Mythes polynésiens

La mythologie maorie étant fortement liée à la mythologie polynésienne, il y a forcément beaucoup de ressemblances. Ce sont souvent les mêmes histoires mais dont les noms sont légèrement différents en raison de l’évolution des dialectes. Vous pouvez retrouver ces mythes dans notre article Mythes Maori.

Dans cette culture orale, nous avons aimé découvrir les adaptations faites par les orateurs selon les circonstances, selon l’auditoire, sa classe d’âge, son statut coutumier ou social, son origine… sa capacité à être initié en quelque sorte.

On trouve notamment

  • les contes et légendes pour enfants : ils ont une fonction éducative, que l’on pourrait rapprocher de la « leçon de chose » des classes d’antan. Ils apprennent notamment à respecter un aîné, à s’entraider entre frères, à connaître le nom des plantes ou des animaux, à savoir tresser, pêcher ou planter…
  • les « ûté » pour les adolescents : ce sont des chants improvisés aux paroles plus ou moins facétieuses, exécutés au cours de « bringues » locales
  • les épopées historiques et autres récits généalogiques pour initiés : ils sont uniquement destinés aux hommes. Ces récits pouvaient prendre plusieurs formes : chantés, psalmodiés, ou simplement récités en fonction de telle ou telle cérémonie (deuil, naissance, mariage, investiture d’un nouveau chef ariki ou mataipo…)

·      A L’ORIGINE

A l’origine, l’univers Ma’ohi (polynésiens originels) n’est pas uniquement constitué d’hommes, d’animaux et de plantes qui vivent sur des îles entourées d’eau, sous un ciel infini. Une multitude de dieux et d’esprits peuplent également la terre, l’océan et les cieux, mais aussi le mystérieux monde souterrain, celui qu’on ne voit pas… Les dieux sont évidemment puissants et dangereux ! Il faut donc éviter de les contrarier et savoir les apprivoiser. Quant aux esprits, ils représentent « l’âme de la nature » et il faut toujours les respecter. Certains d’entre eux ont été des hommes auparavant, mais qui n’ont pas réussi à rejoindre le « Po », le monde souterrain.

Ta’aroa, créateur de l’univers

Le 1er et le plus puissant des dieux, c’est le créateur de l’univers. Au commencement, Ta’aroa était tout seul au milieu de sa coquille Rumia. Avec les éclats de cette coquille, il créa les terres, l’océan et les cieux. Avec ses plumes, il engendra la végétation. Puis il créa, à l’aide de sa main, de nombreux autres dieux.

Quand il apparaît aux humains, il prend la forme de ses animaux préférés : tortue, baleine ou grand requin bleu. Ses messagers peuvent être de grands oiseaux blancs, qui crient parfois de manière stridente et envoient des présages.

On trouve ensuite de nombreux autres dieux, comme dans le panthéon maori, avec certaines ressemblances, notamment concernant Tane qui a exactement le même nom.

Oro, dieu de la guerre

Fils de Ta’aroa et aussi puissant que lui. Dieu de la guerre, mais aussi un sage qui révèle des secrets. Il aime le combat, mais il est aussi farceur et souvent colérique, c’est pourquoi on doit le craindre. Il est souvent vêtu de rouge et protège les princes humains.

Tane, détenteur du mana

Tane possède un grand pouvoir, le fameux mana (énergie spirituelle). Les aides de Ta’aroa l’ont conçu à l’image de l’homme, mais sans jamais le toucher de leurs mains car son pouvoir (ra’a) est trop fort. Tane garde l’eau des dieux, l’eau de l’immortalité. Ses colères sont légendaires. Lors de la guerre contre d’autres dieux, Ta’ere et Tumu-nui, il a failli réduire l’humanité en bouillie avec sa grande massue. Ses animaux fétiches sont l’hirondelle, le requin, les oiseaux à plumes rouges et les anguilles.

Ro’o, messager de Tane

Il est le dieu de la paix et de l’agriculture. Ro’o protège et parlemente parce qu’il est un bon orateur. Il n’aime pas les sacrifices humains et préfère propager la connaissance. Il se déplace autour de la terre sur son nuage doré.

Tu, patron des artisans

Il est la hache, le patron des guerriers, des fugitifs, et des artisans. On invoque Tu pour gagner à la guerre, mais aussi pour guider la main des artisans.

Les cieux, les océans et le Po (monde souterrain) sont peuplés de bien d’autres dieux : Ra’a, le dieu de ce qui est sacré ; Rua-hatu, le dieu moitié-homme moitié-poisson ; To’a Hiti, dieu des montagnes ; Hine, déesse des femmes qui vit sur la lune. On honore également le souvenir des héros et des demi-dieux comme Maui, Rata l’explorateur (comme pour les Maoris), Hono’ura qui grandit et rapetisse à volonté et encore HIro le dieu-voleur… Bref, il y a de quoi faire ! Le panthéon hindou n’a qu’à bien se tenir !

·MARAE, LIEU DE CULTE DES ANCIENS MA’OHI

On les trouve un peu partout, disséminés dans la nature. Ce sont des sortes de temples à ciel ouvert. Ils peuvent être de toutes les tailles et utilisés pour de nombreuses fonctions. Ils ressemblent à de grandes esplanades de pierres, soigneusement disposées.

Dans leurs enceintes, on trouve toujours :

  • un Ahu, autel de pierre : on y dépose les statues des dieux durant les cérémonies
  • des pierres-dossiers qui indiquent les places de chaque ari’i (chef, homme de caste supérieure)
  • des unu : statues qui représentent les familles affiliées au marae
  • un grand poteau autour duquel ont lieu les sacrifices
  • les alentours plantés d’arbres sacrés : miro, ti, toa…

Quand on voit les ruines, cela reste un peu mystérieux et on a du mal à imaginer que sur ces lieux se tenaient les cérémonies sacrées, comme la convocation des dieux. Apparemment le « prêtre » (tahu’a) instaure le silence, qui doit être absolu, il prononce différentes prières et convoque tel ou tel dieu. Il expose ensuite ses requêtes. Des sacrifices peuvent accompagner ces prières. Mais il n’y a plus de sacrifices humains de nos jours. Nous voilà rassurés.

·HINA ET LA LEGENDE DU COCOTIER

Il était une fois une très belle princesse avec un nom tahitien très compliqué qui signifie, Hina, la femme qui brille de mille feux à l’aurore naissant (c’est un peu la classe, quand même !). C’était la fille du soleil et de la lune.

Hina avait une beauté extraordinaire et ses protecteurs célestes la marièrent à la prestigieuse anguille géante, qui régnait sur les eaux profondes et pures du lac Vaihiria. Hina ne connaissait de cette entité que son nom, « celui qui réveille l’onde et la vivifie ». Elle prépara joyeusement des préparatifs, pensant que ce mariage était souhaitable et forcément merveilleux.

Le jour du mariage, elle traversa la vallée et aperçut pour la 1ère fois son promis :  elle découvrit horrifiée une énorme anguille aussi large et longue que le tronc d’un arbre. Terrorisée, elle s’enfuit, prit une pirogue et alla se mettre sous la protection de son frère, le grand héros légendaire, Maui (voir film Moana, ou notre article sur les mythes maoris). Maui utilisa ses pouvoirs et ses outils magiques pour sauver sa sœur. Il pêcha l’anguille, la tua, la décapita, enveloppa sa tête dans des feuilles de cordyline, en fit un paquet qu’il donna à Hina, et lui dit : « Garde bien ce paquet et ne le pose surtout pas à terre avant d’être arrivée chez toi. Plante-le alors au centre de l’enclos du marae. Cette tête contient de grands trésors pour toi et ton peuple, vous en tirerez de quoi construire vos maisons, de quoi manger et boire, et bien d’autres choses encore ! »

Hina prit le paquet et s’en alla. Alors qu’elle se désaltérait près d’une rivière, elle oublia les recommandations de son frère, et posa le paquet à terre. La terre s’ouvrit et engloutit la tête de l’anguille. Une plante apparut et se mit à grandir. Elle devint un arbre étrange, ressemblant à une immense anguille, la tête dressée vers le soleil. Le premier cocotier venait de naître.

Alors Hina comprit qu’elle ne pouvait plus rentrer chez elle, qu’elle devait surveiller la croissance de cette nouvelle richesse. Les jours passèrent. Une grande sécheresse survint et seul le cocotier résista. Les hommes goutèrent alors les fruits de cet « arbre » qui contenaient une eau et une pulpe sucrées, et sur la coque desquels apparaissent trois taches sombres, dessinant les yeux et la bouche de l’anguille. Ainsi, en posant ses lèvres sur la « bouche » de la noix de coco pour en boire l’eau salvatrice, Hina comprit que par ce geste, elle prenait pour époux l’anguille, honorant ainsi la mariage promis. Grâce à la noix de coco et donc à son époux, son peuple put ainsi survivre.

Source : adaptation de l’ouvrage de Teuira Henry, Tahiti aux temps anciens

·LA LEGENDE DE MOU’A POUTA, LA MONTAGNE PERCEE DE MO’OREA

Fils d’un tuia (personne offerte en sacrifice sur le marae lors de grandes cérémonies religieuses), Pa’i fut adopté à sa naissance par les dieux. Il grandit dans une calebasse dans le monde souterrain des dieux et des origines et le jour où il la brisa, ses pères nourriciers l’envoyèrent habiter dans une maison au cœur d’une vallée luxuriante. Mais il n’avait pas le droit de toucher ni aux animaux, ni aux fruits des champs, car il n’était qu’un mortel et ne pouvait toucher à la nourriture sacrée des dieux. Mais, bien sûr, Pa’i finit par désobéir. Comme rien ne lui était arrivé, il mangea tout : fruits, cochons, volatiles…

Lorsque les dieux constatèrent la désolation de leur vallée, le jardin de Ta’aroa, ils lui révélèrent alors ses vraies origines. Et Pa’i voulut rencontrer sa mère. Mais elle était pourchassée par des guerriers. Pa’i décida de la sauver. Il se fabriqua arc et flèches et affronta neuf guerriers. Mortel mais doté de force divine, il les élimina tous sans être touché. La population et le roi l’honorèrent alors comme un guerrier victorieux.

Pa’i remporta d’autres combats et aida le chef à conquérir les tribus voisines. Sa plus grande victoire fut celle qu’il remporta sur Hiro, le célèbre navigateur, qui voulait enlever la péninsule de terre située à Mo’orea entre Opunohu et Paopao pour l’emmener à Rai’atea. Cette portion du territoire était presque enlevée lorsque Pa’i intervint : il escalada le promontoire de la pointe Tata’a d’où la vue sur Mo’orea est excellente et lança sa lance qui traversa les airs et perça un grand trou dans le sommet, connu depuis sous le nom de Mou’a puta (montagne percée).

La vibration provoquée réveilla l’île entière, les coqs se mirent à chanter et Hiro s’enfuit, pensant que le jour se levait. On dit que c’est depuis cette nuit que les coqs des Mo’orea chantent à longueur de nuit pour que personne n’essaye encore une fois de leur prendre leur montagne.

Mais Mathieu bien que sensible au bruit n’est plus réveillé par les coqs.

Source : adaptation de l’ouvrage de Teuira Henry, Tahiti aux temps anciens

Une réflexion sur “Mythes polynésiens

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