Sur Chico : entre lacs et volcans

Avec plus de 500 volcans, le Chili compte 10% des volcans en activité du monde. Il était donc incontournable de nous rendre dans la région des lacs, qui est aussi bien entourée de nombreux volcans. En quittant Chiloe en direction du lac Llanquihue et des charmants villages qui l’entourent (Puerto Varas ou Ensanada), nous avons pu apercevoir une première éclaircie après 2 jours de pluie intense, cela remet du baume au cœur !

· SOUS LA PLUIE D’ENSENADA

Nous passons faire quelques courses à Puerto Varas pour notre pique-nique et pour le repas du soir et prenons possession de notre nouvelle «cabaña», option que nous apprécions particulièrement car très économique à 4, mais aussi parfaite pour nous donner un peu d’indépendance et nous confectionner nos propres repas. Nous nous sommes rapidement remis en route pour aller voir la fameuse cascade à Petrohué (qui paraît-il est une grande masse d’eau turquoise jaillissant de blocs de lave noire), dont l’accès nous a malheureusement été refusé. En effet, les pluies diluviennes des derniers jours avaient inondé la route, qui était tout simplement fermée à notre arrivée.

Pas question de se laisser démoraliser. Nous avions pu apercevoir nos deux premiers volcans sur la route longeant le lac de Llanquihue entre Puerto Varas et Ensenada, et nous décidons de nous approcher d’un peu plus près du volcan Osorno (qui culmine à 2652m). La route qui sillonne jusqu’à un refuge, point de départ de l’ascension du volcan à pied ou en télésiège, nous a permis de voir quelques petits cratères qui encerclent le volcan, un paysage de lave noir, constellé par moments de blocs rouges, et tout en bas une flore dense et abondante. Nous ne sommes pas allés plus haut les télésièges étant à l’arrêt à cause du vent, particulièrement fort ce jour-là, mais nous avons pu profiter de la vue sur le lac Llanquihue en contre-bas. Pour assouvir quelques envies de marche, nous avons fini par trouver une petite balade au bord du lac, qui a suffi pour nous mettre en appétit pour notre repas du soir où nous attendait châtaignes et vin chilien, accompagnés par la douce chaleur du poêle.

Malgré un plan B pour aller voir la cascade à pied le lendemain, nous avons dû abandonner le projet car la pluie était à nouveau de la partie. On comprend mieux ce qui signifie l’arrivée de masses nuageuses du Pacifique arrêtées par la cordillère des Andes. Pas de doute, c’est bien sur le Chili que les pluies se déversent !

Nous avons donc décidé de prendre directement la route pour la région de Puçon (nettement plus au nord d’Ensenada), afin de tenter notre chance dans une autre zone de lacs et de volcans. En chemin, nous avons pu nous rendre compte de la « german touch », avec de nombreux panneaux indiquant, non plus « Empanadas », mais « Kuchen » (gâteaux en allemand). A croire que c’était fait exprès pour que la famille Pouard ne se sente pas trop dépaysée ! Ach so, sie haben Apfelstrudel !

Nous nous sommes donc arrêtés à Frutillar, sur l’autre rive du lago Llanquihue, où nous avons complètement plongé dans l’ambiance allemande, que ce soit par l’architecture des maisons, par les boutiques d’artisanat qui rappelleraient presque les fabriques de coucous de la forêt noire et bien sûr par les innombrables kuchen proposés dans toutes les boutiques, cafés ou restaurants. Et on ne vous parle pas du temps, on se serait vraiment cru en Bavière.

Pour bien comprendre cette étrange influence allemande sur toute la région, nous sommes allés visiter le musée colonial allemand, où nous avons découvert l’histoire de l’émigration allemande au Chili, qui s’est faite dès 1858, période à laquelle des Allemands de la classe moyenne, désabusés par la politique germanique, prirent la décision de tenter leur chance dans le Nouveau Monde et s’établirent notamment dans la région de Valdivia et Llanquihue. En revoyant les conditions de voyage de l’époque, on peut imaginer que ces familles n’avaient vraiment rien à perdre et qu’elles avaient un sacré courage. Les autorités chiliennes facilitaient fortement les migrations sur ces régions qu’ils avaient besoin de peupler. Fait intéressant, la majorité des Allemands étaient lettrés, ce qui était loin d’être le cas des Chiliens de la zone, et ils contribuèrent fortement au développement des écoles, ce qui permit une augmentation significative de l’éducation sur cette région. Nous avons d’ailleurs visité un superbe musée superbement restauré qui retrace la vie des allemands au Chili des années 1800 et qui montre les outils d’époque (en pleine révolution industrielle et mécanisation) le tout dans un parc superbement entretenu. Danke schön !

Enfin, Frutillar est aussi connu sur la scène internationale du théâtre et de la musique, en effet, la construction d’un superbe bâtiment avancé sur le lac place Frutillar comme une étape forte de spectacles de théâtre et de concert de musique.

· LA REGION DE PUCON

Avant de prendre possession d’une nouvelle «cabaña», dégotée par Mathieu à un prix défiant toute concurrence, nous avons fait une rapide halte à Villarica, à l’intérêt très limité, mais où nous avons pu acheter un pain aux céréales (denrée extrêmement rare !), un saucisson de cerf, et enfin deux énormes tranches de « bife de lomo ». Et voilà, les Français en voyage, on pourrait presque croire qu’ils ne pensent qu’à l’apéro !

Découverte de la «cabaña» au top, dès que Mat et son père ont eu trouvé le bon réglage du poêle à bois et du petit chauffage d’appoint à la « paraffine » (selon notre hôte) et au kérosène (selon Jean-Mi) ! Un apéro digne de ce nom avec fromage, saucisson et vino tinto nous a ouvert l’appétit, avant la dégustation du bife de lomo et de quelques dizaines de châtaignes (dont Charlotte et Jean-Mi se sont plus que délectés). Pas question de se laisser abattre !

Le lendemain, la pluie semblait nous donner un peu de répit, et nous avons d’abord fait une halte à Puçon, ville de bord de lac, où on perçoit un style de vie assez haut de gamme pour le Chili. Un petit air d’Aix-les-Bains peut-être… En tout cas, la ville nous paraît très agréable, et le petit marché local nous permet d’acheter quelques empanadas pour le repas de midi, avec une spécificité locale car la pâte des empanadas est faite à partir de farine de pinyones, comprendre le fruit de l’araucaria ! Encore une découverte !

Après un passage rapide par des cascades vivement recommandées par Le Routard, mais qui nous ont un peu laissés perplexes, nous nous sommes dirigés vers un lac, où le soleil semblait s’attarder. Pari réussi, bien joué Mathieu ! Nous avons pu faire une agréable ballade bien qu’un peu sur nos gardes en raison des nombreux chiens dans les parages. Il est vrai qu’après plusieurs mois de voyage, nous nous sommes habitués à avoir toujours des chiens avec nous, mais c’était clairement une nouvelle expérience, pas forcément agréable, pour les parents. Tout le monde était donc très content de rejoindre la rive du lac où les chiens avaient laissé la place aux mouettes. Mais comme nous étions sur une promenade complètement improvisée, nous avons fini par être bloqués par des rochers infranchissables et après avoir échangé longuement sur les différentes options (affronter les chiens, continuer, traverser des propriétés privées, rebrousser chemin, construire un radeau, voler un bateau…), nous avons fini par rebrousser une partie du chemin. A notre grand bonheur, nous avons repéré un pick-up rouge et après un rapide échange avec le conducteur, celui-ci a accepté de nous ramener jusqu’à la route principale, d’où nous avons pu finir notre ballade. Vraiment sympa ces chiliens !

Pour finir par un moment de détente, nous avions décidé d’aller prendre un bon bain aux thermes, particulièrement nombreuses dans la région du fait de l’activité volcanique intense. Nous avions choisi pour cela les thermes de Los Pozones pour leur situation en pleine nature. Nous n’avons pas été déçus du voyage et avons même sympathisé avec 2 chiliens, Jorge et Manuel entre 2 trempettes dans la rivière juste à côté ou comment passer d’un bain de 40°C à une eau en dessous des 9°C !

Avant de quitter la région des lacs et de rejoindre Temuco pour rendre la voiture de location, nous avons profité d’une belle éclaircie (ciel bleu immaculé) pour faire une petite balade au pied du volcan Villarica. Ce volcan, parmi les plus actifs d’Amérique du Sud entre régulièrement en éruption, la dernière remontant à mars 2015. Cette vision des forces de la nature nous a particulièrement fasciné, il faut imaginer une montagne qui ressemble à une pyramide aux parois vertigineuses presque parfaites et dont le tiers supérieur se détache du ciel bleu azur par l’épaisse couche de neige éternelle qui couvre son sommet, le tout dénote avec le côté verdoyant de la vallée et les roches volcaniques du pied du volcan. Pour voir son activité, rien de plus simple, il suffit de regarder les fumeroles qui émanent de son cratère principal.

Retour ensuite sur Temuko, le temps de faire une rapide visite de la ville et de son musée ethnographique très intéressant et de partager un dernier bon repas dans la région des lacs avant de remonter en bus de nuit (une grande première pour les parents) jusqu’à Santiago la veille du départ d’Annie & Jean-Mi sur la France et pour notre part de rejoindre Calama au Nord du Chili. Quelle chance d’avoir pu partager 15 jours de voyage tous les 4, merci d’avoir répondu présent avec autant d’enthousiasme !

2 réflexions sur “Sur Chico : entre lacs et volcans

  1. chantal

    Super voyage, le Chili est extraordinaire, tant sur la faune , la flore et les volcans …régalez vous bien et continuez de nous régaler de vos images
    Amitiés
    Chantal

    J'aime

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