Mythes philippins

Entre les 7000 îles et les nombreuses ethnies, les Philippines ont toujours été une terre où les hommes ont cherché à comprendre les mystères environnants, le sens et les énigmes de la vie et la destinée humaine. De là à dire que cela explique pourquoi le catholicisme s’est aussi bien implanté… Bon, certes les Franciscains ont fait un travail extrêmement efficace et se dire que les Philippines sont aujourd’hui le 5ème pays catholique du monde avec 73 millions de catholiques (sur 91 millions), c’est marquant.

Cela étant et au grand dam de l’Eglise, les Philippins sont aussi très superstitieux. Et oui, la tradition orale et les conteurs ont bien maintenu vivant les mythes et légendes. Les guérisseurs, médiums et chamans sont monnaie courante aux Philippines, et les Philippins n’hésitent pas à y avoir recours. Baguio est la capitale des guérisseurs et de nombreux guérisseurs philippins forment des occidentaux, de même qu’ils voyagent également beaucoup en Occident pour soigner de plus en plus d’occidentaux à la recherche de médecine alternative.

Tout cela pour dire que cette page de mythe sera donc très limitée proportionnellement à la mythologie philippine, incroyablement riche.

· La porte de l’amour

Le principal message porté par les frères Augustins lors de leur venue aux Philippines était un message d’amour. Au début, ils sont venus vivre en communauté dans le respect des règles de St Augustin qui disaient : « La principale raison de votre venue est de vivre de manière harmonieuse dans votre résidence dans l’intention d’unité du cœur et de l’esprit. »

Ils sont aussi venus Aux Philippines en tant que missionnaires pour prêcher le message de l’évangile, dont le principal commandement est l’amour de Dieu et de son prochain. Chaque fois que les frères Augustin passaient à travers cette porte, datant du 17ème siècle et sculptée dans du bois de molave (arbre philippin de 30m de haut), cela leur rappelait inévitablement qu’ils devaient vivre ensemble et s’aimer les uns les autres. Aujourd’hui, chaque personne qui passe cette porte est invitée à laisser sa haine derrière et à ouvrir son cœur à l’amour.

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· Mythe des origines

Au commencement étaient trois puisants dieux qui vivaient dans l’Univers : Bathala, qui prenait soin de la planète Terre, Ulilang Kaluluwa, un immense serpent qui vivait dans les nuages, et Galang Kaluluwa, le dieu ailé qui aimait voyager.

Ces trois dieux ne se connaissaient pas (l’Univers était grand…)

Bathala rêvait souvent de créer des mortels, mais la planète Terre qui était déserte ne le permettait pas. Ulilang Kululuwa qui était aussi seul que Bathala aimait bien visiter divers endroits, et la planète Terre était son site préféré.

Un jour ces deux dieux finirent donc par se rencontrer.

Ulilang Kaluluwa voyant en Bathala un rival, le défia pour décider de qui devrait être le maître de l’univers. Après trois jours et trois nuits de lutte, Bathala finit par tuer le dieu serpent. Au lieu de lui offrir un enterrement digne de ce nom, Bathala brûla les restes du dieu serpent.

Quelques années plus tard, le troisième dieu, Galang Kaluluwa arriva dans la résidence de Bathala. Celui-ci l’accueillit avec gentillesse, et lui proposa même de vivre dans son royaume (il commençait à s’ennuyer sérieusement !). Ils devinrent de véritables amis et vécurent heureux pendant plusieurs années, jusqu’à ce que Galang Kaluluwa tombe malade. Avant de mourir, il demande à Bathala de l’enterrer à l’endroit où la dépouille du dieu-serpent avait été brûlé. Bathala fit exactement selon ses volontés. De la tombe des deux dieux surgit un grand arbre, avec une grosse noix ronde, c’était un cocotier.

Bathala prit la noix et la pela. Il vit que l’enveloppe était très dure. La forme de la noix lui rappella la tête du dieu ailé, Galang Kaluluwa. Il avait deux yeux, un nez, et une bouche arrondie. Les feuilles du cocotier lui rappelaient beaucoup les ailes de son cher ami disparu. Mais le tronc était si dur et lait, comme le corps de son ennemi, le dieu-serpent.

Bathala comprit qu’il était prêt à créer la vie sur terre et que le cocotier l’y aiderait. Il créa la végétation, les animaux, le premier homme et la première femme. Bathala leur construit une maison avec le bois et les feuilles du cocotier. Pour boire, ils avaient l’eau de noix de coco, et pour manger, la délicieuse chair blanche de la noix de coco. Les premiers humains découvrirent ensuite qu’ils pouvaient utiliser les feuilles pour faire des nattes, des chapeaux et des balais. Ses fibres pouvaient être utilisées pour des cordes et plein d’autres choses…

Bathala ne serait plus jamais seul sur terre.

· Mythe des origines – une version des Visayas

Il y a des milliers d’années, il n’y avait ni terre, ni soleil, ni lune, ni étoiles, et le monde n’était qu’une magnifique mer, au-dessus de laquelle s’étendait le ciel. La mer était le royaume de la déesse Maguayan, et le ciel celui du dieu Kaptan.

Maguayna avait une fille, appelée Lidagat, la mer, and Kaptan avait un fils, Lihangin, le vent. Les dieux décidèrent d’unir leurs enfants, et ainsi la mer devint l’épouse du vent. Ils eurent une fille, Lisuga et trois garçons, Likalibutan, Liadlao et Libulan.

Likalibutan avait un corps de pierre, il était brave et fort. Liadlao était fait d’or et il était toujours heureux. Libulan était fait de cuivre et il était faible et timide. La magnifique Lisuga avait un corps en argent pur et elle était douce et tendre. Leurs parents les aimaient beaucoup et ne voulaient que leur bonheur.

Après un certain temps, Lihangin mourut et laissa le contrôle des vents à son fils ainé Likalibutan. La fidèle épouse de Lidagat suivit bientôt son époux et les enfants désormais grands se retrouvèrent sans parent. Cependant leurs grands-parents Kaptan et Maguayan prirent soin d’eux et les protégèrent.

Après quelque temps, Likalibutan, fier de son pouvoir sur les vents, eut envie d’avoir encore plus de pouvoir, et il demanda à ses frères de l’aider à attaquer Kaptan dans le ciel. Au début, ils refusèrent, mais comme Likalibutan était très en colère, l’aimable Liadlao finit par accepter de l’aider. A deux, ils réussirent à convaincre le faible et influençable Libulan.

Quand tout fut prêt, les trois frères se jetèrent sur le ciel, mais ils n’arrivèrent pas à enfoncer les portes d’acier qui gardaient l’entrée. Likalibutan utilisa alors les vents les plus puissants, et les envoya dans toutes les directions. Ses frères purent alors faire céder les portes, mais furent accueillis par le dieu Kaptan, très en colère. Il leur apparut si terrible qu’ils partirent en courant, terrifiés. Mais Kaptan était tellement furieux suite à la destruction de ses portes qu’il envoya trois boules de feux dans leur direction.

La première toucha LIbulan, au corps de cuivre, et le transforma en une boule. La deuxième toucha Liadlao, au corps d’or, et il fut aussi transformé en une boule. La troisième toucha Likalibutan, et son corps explosa en mille morceaux et tomba dans la mer. Il était tellement fort et immense que les différentes parties de son corps qui tombèrent dans la mer devinrent des morceaux de terre.

Pendant ce temps, ces frères manquaient beaucoup à la gentille Lisuga, et elle commença à les chercher. Elle alla dans le ciel mais quand elle s’approcha des portes enfoncées, Kaptan, aveuglé par la rage, la foudroya elle aussi et son corps d’argent éclata aussi en morceaux.

Kaptan descendit ensuite du ciel vers la mer, appelant Maguayan, et l’accusant d’avoir ordonné une attaque contre le ciel. Maguayan apparut et répondit qu’elle ne savait rien du complot car elle dormait dans les profondeurs de la mer. Au bout de quelques temps, elle réussit à calmer Kaptan. Ensemble ils déplorèrent la perte de leurs petits-enfants, mais malgré tout leur pouvoir, ils n’étaient pas capables de leur redonner vie. Cependant, ils donnèrent à chaque corps une magnifique lumière qui brillerait pour toujours.

Et c’est ainsi que Liadlao, au corps d’or, devient le soleil, que Libulan, au corps de cuivre, devint la lune, et que les morceaux du corps de Lisuga devinrent les étoiles. Ils ne donnèrent pas de lumière aux morceaux éparpillés de Likalibutan, mais décidèrent que ces morceaux devenus terre, porteraient une nouvelle forme de vie. C’est ainsi que Kaptan donna une graine à Maguayan, qu’elle planta sur l’une des îles. Bientôt poussa un bambou, et de l’une de ses branches sortirent un homme, Sikalak et une femme, Sikabay. C’étaient les parents de l’humanité.

Ils eurent des fils, dont Aryon, Libo et Pandaguan, le plus jeune, et une fille, Saman. Pandaguan était très intelligent et il inventa un piège à poissons. Sa première prise fut un requin. Il le trouva si beau, sauvage et fort, qu’il se dit que c’était un dieu et qu’il demanda à son peuple de le révérer. Bientôt tous se réunirent autour du requin et commencèrent à chanter et à prier. Soudain, le ciel et la mer s’ouvrirent et les dieux apparurent et demandèrent à Pandaguan de remettre le requin à l’eau et de les révérer eux, plutôt que le requin.

Tous furent effrayés, sauf Pandaguan. Il leur dit que le requin était aussi grand que les dieux et que s’il avait été capable de le capturer, il serait également capable de surpasser les dieux. En entendant cela, Kaptan lui envoya la foudre, non pas pour le tuer mais pour lui donner une leçon. Ensuite avec Maguayan ils décidèrent de punir les humains et de les disperser sur la terre, dans les différentes îles. Ils eurent ensuite des enfants, et la Terre se peupla ainsi de toute part. Pandaguan survécut. Après 30 jours couché sur le sol, il reprit des forces, mais son corps foudroyé était devenu noir, et ses descendants furent une tribu à la peau foncée, les Negritos.

En guise de punition, le frère ainé, Aryon, fut emmené au Nord, où le froid le priva de ses sens. Libo et Saman furent emmenés au Sud, où le soleil brûla leur corps. Un fils de Saman et une fille de Sikalak furent emmenés à l’Est, où la terre manquait tellement de nourriture qu’ils furent obligés de manger l’argile.

Ils venaient de peupler l’ensemble de la Terre, dans les quatre directions.

 

· JOSE RIZAL : UN HOMME, UN MYTHE, UNE LEGENDE

Etant tout à fait ignorant de l’histoire philippine, avant de nous y plonger, nous étions un peu étonnés de voir partout dans Manille, des rues, monuments ou même des parcs portant le même nom Rizal. De même que l’on trouve des rues ou places Charles de Gaulle partout en France, on a supposé que ce Rizal devait être un homme important aux Philippines. Voici quelques bribes de son histoire.

« Bien qu’il soit mort à seulement 35 ans, José Rizal (1861-1896) – l’un des personnages les plus vénérés des Philippines – a accompli un grand nombre de choses. (…) Non content d’être l’homme qui a forgé l’identité nationale des Philippins, Rizal a réussi, durant sa courte mais extraordinaire vie, à apprendre 22 langues, à fonder un mouvement politique, La Liga Filipina, à écrire deux romans, tout en étant un poète et un essayiste accompli, à obtenir un diplôme d’ophtalmologie, à devenir un artiste respecté (peintre, sculpteur et dessinateur, considéré comme le « père de la bande dessinée philippine »), à voyager dans le monde entier, et à se passionner pour l’escrime et les arts martiaux. Comme si cela ne suffisait pas, il a, durant son exil à Dapitan, découvert une espèce de grenouille et une autre de lézard (leurs noms lui rendent d’ailleurs hommage), et a gagné à la loterie !

Toutefois, c’est seulement en mourant que Rizal a réellement atteint la postérité : sa mise à mort par un peloton d’exécution en 1896, a fait de lui un martyr et l’a élevé au rang de héros national. Il a en outre gagné le statut de « divinité » : des dizaines de cultes, appelés Rizalistas, dans la région du Banahaw, le vénèrent encore aujourd’hui et le considèrent comme une réincarnation du Christ, voire comme le Messie.

Bien entendu, ses détracteurs se plaisent à affirmer que son rôle de héros national a été imposé par les colonialistes américains (qui voulaient que le peuple philippin vénère une personne prônant la non-violence), ou qu’il n’était qu’un aristocrate qui passait plus de temps à l’étranger qu’aux Philippines, mais la vie du grand homme ne laisse que bien peu de prise à la critique. »

Source Lonely Planet

 

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