Île des Pins : du pain béni

Contrairement aux idées reçues, la Nouvelle-Calédonie est en fait un archipel composé de plusieurs îles. Bien sûr Grande-Terre constitue l’île principale, mais elle compte également les îles Belep au nord, les célèbres îles Loyauté à l’est (Ouvéa, Lifou, Tiga et Maré), la paradisiaque île des Pins au sud, et plus loin à l’ouest les îles Chesterfield.

Devant faire des choix et n’ayant pas envie de nous presser, nous avons décidé de ne pas aller dans les iles Loyauté, mais de faire quand même un petit séjour à l’île des Pins, censée être l’île la plus proche du paradis, programme alléchant !

Notre arrivée en fin de journée nous a juste laissé le temps de planter notre tente dans le camping recommandé par Armelle et Marcel (Naitawach), et d’aller prendre l’ambiance des lieux en faisant le tour de la presqu’île entre la baie de Kanumera et la baie de Kuto. Comme très peu de sentiers sont indiqués en Nouvelle-Calédonie, nous avons eu la chance de croiser un mélanésien du cru, ou pour l’île des Pins un Kunie, Patrick de son prénom, qui a eu la gentillesse de nous servir de guide dans cette charmante balade au coucher du soleil. Une occasion d’en apprendre un peu plus sur son île, mais aussi d’échanger avec un Kunie sur les us et coutumes locales. Une belle rencontre, comme on les aime, et tout cela face à un coucher de soleil de toute beauté. Bienvenue au paradis !

· A LA DECOUVERTE DES ILOTS

Le lendemain, nous avions programmé la fameuse excursion en bateau à la découverte des îlots. Après quelques minutes de bateau, un premier arrêt en pleine mer pour admirer deux petites raies mantas en train de se promener à la surface. Cap ensuite sur le fameux banc de sable de Nokanhui : imaginez un banc de sable blanc en plein milieu de l’océan, bordé d’une eau turquoise, puis bleu marine… bienvenue dans l’atoll idyllique et paradisiaque de Nokanhui ! Marcher sur du sable blanc au milieu de l’océan, c’est un vrai kif ! Mais on va tout de même vous révéler la face cachée. Selon les courants et la météo, de charmantes petites créatures transparentes et aux filaments violets viennent s’échouer sur la plage. Quelques baigneurs se sont fait prendre ce jour-là. De même que toutes les îles ont leurs horribles moustiques et autres insectes piqueurs particulièrement désagréables, les eaux chaudes et turquoises peuvent accueillir ces gracieuses mais embêtantes petites méduses… Ceci dit, on a aimé, comme tous nos amis japonais qui étaient là eux aussi. Nokanhui, oh oui !

Cap ensuite sur l’îlot Brosse pour un snorkeling qui malheureusement s’est transformé en simple bain, suite à une forte houle de fond qui avait levé tout le sable. Le sable est tellement fin qu’il peut vite se mettre en suspension et brouiller toute vue. Tant pis, on en fera plus tard. En effet, notre pilote nous avait proposé un peu de snorkeling sur l’îlot Moreau près du lieu de déjeuner. Et quel déjeuner. Nous nous sommes crus en 2ème lune de miel. De charmantes tables intimes et décorées de fleurs d’hibiscus et de coquillages nous attendaient. Après un petit cocktail d’accueil et quelques éclats de noix de coco, l’entrée était servie : langoustes et cigales de mer avec salade de papaye verte. Un pur délice. Avec Christophe et Mélina, rencontrés au Naitawach, nous avons dégusté ce festin, qui changeait clairement du quotidien des modestes campeurs que nous étions. Vint ensuite un mulet (le poisson, pas l’âne), accompagné de son riz-coco et de frites de manioc. Nous en avons mangé les 7/8ème, ce qui nous a valu une remarque surprise de notre capitaine, qui faisait aussi le service : « en général, les gens n’arrivent pas à la moitié, vous revoulez de la salade de papaye verte ? ». Fortement tentés de faire un doggy bag pour le pique-nique du soir, la décence nous a retenus, mais de peu… C’est donc bien lestés que nous sommes partis nous mettre à l’eau avec nos masques, pour un snorkeling digestif avant de rentrer sur la baie de Kuto.

Enchantés par notre journée, mais un peu sur notre faim, non pas de langoustes, mais de snorkeling, nous avons décidé de nous remettre à l’eau avec Christophe et Mélina pour faire le tour du rocher de la baie de Kanumera. Et là, nous avons pris plein les yeux : hippocampes, platax, poissons citrons, poissons clown, seiches, poissons flutes, superbes gorgones, rascasse volante, et même une tortue !

Un dernier moment partagé avec Christophe et Mélina, autour d’un improbable jeu : la belote suisse. Les mêmes règles que la belote française, mais avec tout un tas d’illogiques règles suisses. Une bonne tranche de rire ! Avant une nuit moins marrante ou du moins plus vivifiante ! La pluie était de retour, et la tente idéale pour les températures chaudes mais pas très imperméable. Quand Mathieu a dit qu’il venait d’avoir quelques gouttes dans le nombril, Charlotte a proposé d’utiliser les sur-sacs étanches des sacs à dos pour améliorer l’étanchéité. Solution pas vraiment miraculeuse mais suffisante pour éviter une flaque au milieu de la tente ! Bonne nuit !

· TOUR DE L’ILE DES PINS

Le lendemain, nous avions loué un scooter auprès du seul loueur de l’île. Mais les nuages de pluie de la nuit n’avaient pas encore disparu et le temps semblait menaçant. Tant pis, nous décidons de braver les éléments et de partir en direction de la piscine naturelle d’Oro, un bras de mer entrant dans les terres et aux eaux cristallines. Cette excursion tout aussi populaire que Nokanhui pouvait également se faire en pirogue traditionnelle pour la modique somme de 80€ que nous avions décidé de ne pas dépenser. De plus, tous nos collègues campeurs avaient été dévorés par des nuées de moustiques lors de cette excursion et avaient aussi eu la malchance d’avoir un accueil de méduses dans la piscine. Le scooter semblait donc une solution idéale avec repli possible selon la faune du jour…

Première bonne nouvelle, la côte Est était encore sous le soleil. Deuxième bonne nouvelle, la gardienne de la réserve naturelle nous annonce que le 4×4 est venu démoustiquer la veille. Nous nous couvrons donc d’anti-moustiques, au cas où. On n’oublie pas qu’une épidémie de dengue fait rage en Calédonie. La traversée de la forêt et de la rivière s’effectue sans souci, et nous découvrons après quelques minutes le long de la rivière une sublime baie aux eaux transparentes, avec au loin quelques rochers qui marquent la limite avec l’océan Pacifique. Nous découvrons quelques méduses séchées sur la berge, mais a priori rien dans l’eau. Un peu de crème solaire, masque, tuba et c’est parti. Le lagon intérieur est à la hauteur de sa réputation. Visibilité incroyable, récif qui abrite une quantité de poissons du désormais mondialement connu poisson clown dans son anémone, au platax, nason, balistes et autres charmants poissons de récifs dont les territoriaux (famille des sergent major) qui, comme aux Philippines, défendent leur territoire, et viennent nous grignoter les doigts ou les pieds si l’un d’eux vient à trainer sur leur zone de prédilection.

Nous luttons ensuite contre le courant entrant pour s’approcher de la passe. Une vraie nage à contre-courant qui nous amuse beaucoup, et avec beaucoup de vie. Des bans de petits poissons en train de pénétrer dans la passe, et qui finiront par nous encercler tel un incroyable ballet concentrique. La piscine d’Oro, une sortie en or.

De retour sur notre scooter près pour le reste du tour de l’île, nous découvrons des connaissances très mouillées, qui ont eu malheureusement un peu moins de chance que nous… Les nuages sont de retour et la pluie avec. Nous décidons de partir plein nord pour aller à l’envers des nuages, autrement dit pour essayer de suivre le soleil… Notre tentative s’avère concluante, nous parcourons quasiment le tour de l’île sous le soleil. Nous découvrons ainsi l’île des pins, couverte des fameux pins colonnaires (ou araucarias) et parsemée de quelques tribus. Les jolies baies se succèdent avec des eaux toujours turquoises, mais notre coup de cœur reste la baie de Kanumera, celle devant notre camping, avec sa sublime anse et son rocher sacré. Nous y faisons un dernier plouf de monter sur le plus haut pic de l’île, le pic N’Ga qui culmine à quelques 300m. Il nous offre une vue 360 sur toute l’île et nous donne à nouveau l’impression que l’île est déserte. En effet, les habitations de l’île des pins sont intégralement dissimulées dans la nature et ce point culminant, on voit essentiellement le lagon, les îlots et les pins colonnaires… Si on n’était pas convaincu, on est sûr désormais d’où cette île tient son nom…

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