La presqu’île du Nord et ses incroyables côtes

Il faut savoir que la NZ qui s’étend sur 2 îles et quelques 1 200km de long a plus de 15 000 km de côtes. Autre particularité, les volcans de l’île du nord sont toujours en activité et Auckland, la capitale et d’autres villes aussi sont bâties sur des volcans ou tout du moins dans un périmètre trop proche pour être en sécurité lorsque ceux-ci se réveilleront et ils se réveilleront, la seule inconnue est quand ?

· LA PENINSULE DE COROMANDEL

Au nord de Rotorua, se trouve une péninsule dont tout le monde nous vantait les mérites. Direction Hot Water Beach sans mollir. Une plage aux eaux chaudes, ça paraît prometteur. Encore faut-il s’y trouver dans les deux heures qui encadrent la marée basse. Aujourd’hui, c’est à 16h35, ce qui nous laisse jusqu’à 18h35 pour creuser notre trou… Pourquoi un trou ? Parce que cette plage se trouve sur une zone d’activité géothermique, ça ne s’arrête jamais en Nouvelle-Zélande. C’est donc une plage où l’on peut creuser son trou, l’eau chaude remonte à la surface et l’on peut se prélasser dans son trou d’eau chaude tout en regardant l’océan plutôt froid s’écraser devant nous.

Une fois qu’on a eu compris que selon où l’on creuse son trou, on peut se retrouver avec un bain de chaud à bouillant, voilà Mathieu en action. Le spectacle de tous ces gens en maillot de bain posés dans leurs trous fumant, face à l’océan, a vraiment quelque chose de comique. Un joyeux brouhaha où chacun trouve sa technique : quelques couples étalés de tout leur long à plat ventre en pleine contemplation de l’océan, kiwis habitués munis de seau pour remettre un peu d’eau froide et creusant un système de tunnels pour renouveler l’eau de leur trou, quelques allemands juste les pieds dans le trou pour garder une partie du corps au frais, groupes de jeunes posés dans leur trou une bière à la main ou en mode spa avec du sable sur tout le corps tendance gommage… Mathieu a trouvé sa propre technique avec une alternance tendance suédoise entre notre trou à 40°C et les rafraichissantes vagues de l’océan. Une expérience unique que l’on a adorée !

Le lendemain, nous avons assisté au lever de soleil sur la péninsule de Coromandel avant de partir à la découverte de Cathedral Cove et des jolies plages qui bordent cette côte. Mais nous avons été encore plus éblouis par le Nord-Ouest de cette péninsule, dont l’extrême pointe nord et la baie sauvage de Fletcher, où la beauté du paysage nous a invité à une pause yoga, et un pique-nique au milieu des canards. Le nord se mérite, une route de graviers qui traverse des montagnes verdoyantes peuplées de moutons, face à des baies aux eaux translucides, et au loin des petits ilôts qui parsèment le golf Hauraki, qui sépare la péninsule de Coromandel d’Auckland. Si on enlève la brume et que l’on boit quelques bières, on devine Auckland de l’autre côté.

Et comme, on aime bien les défis, on a ensuite fait une longue route jusqu’au nord d’Auckland, direction Orewa Beach, pour une nuit en freecamp sur un parking face à la plage.

· LA TWIN COAST DU NORD : ENTRE ILES ET KAURIS

Un programme serré pour l’île du Nord… C’est toujours amusant de croiser des voyageurs en Nouvelle-Zélande. Les plus jeunes backpackers qui viennent en général pour travailler, économiser et ensuite voyager pendant quelques mois, sont toujours étonnés que l’on puisse visiter la Nouvelle-Zélande en seulement un mois. Selon eux, il faut au moins un mois pour l’île du Sud. Mais si l’on se réfère au touriste américain qui dispose en tout et pour tout de 2 semaines de vacances par an, un mois semble un énorme luxe pour découvrir deux petites îles… Bref, tout est question de référentiel, mais la plupart des jeunes touristes étaient donc étonnés de notre programme de 9 jours sur l’île du Nord. Donc on insiste, il est possible de faire l’île du Nord en 9 jours en ayant déjà un aperçu très complet, et en intégrant le nord d’Auckland !

Depuis Ohewa, nous avons donc pris la direction de la Kauri Coast (à l’Ouest) pour atteindre la Waipoua Forest, autrement dit une immense forêt de Kauris, arbres endémiques de NZ, dont Waipoua constitue la plus grande forêt restante, après toute la déforestation réalisée pour créer des prairies pour les vaches et les moutons… Une jolie route traverse la forêt sur 18km et quelques sentiers protégés et très bien balisés permettent d’aller admirer quelques énormes spécimens de kauris. Une maladie ravageant la région, il faut bien se nettoyer les chaussures de marche avant d’accéder aux sentiers et d’aller admirer ces arbres, sacrés pour les Maoris. Certains ont d’ailleurs des noms. On peut ainsi rencontrer « Tane Mahuta », un kauri de 51,5m de haut et 13,8m de périmètre, qui porte le nom du dieu de la forêt pour les Maoris, mais aussi « Te Matua Ngahere », le « père de la forêt », qui présente une circonférence de 16,4m, et enfin « Yakas », qui n’est que le 7ème plus grand kauri de la forêt, mais que l’on peut prendre dans ses bras, sans marcher sur ses fragiles racines, pour une expérience énergisante et un peu mystique !

Après cette expérience arboricole, nous voulions rejoindre la célèbre Bay of Islands, ou baie des îles, mais l’arrivée non prévue sur le Hokianga Harbour nous a scotchés. Et nous nous sommes sentis obligés de nous arrêter pour admirer le paysage : un immense bras de mer entrant dans les terres, avec côté sud de belles collines verdoyantes surplombant les immenses et longues vagues de la mer Tasman, et côté nord d’incroyables dunes de sable. C’est ça la Nouvelle-Zélande : des paysages inattendus, variés et époustouflants au détour d’un virage.

Nous avons quand même fini par atteindre Paihia, petite station touristique, permettant notamment la découverte de la Bay of Islands par voie maritime. Paihia est rassemblée avec la commune de Waitangi, célèbre pour son traité, le traité de Waitangi, qui est l’acte fondateur de la Nouvelle-Zélande ou du moins de la souveraineté britannique sur ce territoire Maoris et qui scella en 1840 la cohabitation (ou plutôt de la domination ?) entre la Couronne et les Chefs Maoris… Comme souvent dans ces histoires de colonisation, la population locale ne savait pas exactement ce qu’elle signait, mais on n’ira pas plus loin dans cette polémique.

Après une étude de marché poussée et l’analyse des conditions météos, nous avons renoncé à aller rencontrer nos copains les dauphins (confiants dans la possible rencontre des cétacés en Polynésie, et dans des eaux plus chaudes…), et avons opté pour une découverte terrestre de la baie. Après une traversée en bac, nous voici à Russell, connu au XIXème comme le trou de l’enfer de la Nouvelle-Zélande. En effet, première tribu à accepter l’implantation des britanniques, Kororareka (nommé Russel par la suite) attira rapidement bagnards, chasseurs de baleines, et marins ivres… Darwin déclara en 1835 qu’on trouvait à Russel tous les rebus de la société, et apparemment bordels et tripots y étaient nombreux…En 1840, Russel fut très temporairement la Capitale avant qu’elle ne soit transférée à peine un an plus tard à Auckland. Actuellement cette ancienne capitale infernale compte 816 habitants et un nombre d’églises au kilomètre carré qui rendent difficile à imaginer son passé sulfureux.

En tout cas, nous avons apprécié notre découverte terrestre de la baie des îles, mais nous avons surtout adoré le passage côté océan Pacifique, avec la magnifique baie d’Helena, avant de rejoindre sous les nuages le site des Waipu Caves. Laetitia nous les avait effectivement conseillées, en remplacement de Waitomo, car leur accès est gratuit et que l’on y trouve aussi les fameux vers-luisants. Nous voici donc sur une prairie dans le campervan en train de jouer aux cartes en attendant que la pluie se calme. Mathieu, un peu impatient, décide alors de partir en éclaireur et recommande un changement complet de tenue : short, tongs, bâtons de marche, et lampe frontale. « T’es sûr de ton coup ? », « Oui, oui, j’ai parlé avec des argentins, et c’est la meilleure option ! » Et effectivement, c’était la meilleure option pour parcourir quelques centaines de mètres dans une petite rivière souterraine, extrêmement boueuse, avec de l’eau jusqu’à mi-cuisses, dans un équilibre précaire mais bien amélioré par nos bâtons de marche, à la recherche de la plus grande salle où nous attendait une véritable voie lactée, un plafond noir constellé de vers luisants, magnifique !

·      AUCKLAND, SOUS LES PLUIES DILUVIENNES

Dernière étape de notre périple, la capitale. Après un détour chez notre loueur où nous souhaitions négocier une compensation pour les petits désagréments du campervan, et où nous avons obtenu un discount significatif de 20% (ne jamais rien lâcher !), nous avons décidé, face à la pluie bien présente, de nous rendre en lieu sec, le musée d’Auckland.

Une superbe immersion dans la culture Maori, au travers des magnifiques collections, des légendes, mais aussi d’une performance artistique incluant l’incontournable Haka. Pour les Maoris, il est très clair que ce n’est pas l’équipe de Nouvelle-Zélande qui a rendu le Haka célèbre, mais le Haka qui a rendu l’équipe de Nouvelle-Zélande célèbre. Bon ben, ça, c’est dit !

Une partie du musée est également consacrée aux phénomènes volcaniques, fans de géologie que nous sommes, on y serait resté quelques heures de plus !

Nous avons ensuite (enfin) pu rencontrer Laetitia pour boire un verre et manger un morceau (notre unique resto en Nouvelle-Zélande) après une traversée sous une pluie diluvienne, le temps d’aller essorer nos chaussettes aux toilettes (oui, il devait y avoir 5 à 10 cm d’eau dans les rues) et de pouvoir goûter et commander la 1ère tournée. Une excellente soirée en compagnie de Laetitia et son copain Julien a clôturé notre chapitre néo-zélandais ! Merci les amis !

4 réflexions sur “La presqu’île du Nord et ses incroyables côtes

  1. ça a l’air génial ! J’envisage de partir dans un an en NZ.. Sans billet de retour, un très grand rêve que je prépare depuis plusieurs années. Cet article donne un avant gout sympa !

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