Tranches de vie – Cambodge

Comme dans chaque pays, quelques tranches de vie, avec pour le Cambodge, deux tranches très particulières : le réveillon de Noël, Noël et l’anniversaire de Mathieu, puis le Nouvel An… Et comme dans tous les pays, nos incontournables sur les transports.

· LE KHMER NOEL CHERCHE UNE CHEMINEE

Noël sous les tropiques, c’était une première. Très attachés à notre famille et à cette fête familiale, nous avions soumis l’idée de ne pas passer Noël seuls. Selon les possibilités de chacun, nos familles ont pris des options pour nous rejoindre à différents moments. Christian, Danielle et Maïtena ont opté pour Noël.

Alors certes, on n’a pas eu le feu dans la cheminée, les marrons grillés, ni le froid hivernal français qui rappelle que l’on arrive à cette période festive, mais dîner les pieds dans le sable au bord de la mer le 24 au soir, c’était vraiment un kif !

Et comme un Vignoles ne se promène jamais sans quelque vivre, nous nous sommes régalés d’un foie gras maison (sauvé avant l’abattage lié à la grippe aviaire qui a malheureusement touché le Gers), accompagné d’un Sauternes, puis de fromage, accompagné d’un Saint-Julien. Si même notre chère gastronomie française vient à nous, on va trouver de moins en moins de raison de rentrer. Une entrée en matière savoureuse pour célébrer leur arrivée. Merci les Vignoles !

Mais Noël n’est pas seulement Noël pour nous, car c’est aussi l’anniversaire de Mat. Et là, Charlotte appréhendait un peu : trouver une bûche digne de celle d’Agnès (la mamie de Mat) et maintenant d’Emeline (sa sœur) relevait de l’impossible, et trouver un cadeau alors que nous passons absolument tout notre temps ensemble depuis 5 mois plutôt difficile.

Nous avons donc opté pour un barbecue improvisé dans le magnifique jardin de notre hôtel à base de crevettes géantes, calamars, et un excellent poisson. Christian avait assuré l’apéro grâce à un Chivas conquis au milieu d’une pluie diluvienne digne de la mousson et Charlotte avait réussi à organiser in extremis l’achat d’une énorme pâtisserie asiatique, dont l’intérêt n’était que visuel et n’a laissé aucun souvenir à nos papilles mais qui nous a permis de faire souffler quelques bougies à Mathieu. Happy Birthday Mat !

Summum de la nouvelle ère connectée dans laquelle nous vivons : un skype orchestré par Julien, le frère de Mat, avec presque toute la famille Pouard. Les entendre chanter « Joyeux Anniversaire » à plus de 10 000 km, c’était magique !

·      ANGKOR UN NOUVEL AN !

Bien que le khmer Noël n’ait pas trouvé de cheminée, la khmère Noël est arrivée avec une valise dont la moitié semblait consacrée à des cadeaux pour nous. Nous avons donc vu arriver deux bouteilles de vin envoyées par la famille Pouard, de l’excellent chocolat par les Carré, des sablés maison par les Romani, du foie gras et des échantillons de crème Nuxe et Couvent des Minimes par Mireille… Un festival ! Apparemment on a dû un peu trop se plaindre de nos manques de gastronomie française, et le poids de Mat a dû en inquiéter certains, car nous avons fait un véritable festin avec tous ces mets inattendus. Un dîner foie gras, Riesling, fromage, saucisson, salade de gésiers, sablés et chocolat sur une terrasse en plein Phnom Penh avec nos copains canadiens et Mireille, complètement improbable ! Merci à tous !

Ce festin n’étant qu’un prémice à notre soirée du Nouvel An, que nous avions prévu de passer à Siem Reap. Nous avions donc prévu un trajet en bus le 31 au matin, pour ensuite se détendre un peu l’après-midi, prendre les billets pour nos 3 jours à Angkor, et assister au coucher de soleil sur Angkor Vat, avant de réveillonner. Et là, on n’a manifestement pas anticipé à quel point Mireille avait envie de vivre nos tranches de vie de tourdumondistes, et à quel point l’univers et le Cambodge allaient s’aligner pour nous rendre la vie beaucoup plus compliquée que prévu…

La navette prévue à 7h10 n’est arrivée qu’à 7h45 car le bus de 8h était soudainement devenu le bus de 8h30. Arrivés à la « station de bus », (un bureau où l’on prend ses tickets, et où la rue sert de parking), nous avons de nouveau attendu : 10 minutes, puis 20, puis 30 avant de commencer gentiment à monter en pression. Le supposé responsable étant pendu à l’un de ses 10 téléphones portables, était dans l’incapacité de nous donner la moindre information fiable. Nous nous sommes heurtés à ce sourire horripilant que font de nombreux asiatiques quand il s’agit de ne pas perdre la face, et qui donnent de fausses informations pour nous faire patienter… Mathieu commençait à songer à prendre l’ensemble des téléphones portables pour forcer le responsable à nous parler, lorsqu’un autre barang (étranger) a saisi l’ensemble des carnets de tickets, afin de les empêcher de vendre le moindre nouveau ticket tant que l’on ne nous aurait pas donné d’informations… Quand la culture occidentale affronte la culture orientale, ça peut vite monter en pression…

Après avoir passé un temps infini sur son portable, le responsable avait fini par trouver un bus et un conducteur (on ne sait pas vraiment lequel des deux avaient disparu), qui ont fini par nous prendre à 10h. Et là, ô surprise. Le bus dégoté en dernière minute n’a absolument rien d’un bus VIP. On nous la fait plus au bout de cinq mois. C’est un p….. de bus local ! On se regarde avec Mathieu ne sachant que trop bien ce que cela signifie : 8h au lieu de 5h de trajet, des arrêts à foison, un confort très relatif, et une cohorte de gens qui vont embarquer au fil des arrêts…

On trouve heureusement in extremis une place pour la mère de Charlotte à l’avant, à un endroit où elle a un peu plus de place pour sa cheville blessée. Nous nous retrouvons de notre côté sur la 2ème rangée, c’est-à-dire au-dessus des essieux. C’est parti pour 8h de trajet avec les genoux dans la poitrine. Tout cela bien sûr, assorti de l’installation de tabourets dans l’allée centrale pour que de nombreux passagers « clandestins » puissent arrondir les fins de mois du conducteur et de son associé et en prime un siège cassé pour Mathieu qui n’arrêtait pas de tomber. Welcome to Cambodia !

Heureusement que nous attendaient à l’arrivée un très sympathique hôtel, et un dîner de Réveillon dans un très bon restaurant de Siem Reap. Sans nous laisser abattre par l’interminable journée en bus, nous avons donc passé une excellente soirée, mais la fatigue était bien là, et nous avons un peu lutté avant de nous souhaiter une excellente année 2017, accompagné par la voix vociférante d’un chanteur de karaoké bourré, qui animait une soirée à côté de notre hôtel. Couleur locale !

· LA VARIETE DES TRANSPORTS CAMBODGIENS

Dans notre reconversion en tour-opérateur familial, nous nous étions dit que ce serait quand même l’occasion de faire tester un peu les transports locaux à notre famille, à la fois pour découvrir la palette fascinante des transports asiatiques, mais aussi parce que cela permet souvent de prendre le temps et de découvrir de nombreux paysages à un rythme permettant la contemplation, entre rizières verdoyantes, buffles d’eau en plein bain, petits villages typiques et bien sûr scooters chargés de familles au grand complet, ou de tout un bric-à-brac dont on se demande à chaque fois comment ça peut bien tenir.

Dans la série transport, la famille a donc testé le très commun tuk-tuk, avec différents niveaux de confort, du moto tuk-tuk incapable de monter la côte de notre hôtel avec 5 personnes (voire même s’y reprenant à 3 fois avec une seule personne à bord), au tuk-tuk tendance voiturette de golf (6 places et boîte auto).

Après le tuk-tuk, nous leur avons fait découvrir le bus, que ce soit le soit disant bus VIP, qui après 2h30 de retard se transforme finalement en bus local qui s’arrête toutes les ½ heures, pour prendre des passagers qui une fois le bus rempli s’installent sur de petits tabourets en plastique dans le couloir du bus, pour laisser monter des vendeurs ambulants en tout genre, de la mangue verte préparée qui se mange avec du sel épicé, en passant par les brochettes d’œufs, sacs à œufs de caille ou même brochettes de viande ou volaille aux parfums enivrants pour rester polis, des pauses toilette à durée variable (de 30 secondes à 20 minutes selon l’humeur du chauffeur), avec pour la palme des toilettes originales, des poissons qui circulent dans le bassin où l’on est censé prendre l’eau et le tout dans un confort particulièrement sommaire. Mais nous avons aussi eu de bonnes surprises avec d’autres types de bus, le bus classique avec air conditionné et enfin, pour finir en apothéose, le bus couchette ultra VIP avec siège individuel qui permet de s’allonger quasiment à l’horizontal. Tout un programme !

Nous passerons rapidement sur les vans, que nous avons testé aussi en long en large et en travers, avec des chauffeurs plus ou moins pressés et délicats, qui étaient particulièrement confortables et à l’heure !

Pour traverser la frontière Cambodge-Vietnam, nous avons aussi testé les voies fluviales avec un très confortable « fast-boat » avec moteur diesel, qui bien que bruyant s’est avéré extrêmement efficace sur le Mékong, puis un bateau plus petit mais tout aussi confortable pour les parties du fleuve moins large du Mékong et enfin, lors du trajet en bus, nous avons même testé le ferry pour traverser l’un des nombreux bras du Mékong pour rejoindre Ho Chi Minh City. Mention particulière pour l’émerveillement et la patience de Mireille qui a découvert les transports comme nous les vivons au quotidien avec tous leurs bons et moins bons côtés 😉 !

· TOUS A L’ECOLE

Lors de notre passage au Tibet, nous avions rencontré Yoram, un israélien passionné par le bouddhisme, et qui avait passé plus d’un an dans un monastère bouddhiste en Thaïlande, avant de retourner à la vie « publique », et de faire du bénévolat. Le hasard de ses contacts l’a conduit au Cambodge où il donne de son temps pour aider un directeur d’école qui a fondé une école au sein d’un tout petit village afin de donner l’opportunité à des enfants d’apprendre l’anglais. En effet, savoir parler anglais ouvre des portes, et peut permettre à ses enfants de milieu rural très modeste de trouver des emplois, notamment dans le secteur du tourisme, ultra florissant à Siem Reap.

Il aide donc le directeur dans l’approche pédagogique. Ne vous emballez pas, comme Yoram le dit lui-même, on part de très loin au Cambodge, et pour le moment, cela consiste surtout à sortir de la répétition mot à mot de phrases anglaises dont peu d’élèves comprennent réellement le sens. Son objectif du moment est de s’assurer qu’ils arrivent à élaborer des phrases avec la liste de mots qu’ils apprennent.

Yoram accompagne également les enseignants (de 16 à 18 ans). A savoir que les instituteurs au Cambodge peuvent prétendre à ce job dès lors qu’ils ont terminé le lycée. L’objectif de Yoram est de les financer pour aller à l’Université et poursuivre les études, et travailler avec eux sur la pédagogie. Pour le financement de ces instituteurs, ainsi que le matériel de l’école, Yoram s’occupe également de lever des fonds.

Une belle expérience que cette immersion dans un petit pan du système éducatif cambodgien, et la confrontation à la vie dans une communauté rurale, jouxtant cependant Siem Reap. Nous avons été forcément marqués par le peu de moyens, mais tellement heureux devant l’enthousiasme des élèves, leur volonté d’apprendre et leur envie pour certains d’échanger avec nous en anglais. Nous nous sommes installés dans une classe où Mathieu a été bombardé de questions par les garçons tandis que Mireille reprenant ces habitudes d’enseignantes questionnaient les filles, et que nous écoutions avec attention les réponses de ces petites filles avec des étoiles plein les yeux qui décrétaient que plus tard elles voulaient être professeur ou médecin. C’est tout ce qu’on leur souhaite. Merci Yoram pour ce partage !

· VISITER LE CAMBODGE AVEC UNE ENTORSE

Depuis ces 5 derniers mois que nous voyageons, nous avons une conscience accrue de l’importance de la santé. Non pas qu’on ne le savait pas, mais le fait d’être loin, de ne pas forcément avoir facilement accès à des soins, ou du moins des soins dignes de nos standards occidentaux, ça remet quelques idées en place : on reprend conscience de notre vulnérabilité et on se remet à chérir la France pour son système de santé qu’on critique au quotidien quand on est là, mais qu’on bénit quand on se retrouve avec une rage de dents au fin fond du Tibet. Bref, le voyage, ça a du bon aussi pour reprendre conscience de tout ce qu’on a de bien dans nos contrées.

Le bulletin santé est donc un incontournable de notre rituel tourdumondiste. Pour ceux qui penseraient encore que ce type de voyage se fait en toute simplicité et se déroule sans aucune anicroche, il est temps de vous dévoiler la face cachée ! Quand on se demande le matin « comment ça va ? », ce n’est pas une formule de politesse. Non, la réponse est attendue et écoutée. Du régulier « ça va, rien à signaler » (on s’en sort quand même pas trop mal dans l’ensemble), au « trop de chili hier », ou « urgence Smecta », ou encore « je sais pas, faut voir », et la gamme de « merde, j’ai pas assez bu », ou « je vais m’éclater la tête contre un mur tellement j’ai mal aux dents », nous avons déjà une palette intéressante et que l’on prend avec plus ou moins d’humour selon le niveau de confort de l’hôtel, de transport et des toilettes…

Tout ça pour dire que lorsque Mireille nous a annoncé qu’elle s’était fait une entorse de la cheville à quelques jours de son départ, nous étions carrément sceptiques et lorsqu’on a vu la couleur bleue des orteils et la démarche incertaine carrément inquiets. Mais nous pouvons désormais vous le confirmer : le Cambodge et les temples d’Angkor avec une entorse, c’est possible. Si, si. Bon, ça demande une certaine forme de caractère et d’auto-conviction, quelques aménagements pour les visites (mais en Asie tout est possible), des chambres d’hôtel avec frigo pour pouvoir mettre de la glace le soir et de bonnes chaussures et surtout un ou plusieurs bras auxquels s’accrocher pour monter ou surtout descendre les innombrables marches à taille variable (de 10 à 50cm) des sites d’Angkor. Angkor un challenge relevé !

3 réflexions sur “Tranches de vie – Cambodge

    1. C’est clair que ça change de la France pour passer les réveillons. On a adoré, mais petite nostalgie quand même de ne pas avoir de neige et aller faire de la luge le lendemain de Noël ou une ballade en raquettes!

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