Great ocean road : d’Adélaïde à Melbourne

Comme nous n’avions absolument pas planifié notre trip australien et le prix des vols internes et des locations pesant lourds dans notre balance de décision, nous avons essayé de composer avec notre forte envie de vivre un roadtrip à l’australienne mais sans nous ruiner et sans passer des jours entiers sur la route sans voir âme qui vive… Il est vrai qu’on est un peu exigeants 😉 nous avons aussi suivi les conseils collectés au fur et à mesure et avons fini par décider de faire la Great Ocean Road (plutôt proche de Melbourne) avec une petite rallonge pour rallier Adélaïde à Melbourne et éviter un vol de plus. Nous avons donc fait une halte à Adelaïde, le temps de visiter la ville et de faire une petite lessive, avant de récupérer notre « campervan » et de prendre la route ! Une épopée de 8 jours dans le Sud de l’Australie !

· ADELAIDE : DISNEYLAND EXISTE !

Si on devait résumer Adelaïde en 1 mot : vert ! Adelaïde, c’est la ville où il fait bon vivre, où tout est beau, joli, bien entretenu, avec des parcs et des jardins partout et carrément un carré vert qui entoure la ville. Ici le périphérique, c’est la végétation. Le jardin botanique est une splendeur, et même au centre-ville au milieu de quelques gratte-ciels, on trouve ces charmantes maisons victoriennes. Il y a un bus gratuit qui dessert tous les sites touristiques, ainsi que les hôpitaux. Le marché central nous a fait saliver et on a trouvé ça très amusant d’aller aux stands de fromage où de charmantes dames nous ont fait déguster du fromage… français ! Bon, on a quand même goûté des produits locaux et on a plutôt bien adhéré. Les musées sont gratuits à Adelaïde, accès à la culture pour tous ! Une donation est suggérée pour aider les musées à entretenir leurs installations. Nous avons bien profité du musée d’histoire naturelle où nous avons pu approfondir nos connaissances sur l’histoire et la culture des aborigènes, la formation de l’Australie, et bien sûr sur l’incroyable faune et flore locales.

Bref, Adelaïde, pour nous, c’est le Disneyland de l’Australie. Heureusement (ou pas) nous avons croisé quelques SDF, sinon on aurait vraiment eu l’impression d’être entrés chez Mickey sans payer, et l’on ne vous parle pas ici de notre expérience de couchsurfing (à retrouver dans l’article Tranches de vie), qui a été largement à la hauteur de la ville.

· DEBUT DU ROADTRIP DANS LA BAROSSA VALLEY OU COMMENT LES FRANÇAIS APPRENNENT A ROULER A GAUCHE EN DEGUSTANT DU VIN

Pour démarrer notre roadtrip et prendre en main le campervan, nous avions décidé de commencer par la Barrossa Valley, région viticole parmi les plus réputées d’Australie et proche d’Adelaïde. Apprendre à conduire à gauche avec un petit verre de vin, il paraît que c’est nickel ! Evidemment, Mathieu a été très raisonnable sur la dégustation et a totalement assuré sur la conduite à gauche.

Au rendez-vous, paysages sublimes, palmiers qui bordent les vignes, dégustation dans le traditionnel domaine de Seppeltsfield, et routes qui serpentent dans les forêts d’eucalyptus. Un bon début !

Quelques courses plus tard, et un passage rapide par Glenelg l’une des plages d’Adelaïde (ah oui, parce qu’en plus il y a des plages à Adelaïde), nous avons mis le cap sur le camping gratuit repéré pour passer la nuit, pas trop loin de Victor Harbor. Et là, on avoue qu’on a carrément joué les débutants. Nous avons donc préparé à manger à la lueur de la frontale, au milieu des insectes car on est arrivé de nuit, et sans vraiment savoir ce qu’on avait dans notre van ni comment il fonctionnait, et bien sûr pour couronner le tout avec 44°C, même après le coucher du soleil. On a quand même réussi à faire notre lit et à se coucher, dans un van sans moustiquaire, donc pas question d’ouvrir même en pleine canicule…  Au bout de 2h et quelques litres d’eau perdus… Charlotte pensant que Mathieu était mort d’asphyxie ou de déshydratation car il n’avait pas émis le moindre commentaire (si, si, c’est possible !) s’est inquiétée de leur devenir à tous les 2.  Décision était prise de mettre un peu de ventilation (pas de clim car compliqué d’allumer le moteur du van sans réveiller tous les voisins) mais nous nous sommes finalement endormis 2h avant de couper cette dernière, fort heureusement, la température extérieure avait enfin baissé de quelques degrés pour que cela soit possible de dormir sans se vider par tous les pores. Pour combien de temps on l’a loué le van déjà ? 8 jours ??? Eh ben, c‘est pas gagné !

· LIMESTONE COAST : DE VICTOR HARBOUR A PORT MAC DONELL

Après une nuit de repos comme on les aime, nous voilà repartis sur la route dès le petit-déj avalé avec au programme, randonnée sur « Granite Island » (l’île de granite), rallier le lac bleu du « Mount Gambier », ancien cratère aux eaux bleues magnifiques, en passant par les lacs salés le long de la côte, puis Port Mac Donnell avant de nous arrêter pour la nuit en bord de plage sur un parking (conçu pour), dans un endroit presque désert et vraiment splendide. Soit un peu plus de 500km de route, 2h de rando et visite de villes, lacs et volcans. Quelle journée !  Et surtout pour une vraie et bonne nuit cette fois-ci, car la température est passée de 44°C la veille à 18°C au maximum de la journée, ce qui nous a valu une douche froide (mais douche quand même) sous une brise marine « rafraichissante » (et oui, c’est ça la liberté en campervan), avant un apéro réconfortant : mettwurst et rouge australien, abrités par notre campervan mais avec vue mer bien sûr. Un énorme kif à Brown Bay!

· LA BEAUTE SAUVAGE : DU CAP BRIDGEWATER AUX 12 APOTRES

Avant de rejoindre la Great Ocean Road, nous avons démarré la journée par un petit-déj vue mer, suivi d’une méditation sur une plage déserte, puis d’un détour suggéré par Charlotte vers le cap Bridgewater où il semblait qu’une colonie de phoques avait élu domicile.

Le cap Bridgewater pour nous, c’est l’incarnation de l’impro en roadtrip : ne pas savoir à quoi s’attendre et goûter le bonheur de la surprise et de la beauté à l’état pur. Une balade de 2h pour aller admirer deux colonies de phoques, la 1ère Australienne et la 2nde de Néo-zélandaise et surtout pour en prendre plein les yeux. Il faut imaginer un cap découpé qui s’étend dans une mer turquoise et translucide, agrémentée de quelques bandes marines intenses (juste pour donner du contraste parce que la nature est vraiment trop bien faite !), une lande couleur paille où s’ébattent kangourous, eucalyptus et autres pins pour ajouter une petite odeur méditerranéenne, et des falaises qui surplombent cette mer cristalline, très fraîche et offrant ainsi quelques rochers en contrebas pour abriter des phoques !

Cette journée s’annonçant manifestement sous le signe des animaux, nous avons ensuite eu la chance de découvrir notre 1er koala sur une simple aire d’arrêt. Mathieu en grand débusqueur d’animaux en tout genre : « je regarde mais je n’y crois pas trop ! Ah ben si, y’en a un ! ». Koala, check ! De manière un peu moins exotique, mais assez surprenante quand même, nous avons ensuite assisté au bord de la route à la mise bas d’une vache tranquillement posée dans un champ. Un petit moment émotion : ce n’est pas les tortues, mais c’est toujours touchant.

Après cette phase animalière, nous sommes enfin rentrés dans le parc national de Port Campbell, qui est au début (ou à la fin, c’est selon) de la Great Ocean Road, et qui est censé être le « point d’orgue » avec les célèbres « 12 apôtres », à savoir 7 (et non 12) énormes roches qui trônent dans la mer, faisant fortement penser aux falaises d’Etretat mais en encore plus grandiose, et dans les tons orangés-ocre, une splendeur ! Comme à chaque fois que l’on arrive sur un site aussi connu, on est un peu suspicieux, mais à nouveau on s’est laissé prendre par la beauté du site aux lueurs du soleil couchant. Mais ce que nous n’avions pas du tout anticipé, c’est que l’ensemble du parc est une succession de baies avec des falaises découpées et érodées par des milliers de vagues turbulentes, de vents intrépides, de tempêtes impétueuses, et de pluies acerbes, ce qui crée un décor magistral et surtout temporaire, qui nous rappelle à quel point la nature crée du beau, du saisissant, mais est aussi source de destruction, de changement et d’évolution, telles les falaises du « London Bridge » qui se sont écroulées en 1990 (le lendemain du passage de Franco, notre ami suisse rencontré dans l’outback, peut-être était-ce le passage de trop ?). Pour notre part, un coup de cœur plus particulier pour la baie des martyrs, rendue célèbre pour ses naufrages, mais qui nous a surtout fascinés pour son paysage digne des plus belles peintures impressionnistes.

· THE GREAT OCEAN ROAD, QUI PORTE BIEN SON NOM

Après une nuit «illicite» (ou de camping à la sauvette en plein milieu d’une clairière dans la forêt) mouvementée de rêves à surfer la plus belle vague dans un soleil couchant au bord de superbes falaises, nous voilà repartis sur la « Great Ocean Road » à la recherche DU spot pour notre petit déjeuner (et oui, plus on nous en donne, plus on en veut !) face à une baie splendide à minima : Johanna beach ! Pour les fans de surfs, il s’agit de la plage de remplacement de Bells beach pour le Rip Curl Pro, quand les conditions n’y sont pas optimales. La route après quelques kilomètres à serpenter dans les forêts d’eucalyptus et leurs koalas, la route s’insinue au cœur des falaises, de corniches en corniches, faisant penser à l’île de la Réunion pour Mathieu et à Monaco pour Charlotte, laissant apparaître après chaque gros virage des panoramas à couper le souffle.

Nous avons aussi fait halte à Aireys, connu pour son magnifique phare aux airs bretons. Alors bien sûr, la comparaison est assez facile avec certaines de nos côtes sur le littoral, avec une eau toutefois beaucoup plus translucide et turquoise, laissant présager, par grand beau temps de température digne des mers tropicales… Et bien non, détrompez-vous, les phoques, pingouins, orques et baleines sont friands de ces eaux car elles sont particulièrement fraîches ! On a testé car après la Mongolie, on ne pensait pas pouvoir être surpris, toutefois, elle ne devait pas dépasser les 16°C… Brrrr ! Ce n’est pas pour rien que les surfeurs que l’on croise régulièrement portent tous l’intégrale.

Enfin pour finir cette route légendaire, en gros fans du film « Point Break » avec Patrick Swayze et Keanu Reaves, on était tout excité à l’idée de découvrir Bells Beach, plage mythique de la scène finale du film ou Buddy part surfer la « gigantesque vague » de 20m… Nous sommes toutefois restés sur notre faim, les conditions idéales se présentant une fois tous les x années, les vagues nous ont semblé plutôt ridicules.

C’est ainsi que nous avons quitté la Great Ocean Road, vraiment great, et que nous avons tracé vers Philip Island, quelques 150km après Melbourne. Ce que l’on raconte assez rarement, c’est le côté hygiène de ce genre de road trip, parce que les campings à la sauvage et les super free camps australiens, c’est super sympa et très économique, mais il y a rarement le jacuzzi intégré. Comme tous les jours, on était donc à la recherche d’un point d’eau pour notre douche froide rituelle et cette fois-ci, au jet d’eau ! Certains seront peut-être choqués mais nous étions aux anges, il y avait enfin de la pression, summum du luxe, Charlotte a même pu se laver les cheveux ! Et tout cela devant un splendide coucher de soleil, ça peut paraître fou, mais on était vraiment heureux !

· LES PINGUINS DE PHILIP ISLAND

Le lendemain, nous avons fait notre première grasse matinée du roadtrip, parce qu’on en avait envie et besoin, et aussi parce qu’il pleuvait. On a donc pris notre temps, les deux seules contraintes du jour étant : 1) de trouver un endroit gratuit et « légal » où passer la nuit sur Philip Island, et 2) d’assister au retour d’une colonie de pinguins au coucher du soleil.

La première contrainte nous a ainsi amenés à explorer l’ensemble de l’île, pour le plaisir de nos yeux, et nous avons eu la bonne surprise de dénicher un parking au-dessus de la venteuse plage de Smiths Beach, sans aucun panneau d’interdiction. Après plusieurs jours de roadtrip et de recherche de site gratuit, nous en sommes arrivés à la conclusion suivante : soit ils avaient oublié de mettre les panneaux, soit le vent les avait arrachés. Quoiqu’il en soit, nous avions trouvé notre nid pour la nuit.

Etant plus au sud, la température était encore descendue et une vague de froid sévissait sur Melbourne. L’Australie est vraiment imprévisible. C’est donc équipé de nos polaires et goretex que nous sommes partis euphoriques en direction de la colonie de pingouins. Alors évidemment, comme on est en Australie, tout est parfaitement organisé. On paye un certain prix, ou plutôt un prix certain, mais on en a pour notre argent. Et après une attente sur la plage au coucher du soleil, nous avons donc assisté au retour sur terre des pingouins les plus petits du monde (30 cm de haut à peine), qui rentraient dans leur nid après une journée de pêche en mer. Etant toujours aussi chanceux sur la dimension animalière de notre voyage (il va falloir qu’on creuse sur ce point), nous avions choisi de nous mettre sur le sable au plus près du passage potentiel des pingouins, et nous n’avons pas été déçus. Ces animaux tellement à l’aise dans l’eau attendent la tombée de la nuit pour remonter dans leurs nids, évitant ainsi un maximum de prédateurs. Comme ils sont courageux, mais pas trop, ils remontent toujours en groupe, avec leur démarche tellement rigolote. C’est toujours amusant de voir comme dans un groupe, on voit ainsi émerger un leader, un rebelle, un téméraire, un étourdi, un suiveur, un craintif, un retardataire… bref, toute ressemblance avec d’autres petites créatures serait bien entendu tout à fait fortuite !

Nous sommes rentrés dans notre propre nid, plein d’images de ces charmants nageurs, qui ont tout de même l’incroyable capacité de désaliniser l’eau de mer quand ils la consomment grâce à une glande présente dans leur tête, ce qui nous a valu un nouveau sujet de discussion sur l’inspiration que l’homme pourrait ou devrait prendre de la nature….

· MELBOURNE, LE MELANGE DES GENRES

Nous ne savions pas à quoi nous attendre en arrivant à Melbourne, les quelques avis que nous avions eus étant soit plutôt neutres, soit plutôt négatifs : « la ville aux 4 saisons en une journée », « pas grand-chose à faire, une journée suffit », « il doit y avoir quelques musées intéressants mais je n’y suis jamais allé »….

Et la fameuse règle récurrente de notre voyage (« quand on n’a pas d’attente, on n’est pas déçu »), s’est donc à nouveau appliquée. Une visite vraiment agréable du centre-ville, où le mélange des genres nous a évoqué tolérance, ouverture, et créativité. A Melbourne se côtoient des rues transformées en musée à ciel ouvert où l’on peut venir admirer des graffitis (si, si), qu’on appelle ici du street art, et que l’on ne prête pas à des gangs mais à des artistes, des gratte-ciels où des employés affairés se pressent de sortir entre 17 et 18h pour rejoindre leur famille et vaquer à leurs activités extra-professionnels, des galeries couvertes qui évoquent des passages couverts parisiens agrémentés de salon de thé très british, des rues piétonnes où des groupes de musique viennent se produire pour le plaisir des passants, la Yarra River où il fait bon flâner sur les quais, se poser à une terrasse de cafés ou pourquoi pas aller se faire une petite séance d’aviron. Melbourne, c’est tout ça, et bien plus encore. Nous y étions la veille de la Saint-Valentin, et avons trouvé au coin d’une rue très passante trois jeunes proposant des « free hugs » (comprendre câlins gratuits) pour que les personnes sans Valentin ou Valentine aient, elles aussi, droit à leur câlin. Après Mickey à Adélaïde, c’est les Bisounours à Melbourne. Mais nous, on aime !

Est-ce vraiment nécessaire de dire que comme toute ville importante en Australie, il y a la mer et la plage. Là encore, le choix est vaste, même s’il y fait beaucoup plus frais qu’à Sydney. Quant aux faubourgs de Melbourne, on y trouve un mélange de genres à nouveau, entre maisons victoriennes, style colonial, mûrs graffés et au milieu un bâtiment aux lignes modernes comme l’incroyable Musée d’Histoire Naturelle de Melbourne où nous aurions aimé passer davantage de temps.

A préciser que Melbourne a aussi été pour nous l’occasion de faire connaissance avec un ami d’un copain de Mathieu, c’est ainsi qu’on s’est retrouvé au milieu d’une coloc en mode auberge australienne avec Valentin (ça ne s’invente pas la veille de la St Valentin) et ses colocs, français, allemands et italiens, tous en Australie avec des working visas (on comprend aisément que l’Australie attire autant de jeunes!) avec qui nous avons passé une très sympathique soirée et avons profité d’une douche chaude et d’excellentes crêpes fait-maison : la French connexion à Melbourne !

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