Les Tuamotus, un bout de paradis

Après la note finale kiwi qui s’est terminée au cœur des inondations d’Auckland, un retour dans un climat plus chaud était tout à fait bienvenu. Nous sommes donc partis le mercredi 5 avril au matin d’Auckland et sommes arrivés à 16h40 le mardi 4 avril à Papeete. Non, nous n’avons pas inventé la machine à remonter le temps, mais juste traversé la ligne de changement de date. A Auckland, nous avions pris l’habitude que ce soit « hier » en France, et en Polynésie, désormais, aujourd’hui c’est « demain » en métropole. Et voilà, on a pris un grand coup de relativité !

De retour en territoire français, les formalités ont été rapidement expédiées, mais l’accueil, cependant, n’avait rien d’un accueil français. D’abord le petit groupe de musique polynésienne avec ses ukulélés qui nous attendait à la descente de l’avion, et ensuite Julie, Mathieu et Charly avec les incontournables colliers de fleurs pour nous accueillir. On peut le dire, l’accueil tahitien est bien sûr à la 1ère place dans notre classement !

Comme dans tous les pays, notre expérience tahitienne est étroitement liée aux personnes que nous avons rencontrées et là, la team JMC (comprendre Julie, Mathieu et Charly) a frappé très très fort ! Amie de Yanne et Mathieu, nous avions croisé Julie une fois à Compiègne autour de peinture et de bières, avant qu’ils ne décident de changer de vie et partent s’installer à Tahiti. Outre l’accueil exceptionnel à l’aéroport, ils ont été nos anges-gardiens tahitiens, intarissables sur la culture tahitienne, prêts à partager tous leurs bons plans et leurs activités préférées, et incarnant des valeurs dont nous nous sentons proches, mais dont la générosité nous a carrément bluffés. C’est ainsi que nous avons dîné avec eux le soir même, fait nos machines (quotidien de voyageur oblige) et que nous nous sommes laissés conduire jusqu’au studio que les parents de Julie nous prêtaient à Papeete pour une nuit très réconfortante avant de reprendre la route de l’aéroport dès le lendemain, accompagnés par Julie. Big Up à la team JMC ! Tahiti a de la chance de vous avoir ! 

• MISE EN CULTURE POLYNESIENNE

Pour mieux comprendre notre périple en Polynésie, un petit point géographique s’impose. Nous sommes face à 118 îles, disséminées sur une surface aussi vaste que l’Europe… C’est donc grand, très grand ! On y trouve 5 archipels : Société, Tuamotu, Gambier, Marquises et Australes. L’archipel de la Société comprend les îles du vent, dont font partie Tahiti et Moorea, et les îles sous le vent, avec des îles aux noms qui font rêver comme Huahine, Raiatea, Maupiti ou bien sûr Bora Bora, célèbre destination de voyages de noces. Mais comme on n’était pas en voyage de noces, que les vols inter-îles sont coûteux et que nous n’avions que deux semaines avec une forte envie de plonger, nous avions donc opté pour le programme suivant : découvrir les Tuamotus et ses fameux atolls en allant sur les célèbres sites de plongée de Rangiroa et Fakarava, puis l’archipel de la Société avec Tahiti et Moorea. Maeva !

• RANGIROA, LE PLUS GRAND ATOLL DE POLYNESIE

Après avoir aperçu Rangiroa de haut, et ainsi compris le concept de l’atoll, un lagon cerclé de corail, nous avons atterri sur une étroite langue de terre entre océan et lagon.

Minute géologique sur la formation d’un atoll. Un volcan émerge de la mer via la tectonique des plaques et forme une île au milieu du Pacifique. Le climat tropical entraîne la formation d’une barrière de corail tout autour de l’île. Mais au cour des siècles et par le mouvement des plaques, l’île s’affaisse, seule demeure la barrière de corail devenue elle-même au cour des siècles un véritable récif corallien.

C’est ainsi qu’à Rangiroa, on trouve une étroite langue de terre qui représente en fait une partie plus large du récif corallien, et qui sépare l’Océan Pacifique d’un immense lagon intérieur de 70km de long sur 35km de large. On était un peu sceptique sur le fait qu’on allait atterrir et non pas amerrir mais nous nous sommes bien posés sur le tarmac, et nous sommes directement partis avec Marguerite, notre hôte, vers le Camping Nanua.

Comment expliquer le concept du camping en Polynésie et particulièrement aux Tuamotus ? Eh bien, il fait chaud, il y a des moustiques, et une soupe de corail en guise de gazon. Bref, avec une tente de rando (comprendre tente sarcophage de 60cm de large aux pieds et 1m20 aux épaules, le tout avec une hauteur sous toile de maximum 60cm mais qui a l’avantage d’être extrênement pratique pour la rando car seulement 900g) très gentiment prêtée par des amis d’Armelle, Isabelle et Philippe, nous étions plus préparés pour la Mongolie que pour Rangiroa. C’est pour ça que Marguerite nous a sûrement pris en pitié, et nous a proposé un petit faré (construction traditionnelle polynésienne) à un prix imbattable. Deal accepté et installation immédiate dans le faré, petit et typique, mais muni d’une moustiquaire au-dessus du lit et d’une vue imprenable sur le lagon.

Le tour du village se faisant très vite, bordé d’un côté comme de l’autre par deux passes (comprendre un grand passage entre le lagon et l’océan), nous avons axé notre séjour sur les découvertes aquatiques : plongées et excursions sur le lagon.

Côté plongée, nous avons été servis, même si les habitués diraient que nous n’avons pas eu la fameuse plongée exceptionnelle de Rangiroa, censée permettre de voir les « big five » sous-marins. Mais comme c’était notre 1ère fois et que nous avons vu des dauphins lors de deux nos plongées, on s’estime hyper chanceux et on a vraiment aimé. La magie de ces instants partagés d’abord avec une dizaine de grands dauphins, dont une femelle accompagnée de son bébé d’une semaine, puis avec un dauphin plus curieux qui avait manifestement plaisir à voir les plongeurs de plus près, intenses moments de bonheur ! Souvenirs gravés ! Les images à retrouver dans l’article Plongées en eaux translucides.

Quant à l’excursion, nous ne pouvons que remercier Nadia de ce super plan avec Léon, le roi du lagon. Une journée superbe de découverte du récif corallien, entre passes idéales pour le snorkeling avec une eau tellement claire qu’on en oublie qu’on est dans l’eau, récif corallien sculpté par les vagues telle une dentelle, et laissant passer de-ci de-là quelques voies d’eau venant remplir des piscines naturelles, et magnifiques plages de sable blanc bordés de cocotiers. Côté déjeuner, Léon est autant le roi du poisson que le roi du lagon. Nous nous sommes délectés de pain coco, cuit dans des feuilles de bananier, de salade tahitienne, de riz, de poulet mariné et grillé au barbecue, et bien sûr de mahi-mahi (dorade coryphène) parfaitement cuit, tendre à cœur et relevé d’une délicieuse marinade. Après avoir observé la nurserie de requins à pointe noire, nous avons repris la direction de la passe pour observer les dauphins résidents de Rangiroa (47 lors du dernier comptage) surfer dans les vagues et nous faire l’honneur de quelques flips. Une fin de journée sur le motu à l’entrée de la passe côté lagon, surnommée l’aquarium, où nous nous sommes laissés bercer par les chants puamotus de Léon et ses amis, au son des guitares et ukulélés. Ça le fait !

Malgré ces satanés moustiques que nous avons quand même mis en déroute grâce à notre moustiquaire, nous avons beaucoup apprécié notre petit séjour à Rangiroa, où nous nous étions bien habitués à nos petits-déjeuners et dîners posés sur notre petite terrasse face au lagon avec vue imprenable sur le coucher de soleil. On s’habitue vite à ce genre de plaisirs !

• FAKARAVA, L’ATOLL QUI FAIT REVER

Le nom est exotique et nous laissait rêveurs, l’atoll a tenu ses promesses. D’abord un accueil très sympathique par Sandrine à l’aéroport, et même si l’arrêt pour nos courses (vie de campeurs oblige) n’a pas été très fructueux (la goélette d’approvisionnement passant le mercredi, dès le jeudi, il n’est plus possible de trouver ni fruits, ni légumes sur l’atoll !), nous sommes arrivés avec le sourire au camping Tekopa. Le plan était à peu près le même qu’à Rangiroa : évaluer le confort de la soupe de corail locale, et négocier un faré au besoin.

Nous avons été accueillis à renfort d’enthousiasme par Elise, Papy et Mamy. Après quelques échanges et une petite discussion avec Papy, nous nous étions mis d’accord pour un faré typique pour 4 nuits. Le lieu avait pour nous un petit goût de paradis. Une plage pour nous, avec le luxe absolu d’avoir même quelques bandes de sable, un faré cuisine grand et convivial à partager avec notre famille d’accueil, des sanitaires très propres et assez charmants (c’est assez rare pour mériter qu’on l’écrive), une pirogue à disposition pour aller faire un petit tour sur le lagon, et surtout l’accueil exceptionnel de cette famille extraordinaire. Impossible de résumer nos échanges existentiels avec Papy et nos considérations de vie avec Elise (la fille aînée de la famille), ou encore nos moments de rigolade avec la fratrie & co d’Elise de passage (Emmanuel et Célina notamment). On ne peut que les remercier de nous avoir fait nous sentir comme chez nous. Entre la baguette fraîche le matin, les noix de coco qui nous attendaient au frigo, ou même la prouesse de Papy qui nous a gâté avec du poisson frais fraichement pêché, nous avons vraiment eu du mal à partir…

Il faut dire qu’à Fakarava, nous n’avons eu que des rencontres sympas et c’est ce que nous aimons dans le voyage. Nadine et Pascal, les Ardéchois, avec qui nous avons eu beaucoup de plaisir à échanger sur les voyages en général et le canyoning en particulier. Promis Pascal, on viendra faire du canyoning avec toi à notre retour !

Quant à la plongée, nous faisons rarement de la pub mais concernant Marion et Thibault, on va se faire un plaisir de vanter les mérites du club de plongée O2, qui est tout simplement, à ce jour, le meilleur club de plongée où nous ayons jamais plongé. C’est dit, c’est écrit ! Accueil hyper sympa, professionnalisme, équipement impeccable, briefing détaillé et hyper intéressant, un vrai service et le sourire ! Un sans-faute absolu qui nous a poussé à exploser notre budget en nous accordant 6 sublimes plongées avec O2 :  4 sur la passe nord au milieu d’innombrables requins (gris, bordés, pointes noires, pointes blanches, tapete), de bans de chirurgiens ou de barracudas, et même une furtive raie manta, et 2 sur la passe sud à la découverte du célèbre mur de requins (même le marketing a pénétré le monde des spots de plongée). Pour notre part, nous clamons haut et fort que la passe Sud est superbe et très bien marketée, mais que la passe Nord n’a vraiment rien à lui envier, et que les dérivantes sur la passe Nord en mode survol du corail nous ont vraiment éclatés ! Bien sûr, on en a d’autant plus profité que nous avons eu des super compagnons de plongée, dont Nancy, la grenobloise, ou nos collègues ch’tis. Aurélien et Céline. Une belle équipe avec laquelle on a eu plaisir à plonger, à discuter, ou à profiter de la journée au Sud avec la halte déjeuner sur les bans de sable rose !

Et spécialement pour Thibault, nous ferons un petit aparté sur les passes. « Et oui Jamy (ah non, Thibault), comment se créent les passes dans la barrière de corail ? »  Il faut tout simplement imaginer que lorsque l’île était encore émergée, il y avait des rivières. Or, là où l’eau douce arrive, le corail ne se développe pas. Ainsi les passes dans les barrières de corail sont le témoin d’anciennes rivières, parfois énormes, comme celle de la passe Nord qui mesure 1,6km de large, soit la plus large de Polynésie !

Vous l’aurez donc compris notre séjour à Fakarava a été très compliqué entre de magnifiques plongées (parmi les plus belles que nous ayons faites), de sympathiques repas dans le faré-cuisine au gré des discussions avec la famille de Papy et Mamy, quelques snorkelings pour rester en forme dans le lagon devant le camping, une tentative de sortie pêche en pirogue, un apéro sous les cocotiers, improvisé par Nancy, et bien sûr de magnifiques couchers de soleil ! Nous sommes partis avec nos colliers de coquillage confectionnés par Mamy, tradition polynésienne pour nous souhaiter bon voyage et de revenir en Polynésie. Alors forcément, on a envie de dire : Fakarava, on reviendra !

3 réflexions sur “Les Tuamotus, un bout de paradis

  1. Ping : Plongées en eaux translucides – Mythe the World

  2. Montréjaud-Vignoles Mireille

    Que c’est beau! C’est une nursery naturelle pour les requins? J’ai beaucoup aimé la sirène blonde au milieu des sirènes autochtones…

    J'aime

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