Nouméa : retour en terre connue

La Nouvelle-Calédonie, c’était un peu le retour vers un périmètre connu pour Charlotte (dans le cadre de son ancien travail), et une certaine idée du paradis pour Mathieu. Ce qui est sûr, c’est que c’était une escale attendue pour nous deux, avec la garantie d’un accueil chaleureux et d’une sorte de pause dans notre grand périple, comme un retour en terre connue. En effet, nous savions que nous aurions un refuge chez Armelle, Marcel et Téa, et cette perspective de retrouver des visages connus et une certaine forme de quotidien nous réjouissait. On part pour rompre avec ce quotidien et qu’est-ce-qui nous manque le plus au bout de 7 mois de voyage ? Ce fameux quotidien, ce bon vieux train-train, un peu trop routinier parfois, mais qu’on connaît, qui donne un rythme, des repères, comme un vieux complice familier, reposant et sans surprise. Larguer les amarres donne un nouveau regard sur le quai que l’on quitte. Et la Nouvelle-Calédonie, c’était un quai provisoire, mais un quai quand même. Et avec Armelle, Marcel et Téa, on serait bien resté à quai, encore un petit peu.

A Nouméa, nous sommes arrivés au stade du voyage où l’organisation perpétuelle nous coûte. Ceux qui pensent que le voyage est un moment de total « lâcher prise » sont dans l’illusion, certes on lâche prise sur beaucoup de choses, mais lorsqu’on est sans domicile et avec une contrainte financière, il y a plein de choses à penser en permanence. D’autre part, nous subissons une pression interne (que nous nous mettons nous-même consciemment ou inconsciemment) autour de : « Vous n’allez pas vous plaindre en plus, vous êtes en tour du monde ! » et « Profitez-en à fond, c’est une occasion unique ! ». Alors à fond on sait faire, et se plaindre, ça fait du bien de temps en temps car c’est officiel on commence à en avoir marre d’organiser tous les jours ! Il a fallu 7 mois, mais ça y est, la coupe est pleine !

La perspective d’avoir donc un toit chez Armelle et de se laisser un peu porter par le vent et les suggestions de nos hôtes ou de collègues de Charlotte (Audrey & Sarah) nous allait très bien. Un programme cool pour cette parenthèse dans le plus grand lagon du monde. Chronique de 2 semaines en terre calédonienne.

· NOUMEA

Une première journée pour prendre rapidement connaissance de Nouméa et donner à Mathieu un premier aperçu de cette presqu’île tortueuse aux anses et plages successives dans une atmosphère urbaine qui n’est pas sans rappeler Sydney, avec un style plus colonial, moins de gratte-ciel et une mer beaucoup plus chaude.

Armelle et Marcel nous ont régalé d’une journée en catamaran à la découverte du lagon, et face à une météo un peu capricieuse, nous avons mis le cap sur l’ilôt Araignière pour un snorkeling en eaux claires. En fins connaisseurs, ils nous ont ainsi permis d’éviter les gouttes et de profiter d’une balade aquatique parfaite pour notre premier bain dans le lagon : raie, requins pointe blanche et pointe noire (non dangereux !) et très joli corail… Ça donnerait presque des idées à Mathieu ! En ce qui concerne le catamaran bien sûr.

Le lendemain, nous avons géré notre train-train de voyageur et préparé notre sortie sur Grande Terre (le reste de l’île !) réservation d’une voiture de loc, booking des vols pour l’île des Pins, organisation du parcours, des endroits où passer et activités à faire (snorkeling, randos, plongées, campings…), Grande Terre, qu’on appelle ici la brousse (le bush australien), c’est-à-dire tout ce qui n’est pas Nouméa. Il faut comprendre que la Nouvelle-Calédonie concentre deux tiers de sa population sur le Grand Nouméa, et le reste du Caillou est occupé majoritairement par les tribus. Sortir de Nouméa est donc l’occasion de se dépayser en à peine quelques kilomètres. Retour en terre inconnue !

· LE CHAPEAU DU GENDARME OU PIC MALAOUI

Le temps étant toujours capricieux à Nouméa, Armelle a suggéré de troquer la sortie bateau du week-end suivant par une randonnée dont elle nous avait beaucoup parlé, le fameux « Chapeau du gendarme », sympathique surnom donné au pic Malaoui en raison de sa forme similaire aux anciens képis napoléoniens.

A savoir que quand la famille Durand-Baudy vous annonce une petite rando courte mais qui monte bien à la fin, mieux vaut se préparer et prévoir de l’eau et un en-cas ! Cette rando commence, en effet, tranquillement dans une végétation luxuriante, avant de se mettre à grimper dans la forêt humide sur des roches facilement glissantes, puis de passer à découvert sur un sentier ocre, taillé par l’érosion et créant un paysage tout aussi magnifique que pentu, tel un étroit canyon mordoré et où des chaînes ont été installées pour nous aider à monter, et à descendre… L’effort est court mais intense, et la récompense au-dessus des attentes. Le sommet du képi dévoile un paysage extraordinaire sur Nouméa, le lagon, les îlots, la barrière de corail et bien sûr la chaîne derrière nous… Une superbe découverte et un très bon moment passé tous ensemble. Merci Mr le Gendarme !

· LE PHARE AMEDEE

Pour des plongeurs, il ne semblait pas concevable de passer en Nouvelle-Calédonie sans faire la fameuse sortie au phare Amédée, avec la fameuse passe de Boulari. Un potentiel spot pour voir les mantas, mais moins garanti que Touho.

Nous avons donc opté pour la sortie à la journée avec Amédée Diving, dont le prix peut sembler prohibitif mais qui permet de passer la journée entière sur l’ilôt, d’y manger et de visiter le phare.

Nous partions confiants et un peu endormis vers 6h30 lorsqu’Armelle nous demanda si nous avions pris des vêtements de pluie. « La traversée se fait en Zodiac ! ». Le petit détail qui tue. Nous voilà donc au port, vêtus de nos Goretex sous le soleil calédonien. Heureusement il y a beaucoup de voileux à Nouméa donc ça passe presque inaperçu. Grâce au moteur de 300ch du Zodiac, nous ne mettons que 45 minutes pour couvrir les 22 km en mer, et rejoindre le fameux ilôt du phare Amédée, où se trouve un phare (comme son nom l’indique), et face à la fameuse passe. Le temps de récupérer tout notre équipement de plongée au club situé sur l’ilôt et nous voilà partis en direction de la passe. Au programme, grosse houle et courant. Pas très bon pour les mantas, mais très bon pour « le gros ».

En effet, nous plongeons dans une eau agitée, mais relativement claire, où nous descendons rapidement vers les 30 mètres, cloués au fond pour limiter les effets du courant mais vraiment portés par la houle de fond. Une sensation nouvelle et que nous avons plutôt appréciée, surtout quand nous nous sommes posés face au coin des requins : une cinquantaine de requins, alternant entre requins gris, pointe noire et pointe blanche… Un vrai manège. Quelques thons et barracudas se promenaient par-là, eux aussi. Et nous avons adoré regarder les grosses loches du Pacifique (sorte de mérous), dont une grosse merloche qui a l’habitude de se faire caresser et gratouiller par notre instructeur du jour. Nous sommes ensuite partis à la recherche des mantas, et heureusement Mathieu en a aperçu une petite qu’il a eu le temps de nous montrer.

Après un super déjeuner dans le club, nous avons découvert l’îlot bordé d’un magnifique platier aux eaux turquoises. Après avoir croisé quelques tricots rayés, un serpent de mer très élégant et mortel (c’est le seul animal mortel de Calédonie dont le venin est à peine dix fois plus puissant que celui du cobra royal ; après l’Australie, ça paraît reposant… et il n’attaque que si on l’embête vraiment) qui revient sur la terre ferme pour se reposer, nous sommes montés dans le phare pour admirer la superbe vue à 360 : Nouméa, la Grande-Terre, le lagon, la barrière de corail… sublime !

Puis nouvelle plongée l’après-midi. Au programme et après négociation, la même passe mais dans l’autre sens. Courant sortant donc moins bonne visibilité, mais tentative ultime pour voir les mantas. De ce côté-là, nous avons fait chou blanc, mais encore du gros, ainsi que quelques murènes, et une superbe raie aigle. En bon public et novice en plongée calédonienne, nous avons adoré !

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