De Mindoro à Palawan

Vous n’êtes certainement pas sans le savoir, Charlotte a transmis sa passion pour le monde sous-marin à Mathieu depuis quelques années. Lors de nos pérégrinations à travers le monde ces dernières années, nous avons pu vivre de fabuleux moments sous-marins : la mer rouge, l’Indonésie, le Mexique, les Caraïbes, l’Espagne, la Thaïlande, le Vietnam… Et bien que partis en tour du monde depuis un peu plus de 5 mois, nous n’avions toujours pas fait de plongée. Les Philippines étaient donc pour nous l’un des check-point plongée de notre voyage et nous n’avons pas été déçus.

· PANDAN ISLAND – le paradis sans chichi

Suite à des retrouvailles avec Suzanne (copine à Mathieu installée depuis plusieurs années en Asie) au Vietnam, nous avons hérité de ses supers bons plans aux Philippines, et notamment une petite île à peine citée dans le Lonely Planet. Bon, en même temps, avec plus de 7000 îles aux Philippines, on comprend aisément que le choix soit difficile et c’est tant mieux ! Cette île tombait plutôt bien car à proximité d’un lieu de plongée où nous souhaitions vraiment aller : Apo reef (voir paragraphe suivant). C’est parti, on y va, vol réservé pour le surlendemain de notre arrivée aux Philippines en direction de San José Mindoro à 5h15 du matin (eh oui, un seul vol par jour), tricycle, puis trajet de 2 heures en Van pour remonter sur Sablayan, petite ville de pêcheur au milieu ouest de l’île de Mindoro, à nouveau tricycle pour nous rendre au « port de pêche » et là, traversée avec notre première bangka (sorte de bateau transformé en trimaran pour mieux tenir la mer) vers l’île juste en face à quelques kilomètres à peine. C’est donc un peu avant 10h du matin que nous sommes arrivés sur cette île paradisiaque. Imaginez une île de sable blanc entourée de coraux vierges de toute agression humaine, achetée par un couple franco-philippin il y a une quinzaine d’années et sur laquelle ils ont construits un complexe hôtelier au fil des ans, c’est-à-dire une vingtaine de bungalows, un club de plongée, un restaurant (le seul de l’île) et un bar (idem), le tout se voulant sans chichi et comme on dirait chez nous à la bonne franquette, pour un coût plus que raisonnable (de 17€ la nuit pour les chambres vue mer avec SDB et toilettes communes à 45€ pour les bungalows individuels avec terrasse) et dans le respect de l’environnement : pas d’engins motorisés sur l’île, pas de commerce, pas de transport outre les bangkas, douches à l’eau saumâtre et baquet d’eau douce pour se rincer, eau filtrée à volonté pour s’hydrater et éviter les déchets plastiques, petit-déjeuner et déjeuner à la carte et buffet varié et délicieux le soir.

A peine arrivés, première plongée l’après-midi, des coraux multicolores, une faune marine riche et une visibilité de plus de 20m, nous nous reposons le soir autour d’un excellent buffet quand l’associé du complexe débarque en sueur, nous annonçant le début de la naissance des tortues marines. On termine de manger en vitesse pour assister à ce spectacle !

Quelques tortues ont élu domicile dans ce paradis et les propriétaires des lieus font tout pour préserver ce cadre idyllique, 3 tortues avaient été repérées par les locaux au moment de la ponte, les nids identifiés et repérés pour surveiller les futures naissances. La période d’incubation des œufs dure de 48 à 72 jours (selon les espèces) et les aléas climatiques comme les typhons peuvent conséquemment faire varier l’épaisseur de sable sur les nids et empêcher soit la bonne température d’incubation soit l’arrivée à la surface des petits lors de l’éclosion. C’est d’ailleurs ce qui c’était passé pour ce nid, les locaux surveillaient donc attentivement le jour de l’éclosion et ont creusé presque 1m dans le sable pour permettre aux petits de rejoindre la surface plus facilement. Nous avons donc assisté, très émus tous les deux à la naissance de 65 petites tortues, particulièrement vives (elles le sont les 3 premiers jours de leur naissance pour s’éloigner vers le large le plus vite possible et échapper ainsi à leur nombreux prédateurs). Toutes les tortues ont été placées dans un saut puis transvasées dans de grands bacs et nourries, afin de les aider à passer le cap des 40 jours où elles sont alors beaucoup moins sensibles aux prédateurs. Cette « aide » humaine permet au lieu d’être riche en tortues et de repeupler des espèces qui se font rares. C’est donc à chaque sortie snorkeling que nous avons pu admirer une dizaine de tortues, toujours accompagnés de superbes platax, mais aussi des raies pastenagues (raies à poids violet).

Un vrai bonheur, que nous conseillerions toutefois plutôt en fin de séjour car tellement loin du tourisme de masse d’autres îles qui en fait un havre de paix et de calme où seuls les ressacs de la mer viennent bercer les nuits. De plus, le lieu est un spot incomparable de snorkeling, en plus d’être une base parfaite pour partir à la découverte du reef de l’atoll d’APO.

· APO REEF – l’atoll aux petits soins de la faune et la flore marine

Connu comme « THE place to dive » (le site où plonger) le site d’APO reef est un atoll situé à l’ouest de Sablayan à environ 70km des côtes, cet atoll en majeure partie immergé est reconnaissable par une petite île inhabitée qui émerge dans son extrême ouest. Il s’agit d’un lieu réputé pour observer de grands pélagiques (poissons ou mammifères marins de grande taille) comme les requins pointe blanche, requins de récifs, mais aussi, selon les périodes, requins baleine, baleines et raies mantas. Nous avons opté pour la version à la journée (sachant qu’il est possible de faire cette excursion sur 2 jours avec une nuit en mode Robinson Crusoé sur l’île avoisinante) avec 3 plongées dans le grand bleu où nous avons eu la chance d’observer quelques requins pointe blanche et requins de récif de belle taille (environ 1m à 1m50), des poissons napoléons, des murènes, des tortues, quelques langoustes, des carangues, des thons, des poissons anges et autres balistes, poissons chirurgiens et timides poissons clowns dans leurs anémones, et surtout des récifs coralliens exceptionnels (multicolores,  d’une variété et d’une richesse rare et même beaucoup de coraux en fleur) le tout avec une visibilité à plus de 30m. Une journée exceptionnelle qui nous a émerveillés !

· CORON – Au nord, oui, mais entouré d’eau turquoise !

Après ces quelques jours au paradis, nous avons opté pour une traversée en bateau vers le sud : cap sur le nord des îles de Palawan, l’ïle de Busuanga et plus précisément la ville de Coron. La traversée de 8h sur une mer relativement calme via une grande bangka avec plus de 80 personnes à bord, quelques motos et beaucoup de marchandises s’est plutôt bien passée. Petite galère à l’arrivée pour trouver un endroit où dormir sans payer 4 fois le prix habituel (Palawan est particulièrement prisée des touristes), mais une fois installés, nous avons décidé de faire de la plongée dès le lendemain, journée de 3 plongées, une plongée dans le lac Barracuda où l’eau varie selon la profondeur de 30 à 38°C et 2 épaves (le site est parsemé d’épaves, en effet, à la fin de la 2nde guerre mondiale, de nombreux navires de guerres ont été coulés). Plonger en maillot de bain dans le lac Barracuda sans combi entre les couches successives d’eau douce et d’eau salée aux différentes températures a été une superbe expérience. Qui eut cru qu’un jour Charlotte aurait trop chaud en plongée ?! Quant aux épaves, c’est toujours une sensation particulière de se retrouver au milieu de ces anciens navires, et d’en traverser les entrailles. La faune et la flore qui les colonisent sont souvent impressionnants et les coraux nous ont plus particulièrement marqués, ainsi que les timides et beaucoup trop mignons poissons mandarin. En revanche, niveau visibilité, rien à envier à la Méditerranée…

Les gens du club étaient tellement sympas que nous avons décidé de pousser l’expérience un peu plus loin et de passer notre niveau 3 de plongée (Rescue License Diver), formation sur 3 jours dont la moitié en salle pour apprendre les bons réflexes à avoir lors d’un incident (essoufflement, panique, épuisement, malaise…) Mais aussi les premiers secours à apporter en cas de noyade, mais aussi d’arrêt cardiaque, de blessure avec ou sans saignement et lors de chocs importants pouvant inclure des dommages cervicaux et ou de la colonne vertébrale. Comme nous plongeons régulièrement tous les 2, on trouvait important de pouvoir porter assistance à l’autre ou simplement à d’autres personnes en cas de problème. Ce fut un très beau cadeau d’anniversaire pour Mathieu ! Le tout, enseigné par Georges et sa fille Katerina, et passer son Rescue Diver aux Philippines, le tout en franglais avec un instructeur de plongée grec, il fallait le faire !

Enfin, la veille de notre départ pour El Nido, nous avons aussi opté pour un tour en bateau à la journée pour découvrir les 3 plus beaux sites de snorkeling du coin : Siete Pecados, Coral Beach Garden et Banol Beach. Après de multiples tentatives de négo, nous nous sommes résignés à payer le prix fixe pour toute sortie du port en bangka, mais avec notre bangka privative (un peu de luxe n’a jamais fait de mal à personne surtout quand une bangka pour deux revient quasiment au prix d’une excursion à la journée avec une horde de Coréens : on les aime bien nos amis coréens, mais une pause de temps en temps, ça fait du bien). Dans notre excursion privative, nous avons donc eu le loisir d’observer les barracudas chasser en surface ou des serpents corail de mer (quand on connaît l’aversion de Mathieu pour les serpents, il est presque invraisemblable qu’il ait osé s’approcher de ce serpent très venimeux pour prendre quelques photos, bon ok, il ne le savait pas avant… fort heureusement ce type de serpent n’est pas du tout agressif), une tortue, une énorme seiche et des coraux d’une rare beauté, bref, un vrai régal ! Le capitaine de la bangka ne s’est toujours pas remis d’avoir vu disparaitre les « gringos » pendant plus de 4h dans l’eau : à peine arrivés déjà dans l’eau et juste le temps de se sécher avant de repartir. Une occasion rêvée pour lui de se taper une bonne « siesta ». Merci à Jean-Paul et à sa bangkamobile, une journée qui semblait bénie des dieux, ou par Jean-Paul 2 Coron !

· EL NIDO – un magnifique nid… de touristes

Depuis le début de notre séjour, tout le monde nous prévenait qu’El Nido était un nid à touristes, et vu les difficultés que nous avions eu à trouver un logement et à un prix raisonnable, nous étions un peu inquiets de notre séjour à El Nido. Nous avions opté pour une pension à Corong Corong, plage proche d’El Nido mais qui permettait apparemment d’éviter les hordes de touristes. Arrivés à El Nido, nous avons donc rejoint l’Island Front Cottages. Là nous attendait une charmante philippine qui nous a expliqué que nous allions dans une chambre dans un autre hôtel, le Yolanda’s, pas très loin. Peu emballés par ce type de plan, nous avons quand même visité la chambre et après moults tergiversations (« est-ce-qu’il vaut mieux des cafards ou des moustiques ? ») et une grande patience de Mathieu, nous avons fini par accepter la chambre du Yolanda’s, après avoir négocié la mise en place d’une moustiquaire.

Le séjour semblait donc bien démarrer, et nous avons décidé de fêter cela au Greenview Resort (l’hôtel que l’on ciblait au départ, mais qui était complet), où nous avons découvert quelques tables installées dans le sable face au coucher de soleil et à la sublime baie de l’archipel de Bacuit. Entre Red Horse et jus frais de mangue, accompagné d’un duo live vraiment excellent, nous avons décidé que nous avions trouvé un petit bout de paradis et qu’il était grand temps de manger. Après avoir choisi directement notre poisson parmi la pêche du jour, nous nous sommes délectés de ce poisson grillé exceptionnel, et avons vraiment kiffé le petit dessert offert à la fin du repas. Pour rester dans un certain budget, on fait souvent l’impasse sur le dessert… Cette touche sucrée et rare nous a donc ravis.

Après cette parenthèse au paradis, nous sommes rentrés chez Yolanda’s où nous attendait… une panne d’eau, toujours pas résolue depuis 17h. C’en était trop ! La réceptionniste aussi a trouvé que c’en était trop et a pris sur elle de nous donner une chambre dans l’établissement principal (que nous avions visité quelques heures plus tôt), dont nous n’aurions pas à déménager (car c’était l’autre option envisagée). Bon 23h, sac à dos à nouveau sur le dos, et retour à la case départ, mais avec une moustiquaire déjà installée, et surtout de l’eau pour se laver ! Youpi !

Le lendemain, nous avons repris nos habitudes asiatiques et avons loué un scooter pour partir à la découverte de la côte. La côte nord-est de Palawan est un régal pour les yeux : très peu de monde, côte sublime, plage de sable blanc à perte de vue, eaux turquoises, cocotiers, rizières d’un vert éblouissant… En bon français méfiants, on sentait qu’il devait y avoir un hic. Attention, ce n’est pas qu’on l’ait vraiment cherché, c’est juste que les yens-yens nous ont trouvés. Qu’est-ce-qu’un yen-yen ? Le yen-yen, appelé aussi mouche de sable est une sorte de petite mouche de seulement quelques millimètres, mais qui est irrésistiblement attirée par l’odeur de la chair fraîche et du sang, elle prévient immédiatement ses 6837 copines et se précipitent ensemble sur la moindre parcelle de peau à découvert. Le côté positif, c’est qu’on sent immédiatement la piqûre ou plutôt la coupure car il s’agit plutôt d’une petite incision et que cela permet une vengeance immédiate, le côté négatif c’est que ça pique vraiment fortement et que ça démange, comme avec les moustiques, en fois 10 ! Charlotte en a fait les frais lors d’une séance de photo sur cette magnifique plage pendant que Mathieu était parti chercher le scooter et Charlotte est montée sur le scooter telle une amazone sur un cheval au galop !

Cela étant, nous avons quand même trouvé un coin paradisiaque pour déjeuner tels des Robinson, seuls au monde, les pieds dans le sable, face à une nouvelle baie splendide. Puis nous avons achevé nos dos sur une piste en terre pour retourner à El Nido en traversant la jungle, avant un bain salvateur à la sympathique plage de Nacpan. Une journée qui ne pouvait que se finir avec un poisson grillé au Greenview…

Le lendemain, nous avons cédé au fameux Island Hopping, ou visite des îles en bangka. Nous étions prévenus : présence d’autres bangkas avec hordes de touristes garantis… on n’a pas été déçu. Ils étaient tous là. Une inorganisation générale qui laisse tout occidental un peu à cheval sur l’efficacité perplexe :  toutes les bangkas au même moment au même endroit à se demander si les Philippins sont contents d’être ensemble pendant que les touristes se baignent ou si c’est juste qu’ils n’ont jamais pensé à organiser les tours pour ne pas tous être en même temps au même endroit, aucune bouée pour s’ancrer ce qui donne lieu à des scènes rocambolesques où les bangkas semblent à tout moment s’empaler les unes sur les autres, et où, au passage, ils détruisent copieusement leurs sublimes fonds sous-marins, pas encore conscients du trésor touristique qu’ils ont entre leurs mains, et bien sûr aucune anticipation du meilleur éclairage pour tel ou tel site ce qui engendre parfois de la frustration de se retrouver à l’ombre quand on apprécierait un peu de soleil… Vous nous direz en bon français, on n’est jamais content. Alors si, on va avouer qu’on a adoré notre tour, que le snorkeling à la pause déjeuner était magnifique malgré les coraux détruits au bord du rivage, qu’on a vraiment passé du bon temps à découvrir les lagunes intérieures avec nos masques et qu’on en a pris plein les yeux face aux falaises escarpées qui plongent dans la mer. Et si on devait le refaire, on referait car c’est clairement un incontournable de Palawan ! Mais si on pouvait mettre notre petit grain de sel dans l’organisation, on aurait quand même pas mal de recommandations !

Enfin rassurez-vous, cela ne nous a pas empêchés de rejoindre notre nouveau QG pour un ultime coucher de soleil sur l’archipel de Bacuit, et comme on ne change pas un doublé gagnant, avec un inévitable poisson grillé, accompagné de sa Red Horse et d’un jus frais de mangue. Miam miam !

6 réflexions sur “De Mindoro à Palawan

  1. OK, c’est d’accord, je m’équipe d’un masque et d’un tuba à ma taille cela évitera les marques disgracieuses après quatre heures de plongée.

    C’est vrai que la vie subaquatique est superbe et cela donne envie même si d’aucune tourmondiste trouve l’eau trop chaude…et pas trop salée aussi???

    Cela coûte combien une île non « tsunamisée » tous les trois mois? Je crois que je vais m’intéresser au projet…

    Continuez c’est merveilleux, et très grosses bises.

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