Sihanoukville et la côte sud

Lorsque nous avons su que nous passerions Noël au Cambodge et en famille, il nous a semblé logique de trouver un lieu agréable, qui donne un vrai sentiment de vacances. Les îles cambodgiennes commencent à voler la vedette à leurs grandes sœurs thaïlandaises mais ne semblaient pas vraiment adaptées aux goûts familiaux. Nous avons donc opté pour la station balnéaire de Sihanoukville comme base pour rayonner vers Kep ou Kampot, mais aussi vers les îles voisines, ou les différentes plages du littoral cambodgien. Un choix validé et approuvé !

· SIHANOUKVILLE ET NOTRE PLAGE COUP DE CŒUR : OTRES

L’arrivée à Sihanoukville peut être un peu déconcertante. Cette ville n’a ni queue ni tête… Le centre ressemble à toutes ces villes provinciales d’Asie du Sud-Est, truffé de marchés, d’échoppes en tout genre, de circulation particulièrement bordélique, et donnant une impression générale d’une certaine vétusté. L’immense port, en revanche, rappelle vite que Sihanouk est devenue une plate-forme portuaire pour le Cambodge, où les porte-containers défilent, comme les ferrys en direction des îles paradisiaques à proximité.

Dès que l’on part vers l’est, on découvre une succession de plages dont la fameuse Serendipity Beach, repaire de backpackers et de touristes en tout genre, que nous avons vite désertée pour la sereine, familiale, et relaxante Otres Beach. Passer de l’une à l’autre, revient à passer de Châtelet-les Halles au parc des Buttes Chaumont, de la Part-Dieu au parc de la tête d’Or. Bref, vous avez compris l’idée. Serendipity, c’est bien pour l’agitation, les achats, et si l’on a envie de donner de l’argent à quelques victimes de mines anti-personnel, et Otres, on y va pour se détendre, profiter des restaurants de plage, hyper cosy, ambiance chic-décontracté, où l’on peut avoir des matelas face à la mer moyennant consommations, et dîner les pieds dans le sable après avoir dégusté un petit cocktail face au coucher du soleil. Et même si ça semble au bout du monde, on ne s’en lasse pas. Le dîner les pieds dans le sable étant le summum du kiff pour Charlotte…

· A LA RECHERCHE DU CRABE AU POIVRE VERT

Dans la famille « Hypervignoles », il n’était pas question de passer les 6 jours à boire des cocktails à Otres. Non pas qu’on n’aime pas les cocktails, ni les couchers de soleil, mais que visiter, c’est bien aussi. Cap sur Kampot. Pas de kampot de poivre au programme, mais le poivre de Kampot, l’un des rares produits cambodgiens à avoir obtenu une IGP (indication géographique protégée), et pour certains une AOC. Nous avons découvert sa culture à La Plantation, petite exploitation gérée par des belges et qui produit un sublime poivre bio, choyé par 100 à 250 personnes selon la période.

Nous avons beaucoup apprécié les paysages autour de Kampot, dont la ville en tant que tel ne garde que le charme suranné d’une ancienne ville coloniale, qui fut, autrefois le port majeur du Cambodge, avant le développement de Sihanoukville.

Parce qu’on a tellement aimé ce poivre de Kampot, nous nous permettons une petite digression sur le sujet. Ce poivre originaire du Kerala (décidément, l’Inde nous poursuit vraiment) a été introduit par les chinois rentrant des Indes, mais fut véritablement exploité par les Français lors du protectorat. Tout grand restaurant parisien à cette époque utilisait ce poivre, avant que les Khmers rouges ne détruisent les plantations pour y mettre des rizières.

Désormais grâce à un groupe d’éco-entrepreneurs et de gastronomes passionnés, ce poivre fait son retour en force. C’est à la fois le climat spécifique, le sol de la vallée et le savoir-faire des paysans qui donnent à ce poivre son arôme unique.

La hausse des ventes, notamment grâce aux différents labels obtenus et protégeant désormais mieux ce poivre contre son cousin du Vietnam, a eu des répercussions sur le niveau de vie des cultivateurs locaux, et notamment sur la vie des filles, dont les familles ont désormais les moyens de payer la dot. On le perçoit également dans la vallée des plantations où les maisons même modestes ont un aspect beaucoup plus pimpant que dans d’autres campagnes.

A La Plantation, nous avons dégusté le poivre noir (issu de fruits presque à maturité, séchés au soleil), le poivre rouge (issu de fruits entièrement mûrs, séchés au soleil), le poivre blanc (issu de fruits entièrement mûrs, mais débarrassés de leur écorce dans l’eau), le poivre long (une espèce différente au goût puissant), qui peut se présenter sous forme de petites graines et qu’un brillant marketeux a rebaptisé « caviar de poivre long », avec le prix qui l’accompagne. Quant au poivre vert, les plus courageux l’ont goûté, et certains en ont eu les larmes aux yeux : émus par cet arôme extraordinaire ou anesthésiés par la puissance de la baie ? Ça dépend qui… En tout cas, le poivre vert ne peut être dégusté que frais dans les quelques jours qui suivent la récolte. Nous nous devions de le goûter dans la gastronomie locale. Une bonne excuse pour partir sur Kep, autre petite station balnéaire de la côte cambodgienne, fameuse pour son marché aux crabes et ses crabes au poivre vert de Kampot…

Kep est une petite péninsule qui fait face au parc national de Bokor d’un côté, et à l’île de Phu Quoc de l’autre, l’île paradisiaque qui appartenait autrefois au Cambodge mais a été cédé au Vietnam… polémique toujours d’actualité. Kep a été fondée en 1908 pour accueillir l’élite de la société coloniale française, qui savait où venir admirer de magnifiques couchers de soleil. Elle a été saccagée par les khmers rouges, et se remet petit à petit. Pas de plages paradisiaques par ici, juste une petite plage à l’ambiance nonchalante avec ses hamacs à disposition et un front de mer truffé de restaurants sur pilotis affichant tous à leur carte le fameux crabe au poivre vert de Kampot, qui sort directement des nasses immergées face aux restaurants et au marché, où l’on peut déguster le crabe tout droit sorti de la mer… Un régal pour les papilles !

· KOH KORICO

Sihanoukville est la base de départ pour les îles paradisiaques qui l’entourent. De différentes tailles, et plus ou moins habitées, on peut les observer des différentes plages de Sihanouk. Nous aussi, nous avons eu envie d’aller les explorer. En thaï, comme en khmer apparemment, Koh signifie île. Le nom de chaque île commence donc par Koh.

Après une rapide négo sur la plage avec l’un des multiples rabatteurs, nous avons opté pour un bateau « privé » pour nous cinq. Première escale de la journée Koh Russei pour une première séance de snorkeling. Briefing rapide de nos guides pour la journée : « attention aux oursins et aux coraux ». Ça, c’est dit ! Nous retrouvons nos masques de plongée avec plaisir et découvrons de très jolis fonds, avec des poissons tout à fait habituels pour la région mais une variété de coraux qui pourrait faire pâlir d’envie quelques récifs voisins. Maïtena, la sœur de Charlotte s’étant bien acclimatée, nous savourons cette sortie aquatique et faisons durer le plaisir. De retour vers le bateau, Charlotte cherche son père pour voir s’il n’a pas été saisi d’un terrible mal de mer malgré les précautions prises (Cocculine et bracelets anti mal de mer). Un peu inquiète de ne pas le voir sur le bateau, elle finit par le trouver au milieu de l’eau (ce qui est déjà en soi relativement surprenant), mais surtout muni d’un masque et d’un tuba. Et là, elle a eu beau chercher dans de lointains souvenirs, il semblerait bien que ce soit une première ! Comme quoi au Cambodge, tout est possible !

Après cette escale dans l’eau, une nouvelle escale sur l’eau pour une partie de pêche. Il s’agirait de ne pas mourir de faim et de pêcher son déjeuner. Autant dire que les filles Vignoles ont encore quelques progrès à faire sur le sujet, apparemment plus adaptées à la contemplation des fonds sous-marins qu’au lancer d’hameçons, mais heureusement Danielle, Christian et Mathieu ont fièrement attrapé notre future pitance. C’est sûr Ko Ta Kiev, après un bain dans une eau à 31°C, que nous avons dégusté nos poissons sur le grill. Un pique-nique qui change du club sandwich sur l’aire de Florensac.

Dernière escale du jour à Koh Tres pour une nouvelle séance snorkeling, avant le retour sur la plage et un dernier bain à Otres Beach. Quand la température de l’eau avoisine celle d’un bain, c’est étonnant de voir le temps qu’on y passe… Et puis, on n’allait quand même pas partir sans regarder le soleil se coucher…Et maintenant qu’il est couché, on pourrait peut-être dîner sur place. On va au Tamu ? Oh ben oui, ne changeons pas une équipe qui gagne, et puis ils ont du thon frais ce soir. Et voilà comment on prend des habitudes !

2 réflexions sur “Sihanoukville et la côte sud

  1. Et voilà, je vais continuer sur les saveurs, jamais je n’aurais imaginé utiliser du poivre rouge sur des fraises, jamais je n’avais envisagé du poivre à quatre couleurs, vert, noir rouge et blanc dans un ordre de séchage croissant. Kampot l’a fait, Kampot m’a permis de démythifier, non pas le monde « but only the pepper ».
    Éduqué au poivre pour qui on paie son écot à la sortie, ma culture m’a toujours fait le broyer dans des moulins de toutes énergies et de toutes dimensions…Dés lors manger des dizaines de grains de poivre vert avec ce délicieux crabe de Kep au poivre de Kampot ne pouvait entrer dans les choses possibles mon référentiel interne raisonnant en termes de conséquences.
    Pourtant le palais a fait taire mon cerveau et le résultat fut un régal de saveurs nouvelles sans me faire de mauvais sang. Et vlan une nouvelle claque aux mauvaises idées, celles qui nous empêchent de découvrir, de voir du neuf sous le fallacieux prétexte des expériences personnelles ou cumulées avec celles issues de ceux qui savent tout en n’ayant jamais rien fait.

    Pour les KOHs autour de Sihanoukville, jamais vous ne pourrez les apprécier autant que moi, quand rien ne tourne, quand l’estomac est bien, que l’air est agréable et que la recherche d’équilibre n’est plus un souci, voilà bien une « vie autrement » sur l’étendue maritime. 2016 fut bien l’année de l’eau retrouvée, certes ma jouvence au masque de plongée est très visible mais ma marge de progression en plongée est bien plus forte que celle des affectueux rieurs pour des traces de sangles de masques traduisant sans équivoque mon amateurisme assumé.

    Allez vite dans le Golfe de Thaïlande au Cambodge, dans 10 ans les parasols de Cannes auront chassé du sable blanc d’OTRES les orteils alanguis de Charlotte…

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