Roadtrip en Tasmanie

Une nouvelle fois, rien n’était prévu pour notre voyage en Australie. Et pour être très honnêtes, nous étions un peu dépités par les prix des billets pour aller au Queensland, les frais potentiels pour aller plonger sur la grande barrière de corail, passer quelques jours aux Whitsundays ou à Fraser Island, mais aussi intrigués par les récits de notre hôte sur la Tasmanie que nous nous sommes intéressés à cette région-île au sud de l’Australie. Après quelques recherches sur la région et sur les prix des billets d’avion, nous avons rapidement décidés que la Tasmanie ferait partie de notre programme, que ce serait en mode roadtrip et avec quelques randos au programme, et surtout avec un programme quasiment écrit par notre hôte de Sydney, c’est reposant de ne pas avoir à tout penser. Taz, nous voilà !

· CRADLE MOUNTAIN, AU SOMMET DE LA TASMANIE

Première étape du programme le parc national de Cradle Mountain avec un périple pas vraiment efficace. Arrivée à Launceston dans le nord, bus ensuite pour Hobart dans le sud afin de récupérer le campervan, puis route vers Cradle au nord, en repassant quasiment par Launceston. Ce sont les joies de l’improvisation et ce n’est pas toujours efficient. Mais malgré un gros retard de livraison de notre campervan et dans la ville au sud et non au nord, nous avons pu mettre le cap sur Cradle le jour que nous souhaitions car la météo annonçait un temps plutôt clément pour le lendemain, qui devait nous permettre de faire l’ascension du plus haut sommet de Tasmanie qui culmine à 1545m. C’est donc 5 heures de conduite plus tard, assumées par Mat qui maitrise de mieux en mieux la conduite à gauche sur les petites routes sinueuses, que nous sommes arrivés au parking des visiteurs du parc, de nuit bien sûr, par un certain froid, mais heureux de ne pas avoir heurté d’animaux. Nous avons effectivement découvert en Tasmanie et particulièrement à l’approche du parc des bords de routes jonchés de cadavres d’animaux (au choix diables de Tasmanie, wallabies, wombats, opossums, corbeaux…) et nous avions à la fois le cœur serré mais aussi l’inquiétude d’en heurter, vu que nous faisions une bonne partie de la route de nuit, période la plus propice à ce type d’incident. Quel soulagement d’arriver sans encombre !

Après une nuit courte et fraîche dans notre campervan, nous avons eu le bonheur de découvrir un ciel nuageux mais avec des bouts de bleu. Pas question de traîner, petit-déjeuner et préparation pour attraper la 1ère navette à 8h.  Nous avions hésité à effectuer l’Overland Treck, qui dure 6 jours mais qu’il faut booker en avance pour la modique somme de 200$ (ce qui correspond uniquement au droit d’entrée), mais notre hôte nous avait plutôt incité à en effectuer des tronçons sur des parties non payantes. Nous sommes donc partis pour notre première rando en Tasmanie en longeant les abords est du lac Saint-Clair, avant une première grimpette vers le pic Hanson à 1185m, pour jouir d’une superbe vue sur le lac, ainsi que plusieurs autres petits lacs (lac Rodway et lac Wilks) et sur Cradle Mountain dont le sommet était encore caché par quelques nuages. Nous avons continué notre chemin vers la piste d’ascension du sommet, espérant que les nuages seraient partis entretemps. Pari gagné ! Nous avons donc démarré l’ascension, et quelle ascension ! Nous avions bien vu sur la carte que le sentier était évalué difficile, mais nous ne savions pas encore pourquoi. En fait, les deux tiers du sentier correspondent à une vraie grimpette dans de magnifiques blocs. Le temps de s’échauffer et de trouver ses marques, nous avons ensuite trouvé cette ascension très ludique, mais clairement pas adaptée à tout le monde. Il y a quand même un petit effet kiss cool au bout d’un premier pan d’ascension où l’on croit être arrivé, avant de découvrir que le sommet est en fait masqué, et encore plus haut, avec une vue sur cette ancienne zone volcanique et l’autre sommet qui concurrence Cradle, le Born Bluff, du haut de ses 1539m. Mais la récompense du point de vue vaut clairement l’effort. Pause pique-nique et méditation puisque comme prévu le ciel était complètement dégagé à notre arrivée. Nous apprendrons plus tard par des tasmans que nous avons bénéficié de l’un des trois jours par an où Cradle est intégralement dégagée ! Un peu de chance, c’est toujours bon à prendre !

Redescente ensuite vers le point de vue de Marion et les abords du lac au centre de l’ancien cratère (Crater Lake, ils ont été cherchés loin !), puis vers le lac Saint-Clair au milieu du bush, des eucalyptus, une multitude d’arbustes, et la lande tasmane qui nous a vaguement fait penser à une certaine lande écossaise, surtout qu’on y trouve quelques tourbières et que l’on pense vite à l’excellent whisky que les Tasmans doivent produire. Paraît-il d’ailleurs parmi les meilleurs au monde, malheureusement nous n’avons pas priorisé les dégustations dans les distilleries de l’île qui ferment toutes à 17h…

Après quelques 8 heures de marche, nous sommes rentrés comblés à notre campervan mais avec une grande envie de douche, ce qui n’était pas vraiment prévu sur le parking conçu à cet effet à l’entrée du parc. Motivés pour aller se baigner dans le lac, mais ne voulant pas enfreindre les règles du parc, nous avons donc opté pour la douche-bouteille. Les Chinois ont donc été ravis de prendre en photo les deux français en maillot de bain sur le parking en train de se laver sous un jet discontinu et bien frais de bouteilles d’eau, remplies au préalable à la source d’eau prévue pour les campervans sur le parking. Encore une nouvelle expérience ! Rafraichissant mais quel bonheur de se sentir propre avant d’avaler une bonne dinette et de s’étirer, car l’escalade, c’est sympa, mais on se méfie des courbatures.

Après une nuit fraîche, nous avons malheureusement découvert un ciel plombé au petit matin, tendance crachin breton ! Motivés pour marcher mais pas dans n’importe quelle condition, nous avons donc opté pour annuler notre marche du jour et partir plutôt en direction de la côte est. Nous avons alors vérifié le conseil donné lors du brief sur le campervan : la batterie doit être rechargée tous les deux jours, soit en roulant, soit en se branchant sur une prise. On confirme donc qu’après deux nuits, les batteries sont à plat. Mais en Australie, la solidarité et l’entraide sont des valeurs de base. Nous avons donc un couple d’Australiens au volant de leur énorme 4×4 aménagé qui a directement volé à notre secours. Après avoir mis le feu à ses câbles (certainement dû à l’inversion des cosses…), nous avons finalement opté pour la bonne vieille technique du démarrage en seconde en descente, Charlotte au volant, Mat et les australiens à l’arrière du véhicule pour le pousser (un campervan, ce n’est pas vraiment le même poids qu’une Clio). Après deux essais, la batterie était repartie et Charlotte découvrait ainsi la conduite à gauche en faisant des tours dans l’immense parking pour ne surtout pas éteindre le moteur !

Nous avons ensuite parcouru des villages aux attraits plus qu’originaux, le 1er, connu pour ses fresques murales représentant la vie des premiers colons au gré de la visite de la ville, une expérience haute en couleurs! Ensuite nous avons traversé une autre ville dont la spécialité était d’avantage tournée vers les buissons et surtout la taille de ceux-ci, que l’on peut découvrir en traversant cette petite bourgade de forme et de taille différentes, belle créativité pour attirer le chaland!

Une halte au zoo de Tasmanie pour couper la route. Découverte ainsi de quelques animaux endémiques que nous n’avions pas encore pu observer dans la nature comme les célèbres diables de Tasmanie, un certain nombre d’opossums, ou de charmants bébés wombats, sans parler bien sûr des dingos, wallabies, kangourous, émeus, autruches et autres perroquets…

Après une route à nouveau éprouvante pour Mathieu dans les lacets de la route du nord, la highway A3, qui n’a de highway (autoroute) que le nom, et sous la pluie toujours bien présente, nous étions ravis d’arriver à la Bay of Fires, où un charmant « freecamp » nous attendait, à savoir des emplacements aménagés au bord de la plage au milieu des arbustes, avec sanitaires à disposition et toujours propres, mais pas d’eau courante. Nous avions trouvé notre petit eden pour la nuit et nous avons pu admirer l’extraordinaire ciel étoilé, dévoilant une voie lactée comme il devient très difficile de la voir en France à cause de la pollution lumineuse, et signe précurseur d’une météo plus clémente pour le lendemain.

· BAY OF FIRES, TOUT FEU TOUT BLEU

Au réveil, grand ciel bleu derrière le rideau du campervan, une belle journée s’annonce ! Petit coup d’œil sur la plage juste devant notre van pour voir de jour le panorama où nous avions passé la nuit, petit-déj au son des vagues avec le sourire sur le lèvre, suivi d’une petite rando de chauffe sur les premiers rochers de la baie. On se serait cru en Bretagne dans les coins de Tregastel, avec les roches de granite affleurant l’océan et leur couleur rouge, dont la baie ne tient d’ailleurs pas du tout son nom… En effet, cette baie a été surnommée baie de feu, non pour sa couleur mais car à l’époque de l’arrivée des colonies anglaises, ils voyaient de nombreux feux au loin, ceux des aborigènes qui vivaient le long de la côte. Nous avons été envoutés par le contraste du granite, le rouge des lichens et le turquoise de l’eau. Et ce n’était qu’un début…

Nous nous sommes ensuite rendus au début du parc national pour effectuer la randonnée qui traverse la Bay of fires. Nous avons failli être arrêtés par les premières plages de roches qui nous ont considérablement ralentis, mais avons fini par passer outre, motivés par les paysages, tous plus splendides les uns que les autres. C’est enfin, aidés par une mamie du cru, que nous avons pu retrouver le chemin (ou plutôt une trace au milieu du bush) pour continuer la promenade, pique-niquer dans un endroit désert, et même prendre un bain rappelant les eaux bretonnes, car cette dernière ne dépassait pas 16°C… Rafraichissant, mais quel régal quand le soleil est au rendez-vous !

· LE PARC DE FREYCINET ET LA PLUIE TASMANE

Le parc de Freycinet est particulièrement connu pour sa baie, la fameuse « Wineglass Bay » (comprendre la baie du verre de vin), qui ferait parti d’une des 10 plus belles plages du monde. Bon… comme on ne peut pas être tout le temps chanceux, nous n’avons pas pu grimper en haut du mont Amos pour cause de mauvais temps, nous avons tout de même attendu une légère accalmie dans le van pour ensuite monter jusqu’au point de vue, presque au pas de course pour éviter le déluge et redescendre aussi « sec », enfin, pas trop mouillés… Nous n’oserons pas statuer si cette baie est dans le top 10 des plus belles plages, mais elle ne sera malheureusement pas dans notre classement personnel, les conditions n’étant vraiment pas réunies pour.

Cela étant, nous avons vraiment adoré Friendly Beach, qui fait aussi partie du parc Freycinet, et où un autre emplacement gratuit nous a à nouveau garanti deux nuits dans un décor sauvage et magnifique, avant de rejoindre la Tasman Peninsula et notre premier camp payant en Tasmanie, sur Fortescue Bay.

· LA TASMAN PENINSULA : CAP OU PAS CAP ?

L’arrivée à Fortescue Bay s’est inscrit dans ces valeurs australiennes qui nous font un peu rêver. Personne au bureau, mais un comptoir d’inscription où nous pouvions inscrire notre nom, verser la somme demandée (modeste soit dit en passant) dans une enveloppe prévue à cet effet, et prendre possession d’un emplacement au bord d’une sublime baie, où nous avons eu la chance d’observer une multitude d’opossums à la nuit tombée et grimper dans les arbres. On doit cependant avouer que lorsqu’on paye un campement, on aime bien avoir une douche, et là, ce n’était pas encore d’actualité car nous étions arrivés trop tard, et nous ne pouvions pas avoir accès aux douches, version seaux d’eau chauffés au feu de bois. Mais Mathieu toujours plein d’idées, et Charlotte utilisant ses lointains souvenirs de camping en caravane avec ses grands-parents, il a été facile d’improviser une douche « chaude ». Et notre bassine magique nous a encore bien servi. C’est donc propres et non frigorifiés que nous nous sommes couchés avant la grande étape du lendemain.

Pour finir en beauté nos pérégrinations tasmanes, nous avions été briefés par notre hôte de Sydney sur « la rando » à ne pas rater. Cette péninsule regroupe en fait 3 caps et il est proposé aux plus aventureux, pour la modique somme de 700$ par personne (soit un peu plus de 500€) de réaliser une randonnée de 3 jours qui parcoure les 3 caps, pour maximum 46 personnes (limitation du nombre de couchage dans les gîtes). Une autre option s’offre aussi aux plus motivés, la boucle à la journée qui permet de faire 2 des 3 caps, mais qui demande une certaine endurance. En effet, cette « balade » est tout de même comprise entre 35 et 40km et pas loin de 600m de dénivelé positif cumulé. Mais fort de notre expérience de trekkeurs, on s’est dit que cela irait et cela a été ! Tout est dans la tête… mais parfois aussi dans les cuisses ! Bon, il est vrai que nous avons fini la rando sur les rotules (ou plutôt sur les ischions en l’occurrence) après 11h00 de marche, mais cela valait vraiment la peine !

Nous sommes partis vers 7h du matin, le chemin commence en pleine forêt humide, c’est-à-dire un peu junglisante, puis devient rapidement du bush, c’est-à-dire beaucoup plus sec et avec de nombreux eucalyptus, plus petits que sur le « continent » australien car ils se sont adaptés aux conditions climatiques tasmanes. Après 2h30 de randonnée, nous sommes arrivés sur une construction inattendue (aucune route ni piste ne mène à cet endroit), un magnifique complexe en bois, baies vitrées et plates-formes pour observer les baies alentours. Il s’agissait en fait de l’un des gîtes du « Three Capes Track », tout juste terminé. 2 heures plus tard, nous atteignons le Cape Pillar (comprendre le cap aux colonnes), le chemin sinue sur les crêtes et laisse apparaître régulièrement des points de vue à couper le souffle sur d’immenses pinacles, sorte de falaises en colonnes de 200 à 300m de haut. Enfin, tout au bout du chemin, une petite escalade finale sur un surplomb qui offre une vue très aérienne à 360° sur la mer, sur une petite île avec un phare, sur le chemin parcouru et surtout les vagues qui se brisent avec fracas en contrebas, au milieu d’un vent à décorner les bœufs. On imaginerait facilement ces paysages dans une des scènes d’Avatar, où ils s’élancent sur leurs montures en piqué le long des falaises.

Après de nombreuses pauses photos et surtout un petit pique-nique, nous voilà repartis pour boucler la boucle dans l’autre sens qui doit passer par un petit sommet à 465m et longer la côte jusqu’au cap et enfin revenir au camps où nous avions passé la nuit précédente. Bref, pareil qu’à l’aller mais un bon 1/3 plus long et surtout avec pas mal de dénivelé ! Aucun regret en tout cas car le chemin passe de la pinède à une forêt humide où se battent mousses, lichens et fougères géantes de la taille de palmiers, tout droit sortie d’un conte et où l’on cherche les elfes, lutins ou fées tellement celle-ci semble magique. Quelques beaux points de vue nous ont aussi permis de réaliser le chemin parcouru, avant de regagner notre campervan vers 18h45, légèrement fourbus. Pas question de ne pas avoir une douche chaude après ce trek. Ouf, encore un emplacement disponible au camping de White Bay, nous voilà harassés et devant un patron perplexe quand nous lui avons expliqué notre rando du jour ! C’est donc plein d’empathie qu’il nous a donné le Saint-Graal, la clé des sanitaires avec douche « brûlante » mais minutée, et qu’il nous a souhaité une bonne nuit.

· PORT ARTHUR, LE BAGNE EN AVANCE SUR SON TEMPS

 Avec les quelques brochures que nous avions récupérées de-ci de-là nous pensions passer « en chemin » par Port Arthur, qui semblait être un endroit important dans la culture tasmane. Mais à 37$ l’entrée et une visite qui dure environ 3-4 heures, la visite éclair en passant ne semblait pas appropriée. Nous avons donc changé nos plans pour prendre le temps de faire immersion dans la fin des année 1800 et découvrir cet endroit éloigné de tout et coupé du monde. Ce lieu magnifiquement réhabilité nous a permis de replonger dans l’histoire des convicts (ou bagnards) qui pouvait accueillir jusqu’à 2000 bagnards anglais et de remonter dans la jeune histoire de l’Australie qui s’est construite sur une colonisation pénitentiaire. Petit retour en arrière : en 1788, 18 ans après Cook, arrivèrent les 750 premiers convicts, accompagnés bien sûr de soldats, officiers et leurs épouses. C’est ainsi que le capitaine, Arthur Phillip, établit la première colonie pénitentiaire en terre australienne à Sydney. La deuxième colonie fut établie en 1803 à Van Diemen’s Land, terre de Van Diemen, ou l’actuelle Tasmanie. On en vient à notre sujet ! Les récidivistes sont ainsi emprisonnés dans la prison de Port Arthur, où ce que nous considérons aujourd’hui comme une magnifique côte sauvage, fait tout simplement office de « pénitencier naturel ». Pas besoin ici de barbelés ou hauts murs, le Pacifique fait barrage naturel. Il s’agit en effet d’une presqu’île reliée à la terre par un passage vraiment étroit de quelques dizaines de mètres et gardée à l’époque par des chiens en laisse ne permettant pas à un bagnard en fuite de rejoindre les terres tasmanes sans se faire à moitié dévorer.

Port Arthur est aussi connu pour ses méthodes « avancées » en matière de technique pénitentiaire, puisqu’elle faisait partie des trois premières prisons du monde (on insiste, du monde !) à mettre en place une prison et des cellules d’isolement aux règles très strictes. Pas de communication, pas de contact ni relation avec d’autres personnes, port d’une cagoule obturée lors des déplacements, travail manuel dans une cour isolée pendant 1h, les 23 heures restantes passées seul dans leur cellule sans le moindre bruit, et messe bien sûr mais dans des sortes d’isoloirs… Bref des techniques qui ont surtout amené un nombre croissant de « lunatiques » apparemment, et qui ont ainsi conduit à la construction d’un asile… De là à faire quelques raccourcis… La seule méthode qui nous a vraiment parue révolutionnaire pour l’époque et le lieu, c’est une véritable conviction dans les bienfaits de l’éducation, avec le réfectoire qui faisait ainsi office d’école, et une bibliothèque qui comptait pas moins de 30 000 livres pour pousser les détenus à lire, se cultiver, et pourquoi pas un jour pouvoir se réinsérer dans la société. Quant à l’église, elle n’a jamais été consacrée (ni protestante, ni catholique, ni anglicane, ni adventiste, ni baptiste…) pour que les nombreux irlandais envoyés là-bas aillent eux aussi à l’église. Ils semblent que les britanniques aient trouvé en Tasmanie une solution originale aux conflits religieux qui ont tellement divisé le nord et le sud de l’Irlande !

Nous ne nous étendrons pas plus sur le sujet car c’est bien plus long et plus complexe que cela, mais c’est ainsi que l’Australie « blanche » s’est construite sur le travail de ces convicts et des soldats et que les aborigènes ont été décimés ou repoussés vers des terres qui n’intéressaient pas les nouveaux colons.

· HOBART, DES HAUTS ET PAS DE BAS

Avant de terminer notre périple en Tasmanie, nous sommes rentrés sur Hobart, charmante capitale provinciale, dont les Australiens sont tellement fiers. Ils la trouvent en effet chargée d’histoire et adorent les vieux bâtiments des docks qui servaient autrefois de fabriques de bières, de confitures, ou d’entrepôts d’import-export. Pour nous, habitants du « Vieux Continent », on ne peut être subjugué par ces vieilles pierres, tout simplement parce qu’elles ne sous semblent pas si vieilles, mais nous avons été charmés par l’ambiance, les cafés sur les docks, et bien sûr le marché de Salamanca, où l’on trouve d’excellents produits artisanaux hors de prix.

Comme nous avions envie de prendre de la hauteur, nous sommes partis à l’assaut du Mont Wellington avec notre campervan, mont qui culmine à 1270m au-dessus de Hobart, et qui offre une vue époustouflante. Nous y avons trouvé l’équipe de rugby locale en pleine séance de photos, avant de réaliser nos propres photos moins rugbystiques, mais bien venteuses. Emballés par le lieu, nous avons poursuivi la soirée sur un parking plus abrité, seuls au monde, face à la magnifique côte du sud-ouest, avec nos 2 douzaines d’huîtres tasmanes. Un petit bonheur gustatif digne de notre Bretagne !

· MONA

Le MONA (Museum of Old and New Art) est décrit par son créateur comme un « Disneyland subversif pour adultes ». Pour nous, c’est une expérience unique. Ce musée est conçu pour faire vivre une expérience et pour suivre un parcours. Ici, pas un panneau ni légende. Un Ipod nous est confié au début de la visite, et tout se trouve dedans : description de l’œuvre d’art, infos sur l’artiste, commentaires, interview, son si besoin ou s’il y en a avec l’œuvre, et possibilité de donner son avis « J’aime », ou « Je déteste », façon réseaux sociaux. Autant dire que ça dépoussière.

Les œuvres sont loin de faire consensus. Des antiquités comme d’incroyables momies ou des frontons de temples hindouistes côtoient des œuvres contemporaines de Sidney Nolan ou Damien Hirst. En ce qui nous concerne, on a adoré l’expérience, on a aimé et détesté certaines œuvres, on s’est beaucoup amusé devant d’autres, et on a particulièrement apprécié le sous-sol consacré aux origines de l’art, qui montre toutes les sources d’inspiration des artistes dans la nature, la biologie, les couleurs et nous posent des questions sur notre conditionnement à une certaine définition du beau, le tout dans un sous-terrain immensément démesuré et mettant le modernisme sur les devants de la scène. Le MONA, ça décoiffe !

Nous voici arrivés à la fin de notre roadtrip tasman, direction l’aéroport pour prendre notre vol vers Sydney et une dernière journée chez Susan, ravie de partager le débrief de nos trois semaines en Australie. Cela nous a donné l’occasion d’une discussion autour des aborigènes pour comprendre leur vision sur cette problématique très jeune au regard de l’histoire de l’Australie, mais incroyablement présente, et dont les plaies semblent encore bien béantes. Ce sera certainement notre plus grand point d’étonnement de notre voyage en Australie, et une source de questionnement régulier sur les solutions à envisager. Assumer cette part d’ombre est sûrement l’un des grands défis pour l’Australie.

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