Chiloé, la Bretagne chilienne

L’île de Chiloe était au cœur du débat : elle semblait à la fois une étape incontournable et en même temps le caractère particulièrement pluvieux de la zone nous rebutait un peu. Après conciliabule familial, nous avons décidé de braver les éléments et d’aller à la découverte de cette île tellement singulière.

En effet, quand les Chiliens parlent des habitants de Chiloe, ils ne les considèrent pas comme des Chiliens mais comme des Chilotes, un peuple de marins indépendants et qui a toujours été défiant envers le gouvernement chilien. C’est un peuple fier et très chaleureux, et nous avons particulièrement apprécié cette étape pour nos rencontres et nos interactions avec les Chilotes, que ce soit dans notre auberge à Ancud, au marché, aux restaurants ou dans les commerces. L’autre caractéristique de Chiloe, c’est son patrimoine, et tout particulièrement ses églises classées au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

· LE CIRCUIT DES EGLISES

Les Espagnols prirent possession de Chiloe en 1567, et ce fut notamment une place forte en raison de son positionnement stratégique, ainsi qu’une étape clé sur la route commerciale passant par le détroit de Magellan, des années avant la création du canal de Panama.

Ce sont les Jésuites qui initièrent la construction des églises au XVIIè et XVIIIè siècle, puis les Franciscains prirent le relais au XIXè. La particularité vient de l’utilisation de techniques de construction européennes et indigènes, ce qui donne un cachet très particulier à ces églises.

Alors malgré un temps particulièrement plombé, pour ne pas dire sous un déluge certain, mais assez habituel à Chiloe, on a pris beaucoup de plaisir à découvrir ces églises au charme indéniable, certaines restaurées, d’autres très isolées au cœur de minuscules villages de pêcheurs tellement authentiques. Leur situation est toujours particulièrement bien étudiée, souvent en surplomb de la mer ou sur la place principale.

Ce circuit nous a aussi donné un joli aperçu de l’île : ses plaines verdoyantes battues par les vents. Tandis qu’à Castro, nous en avons profité pour admirer les vieilles maisons de pêcheurs colorées (palomitos, à ne pas confondre avec les biscuits) et découvrir l’artisanat local.

· CHILOE AU CŒUR DE LA NATURE

Etant donné le temps, qui tirait plus sur la tempête que sur le crachin breton, nous avons bien profité de la salle commune de l’auberge où un des hôtes nous a particulièrement chouchoutés, et nous avons ainsi passé de très bons moments au coin du feu, à déguster du très bon vin chilien ou autour de parties de belotes.

Même si nous n’avons pas pu nous balader dans les parcs nationaux de Chiloe, nous avons tout de même poussé vers la presqu’ile du nord-ouest pour y découvrir au loin les îles qui abritent les colonies de manchots, et découvrir une côte sauvage où nous avons traqué quelques mammifères marins.

Autant dire qu’il n’était pas nécessaire d’aller aussi loin. Finalement c’est sur le bac qui relie Chiloe au Chili que nous avons pu profiter du spectacle des otaries, et même une baleine au loin.

Malgré la pluie et le vent, nous avons donc fait une belle escale dans cette île un peu hors du temps, et même si nous n’avons pas percé tous les mystères de la mythologie très particulière de Chiloe, nous avons eu le temps d’avoir un aperçu culinaire au marché d’Ancud entre les baies de myrte, un fromage local proche du reblochon, les colliers d’algues séchées dont ils se servent en court-bouillon, ou des bouts de porc séché que les Chilotes trempent le matin dans leur café. Enfin, nous avons goûté l’incontournable « curanto » dans un petit restaurant tenu par un vieux couple de Chilotes.

Apparemment, le Curanto était autrefois préparé dans des fours creusés dans le sol (ce qui se rapproche de plusieurs plats typiques polynésiens que nous avons eu l’occasion de découvrir) : on faisait d’abord chauffer des pierres au fond d’un trou jusqu’à ce qu’elles se fendillent. Puis, on y empilait crustacés, viande de porc et de poulet, surmontés de feuilles de nalca (sorte de rhubarbe), ou de pangue (une plante endémique), et de linges mouillés, avant de recouvrir le tout de terre et d’herbe pour le laisser mijoter près de deux heures. Nous avons découvert la version modernisée et très copieuse, où un bouillon très savoureux accompagne le monticule de crustacés, poissons, porc, poulet et patates. Ce n’est pas la finesse du plat qui nous a marqué, mais on a beaucoup apprécié !

4 réflexions sur “Chiloé, la Bretagne chilienne

  1. Bonjour les amis. Toujours un plaisir de vous lire, cela nous fait retourner quelques mois en arrière. Profitez à fond de vos derniers mois, nous vous retrouverons avec plaisir autour d’un bon verre de rouge et du saucisson.

    A bientot

    William et Jeanne

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour les amis !! toujours un plaisir de vous lire, cela nous fait retourner quelques mois en arrière. Profitez à fond de vos derniers mois. Nous vous retrouverons avec grand plaisir autour d’un bon verre de rouge et du saucisson !
    A bientot

    William et Jeanne

    Aimé par 1 personne

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