Sud Laos, de Vientiane aux 4000 îles

 

En repartant de Vang Vieng pour aller vers le centre du Laos, nous avons à nouveau fait étape à Vientiane pour couper un peu la route, c’est donc, le lendemain en fin d’après-midi que nous sommes arrivés à Kong Lo pour passer la nuit et visiter les grottes au petit matin. Ce trajet nous a aussi permis de rencontrer 2 autres routards (Mariève, canadienne et Arnaud, avignonnais mais canadien d’adoption) avec qui nous avons partagé quelques jours, notre programme coïncidant à merveille.

· GROTTE DE KONG LO

L’intérêt de cette grotte est vanté dans plusieurs guides et elle vaut vraiment le détour, même si cela se mérite pour y arriver (peu de transports se rendent à cette grotte et elle est éloignée de plus de 200km de la route menant vers le Sud). Pour vous mettre un peu plus l’eau à la bouche, il s’agit d’une grotte traversant une montagne de part en part (creusée par le lit d’une rivière) sur un peu plus de 7,5Km. C’est long, très long, mais qui a été assez fou pour s’aventurer là-dedans ? On comprend à nouveau que les Américains ne pouvaient pas faire face à toutes ces cachettes inimaginables…

La visite se déroule à bord d’une longue pirogue à moteur, des lampes frontales puissantes sont fournies pour pouvoir observer l’intérieur. Le canal de la grotte mesure entre 30 et 100m de large avec des hauteurs variables, mais à de nombreuses reprises, la voute de la grotte dépasse les 100m de haut, véritable cathédrale naturelle creusée depuis des milliers d’années. La partie centrale de ce « canal souterrain » est aménagée pour un parcours piéton d’une quinzaine de minutes afin de découvrir de plus près, des stalactites et stalagmites, le tout, rythmé par des jeux de lumières colorées. On reprend place ensuite dans la pirogue, pour traverser quelques petits rapides avant de ressortir de l’autre côté de la montagne jusqu’à un petit marché local à proximité d’un village ethnique avant de refaire intégralement le parcours dans l’autre sens. La rivière souterraine suit un parcours sinueux et l’on peut régulièrement apercevoir les traces des crues de mousson. Amis claustrophobes, abstenez-vous ! Pour les autres, c’est une expérience fantastique et j’imagine unique ! En plus, vous pourrez profiter d’un petit bain à la fin du tour avec les truites locales dans une eau cristalline.

· PAKSE ET LE VAT PHU CHAMPASAK

Comme on le disait, Kong Lo se mérite. Il faut rejoindre Tha Kek, puis de Tha Kek partir sur Pakse. Pour tout savoir de ce périple, nous vous proposons de lire l’article « Tranches de Vie » puisque ces deux trajets sont rentrés dans notre palmarès du trajet pourri.

Très contents d’être finalement arrivés à Pakse, nous avions besoin d’une bonne nuit de sommeil, avant de clarifier le programme des jours suivants. Nous avons trouvé une pension sans coq à proximité et à un prix très raisonnable, vendu !

Le lendemain, nous avons opté pour une journée autour de Pakse, avant d’entreprendre le périple sur le proche plateau des Boloven. Scooters loués, direction Champasak en longeant le Mékong, avec comme destination finale le fameux Vat Phu.

En chemin une petite rencontre comme nous les aimons. Mathieu ayant repéré un joli site au bord du Mékong, nous prenons un petit chemin pour aller prendre quelques photos, suivis par nos collègues canadiens, toujours dans les bons plans. Nous découvrons un magnifique lieu où un Irlandais, marié à une laotienne, s’est établi. Sean parle couramment français et nous explique qu’il est designer et bricoleur. Il nous fait visiter sa maison avec un atelier ultra-équipé au rez-de-chaussée, mais surtout son projet : une pension ultra bien pensée entre Mékong et collines, pelouse à faire rougir nos amis British et arbres plusieurs fois centenaires. Comme beaucoup d’artiste, Sean n’est pas un commercial et nous avons pris plaisir à le conseiller sur la manière et sur quels sites internet proposer ses différentes prestations : des deux dortoirs non mixtes, l’un donnant sur la future piscine et l’autre sur les arbres centenaires en passant par 6 chambres individuelles avec salles de bains communes et même un projet d’une vingtaine de bungalows indépendants, le tout avec beaucoup de goût, de luminosité et 100% home made, cela nous a rappelé non sans une certaine émotion le « Lieu dit Armagnac », domaine réalisé par Don Grant et Lotta où nous nous sommes mariés.

L’arrêt suivant était le Vat Phu Champasak, petite mise en bouche avant les temples d’Angkor. Cet ancien sanctuaire khmer est un des joyaux du Laos. Il a été érigé sur les contreforts du Phu Pasak (ou familièrement mont Pénis, une ode à la masculinité !), et est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Il semble que la montagne soit considérée comme sacrée depuis des siècles, abritant l’esprit de la montagne, et que ce site soit un lieu de pèlerinage depuis le Vème siècle. Nous avons été surpris de trouver sur les linteaux des sculptures hindouistes. L’Inde nous poursuivrait-elle ? Et cela nous a rappelé que l’hindouisme et le bouddhisme se sont succédés au Laos. On a donc retrouvé tous nos petits amis : un magnifique dvarapala (sentinelle) qui montait la garde, Shiva, Vishnou, le taureau Nandi, yoni et lingam, bref si besoin vous trouverez diverses informations dans l’article Quelques mots sur l’hindouisme. En tout cas, nous y avons trouvé la représentation de la fameuse trinité hindouiste. A croire qu’il fallait venir au Laos pour en voir une représentation…

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Trinité Vishnu, Shiva et Brahma

 

Le site est tout simplement majestueux, même s’il n’en reste qu’une petite partie par rapport à ce qu’a dû être ce centre économique, politique et religieux. L’ascension successive des différentes terrasses dévoilent une vue de plus en plus belle sur la vallée du Mékong en contrebas. Et l’odeur des fleurs de frangipaniers qui bordent les escaliers est tout simplement enivrante. Une belle découverte !

Notre halte finale pour ce petit périple a été le marché de Pakse. Même si nous sommes arrivés en fin de journée, nous avons pu parcourir les étals du marché alimentaire, qui en met toujours plein les yeux, et les narines… Grenouilles, anguilles, insectes, rien ne fait peur aux laotiens. Tout ce qui vit peut se manger. Preuve en images !

· PLATEAU DES BOLOVEN

Il paraît évident pour les gens qui connaissent le Laos de faire un tour sur le plateau des Boloven pour y découvrir ses innombrables atouts : somptueuses cascades, minorités ethniques et des paysages de champs de manioc et de plantations de caféiers. C’est accompagné de nos compères canadiens que nous avons loué des motos et décidé de faire la petite boucle de 2 jours, laissant nos backpacks (gros sacs) dans notre auberge à Pakse.

Quel plaisir de découvrir à son propre rythme les villages bordant la route, les nombreux chemins menant aux cascades, parfois quand cela le permet, de s’y baigner pour s’y rafraîchir. Mention particulière pour Tad Soung où nous nous sommes trouvés tels des Robinson, seuls au milieu de la nature à profiter des bassins naturels en amont des chutes. Après une journée très chaude et poussiéreuse, c’était vraiment parfait. Et pas un seul poisson-globe à l’horizon ! Ouf ! Non, vous ne rêvez pas, il y a bien sur le plateau des Boloven des poissons-parasites qui peuvent s’installer dans le pénis de ces messieurs, mais heureusement notre loueur de moto nous avait bien précisé où se baigner et où ne pas se baigner ! Merci Mr Yves !

 Nous avons ensuite opté pour l’option « nuit chez l’habitant », au sein d’une ethnie, une expérience hors norme, que vous pourrez retrouver dans l’article A la découverte d’une minorité ethnique.

Un grand merci enfin à nos amis canadiens pour ces super moments partagés, même si le jambon et le magret de canard n’étaient pas au rendez-vous. A quoi reconnait-on des français en voyage ? Ce sont les seuls à parler « cuisine », tout en dégustant leur repas.

· SI PHA DON ou LES 4000 ILES

Point final de notre descente vers le sud du Laos : les 4000 îles. A cet endroit, le Mékong atteint pendant la saison des pluies sa plus grande largeur (14km) sur son parcours de 4350km du Tibet au Vietnam. Durant la saison sèche, c’est-à-dire lors de notre passage, le fleuve se rétrécit, faisant apparaître des centaines, voire des milliers d’îles ou d’îlots. Si certaines îles apparaissent plus ou moins au gré des saisons, d’autres abritent en permanence une population vivant essentiellement de la pêche et pour certains du tourisme.

Nous avons sélectionné Don Det comme point d’attache, et à refaire nous choisirions sûrement Don Khon. Pour nos caractères « légèrement » hyperactifs, il faut comprendre que Don Det est vraiment une toute petite île, dont le tour absolument charmant au demeurant, se fait en moins de 2h à pied. A partir de là, les activités se résument à : la farniente (donc parfait pour qui a envie de se poser, et de se reposer), quelques festivités mais encore limitées pour le moment, quelques activités aquatiques sur le Mékong, et la découverte de l’île jumelle Don Khon mais dont le péage pour y aller s’élève à 35 000 kips par personne (ce que nous avons trouvé prohibitif comparé au coût de la vie au Laos).

Nous avons donc profité de notre présence pour découvrir cet écosystème incroyable au beau milieu du Mékong. C’est en kayak que nous avons sillonné cet immense fleuve et que nous avons longé les nombreux îlots : baignade, promenade, observation de quelques chutes d’eau dont l’une faisant partie des plus larges au monde (Khone Phaphang). Nous avons également pu savourer la douche laotienne (gentil euphémisme pour annoncer une averse), et malheureusement nous avons raté les dauphins d’eau douce dont on peut observer une petite colonie dans les environs… Bref, une halte sympathique où nous avons apprécié les hamacs, les pensions particulièrement peu chères (40 000 kips la chambre double, un record au Laos), la nourriture délicieuse, les jus de fruits frais devant les magnifiques couchers de soleil sur le Mékong (malgré le temps un peu perturbé), et les paysages sublimes découverts à la rame. Deux jours parfaits pour clôturer notre aventure laotienne.

6 réflexions sur “Sud Laos, de Vientiane aux 4000 îles

  1. Emeline P

    Superbes photos, ca donne vraiment envie. Certaines photos ressemblent à des toiles on pourrait s y méprendre. Les cascades sont vraiment magnifiques. Avez vous goûté des insectes ?

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  2. Comment? Pas une seule photo de poisson globe, mais à queue, à queue dirait Johnny!!
    Dépaysant, intéressant, le Laos transpire au travers de votre texte beaucoup de réserves peut être , pudiquement non exprimées.
    En ayant parcouru avec vous le Cambodge, j’y vois de colossales différences pour deux pays limitrophes au passé peuplé de mêmes envahisseurs et catastrophes…Le Mékong plus intime au Laos qu’au Cambodge est sans doute pour beaucoup dans ces différences par la circulation et la pénétration qu’il a forcément induites et le Laos en a surement retenu surtout les mauvais côtés pour ses habitants.
    Grosses bises.

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  3. Simon

    Top!
    Je me rappelle pas du nombre de kip (poulet en flammand), mais mon dos se rappelle très bien de cette charmante cahute sur le bord Mékong à 1.5usd! Bercés par les hors-bords, mais tellement paisible et hors du temps! Dolphins? Enjoy

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