors qu’il est en fait assez loin). Il est donc tout à fait courant dans l’Atacama de se trouver à une altitude de 4000m sur une étendue relativement plane… De quoi perdre quelques repères !

C’est ainsi que sur une route assez plate (mais à plus de 4000m) qui devait nous conduire jusqu’à Aguas Calientes pour admirer les fameuses roches rouges, nous nous sommes retrouvés au milieu de vents de neige et avons dû faire demi-tour, non sans avoir demandé plusieurs arrêts à notre guide pour prendre ce paysage altiplanique d’ordinaire extrêmement sec, couvert de neige. Notre Jamy chilien, le fameux Patricio, a donc usé de nouveau de son incroyable jeu de jambes, et nous a trouvé un canyon de roches rouges pour nous faire découvrir ces paysages formés par de très anciennes coulées de lave, qui auraient été refroidies très vite.

Nous nous sommes rendus ensuite aux lagunas Miscanti et Miñiques (toujours à plus de 4000m), où nous avons découvert la différence entre un lac et une lagune, le lac étant approvisionné en eau par une rivière, alors que la lagune récupère les eaux de ruissellement des montagnes autour… Enfin lac ou lagune, sublime paysage au rendez-vous, et encore une fois avec cette neige surréaliste, qui nous a offert un spectacle incroyable. Bien sûr, ce n’est pas l’altitude qui nous a coupé le souffle, mais le paysage !

Destination ensuite la laguna Chaxa (elles sont partout ces Chacha) dans le salar d’Atacama et premier salar (désert de sel) pour Mathieu. Encore une fois, notre Jamy-Patricio, est ravi de nous expliquer que les Andes se sont formées entre 35 et 50 millions d’années auparavant, par le phénomène de subduction de la plaque Pacifique ou plaque de Nazca, sous la plaque sud-américaine. Oui et alors ? Alors, il se trouve que la Cordillera de Domeyko, plus ancienne que la Cordillère des Andes, a emprisonné, lors de son apparition une partie de l’océan Pacifique à l’intérieur des terres. Puis la Cordillère des Andes en tant que tel est apparue, prenant en tout cas en étau cette ancienne étendue d’Océan Pacifique. Puis cette mer devenue morte se serait évaporée, et aurait laissé place au désert d’Atacama. CQFD

Le paysage est à nouveau incroyable. On y voit des nuances de couleurs comme nulle part ailleurs (enfin, à notre connaissance), et on peut même y admirer quelques flamants roses. Autant dire que nous sommes rentrés à San Pedro des images plein les yeux et le sourire aux lèvres !

· FLOTTER DEVANT LE LICANCABUR

Toujours avec notre envie de profiter de ce voyage pour faire de nouvelles expériences, nous sommes partis pour la laguna Cejar, réputée pour avoir une telle concentration en sel, qu’il est possible de flotter à la surface, comme un bouchon.

Une partie de la lagune est un trou assez profond dont la température avoisine les 17°C. Mieux vaut ne pas avoir de petites coupures car avec la salinité, ça ne pardonne pas. La lagune se trouve au milieu du salar d’Atacama, avec une vue imprenable sur le Licancabur, et avec le soleil qui frappe fort dans le désert pendant la journée, on est presque heureux de pouvoir se rafraichir. La sensation de flotter en pouvant vraiment sortir les pieds et les mains de l’eau en même temps est excellente. Et ensuite, on peut aller vers une partie moins profonde, où on peut se prendre pour Jésus, marchant à la surface de l’eau. Un super kiff !

Ensuite nous avons filé vers la laguna Tebinquiche pour assister au coucher du soleil sur la lagune, et surtout profiter des magnifiques reflets des sommets andins à la surface de l’eau. On y admire le Soirecabur (6050m), le volcan Licancabur (5916m), le volcan Juriques (5740m), les Cerros Toco (5604m) et Chajnanton (5124m), puis les volcans Pili (6048m), Simbad (5924m), Lascar (5550m et encore actif), puis les Cerros Tumiza (5658m), Leña (5793m), Chiliques (5778m), Miscanti (5622m), Miñiques (5910m), que de gentilles collinettes… De toute beauté !

· CONTEMPLER LES ETOILES DANS LE DESERT

Pour finir en beauté notre séjour à San Pedro de Atacama, direction le désert pour aller y contempler la nuit étoilée. Un phénomène particulier crée une fenêtre d’observation idéale dans le désert et c’est pourquoi d’énormes projets européens et internationaux y sont installés dont l’Observatoire Européen Austral (plus près d’Antofogasta) et l’ALMA, le plus grand observatoire astronomique avec ses 66 antennes géantes de 12 et 7 mètres qui permettent « d’écouter » aux confins de l’univers, et peut-être de répondre un jour à la question fascinante : « Sommes-nous seuls dans l’univers ? » En effet, sécheresse extrême et très faible pollution lumineuse font du désert d’Atacama un lieu parfait d’observation. La région d’Atacama est une fenêtre où les nuages remontant du Sud se sont réchauffés et redescendent vers le Sud, tandis que les nuages venant du Nord se sont refroidis et remontent vers le Nord, laissant un ciel immaculé et parmi les plus beaux de la planète.

De notre point de vue de novices, le ciel était effectivement magnifique, et surtout les explications de l’astronome sur les constellations spécifiques de l’hémisphère Sud tout à fait passionnantes. Nous avons ainsi appris que l’étoile polaire n’est visible que dans l’hémisphère Nord, comme forcément la Petite Ourse et la Grande Ourse (quoique selon la saison et la distance de l’écliptique…), en revanche nous avons pu observer des constellations exclusives à l’hémisphère Sud comme la Croix du Sud, mais aussi le scorpion absolument magnifique qui se lève quand Orion se couche… Et comme la pleine lune ne datait que de quelques jours, nous avons pu observer la lune, ainsi que Jupiter avec ses satellites et Saturne avec ses anneaux. Très scientifique mais très romantique aussi !

Nos derniers jours au Chili avaient sonné et finir par San Pedro de Atacama sous le ciel étoilé fut un pur bonheur ! Hasta luego Chile !

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5 réflexions sur “Le désert d’Atacama

  1. Montréjaud-Vignoles Mireille

    Il y a quatorze ans, les photos de Charlotte m’avaient coupé le souffle… Et bien, j’en ai eu de nouveau la chair de poule de tant de beauté!
    Est-ce-que ce n’est pas le Dakar qui a ramené le tourisme dans les altiplano?

    J'aime

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