Mythes laotiens

· MYTHE DES ORIGINES

Le Nithan Khun Borom, un ancien texte lao, raconte le mythe de la création des peuples lao, leurs relations et la fondation du premier royaume lao près de Luang Prabang.

Selon le récit, des sons émanaient de deux courges géantes qui poussaient à Meuang Thaeng (l’actuelle Dien Bien Phu au Vietnam). Les khun, des chefs divins, percèrent l’une d’elles à l’aide d’un tison brûlant et, du trou carbonisé, s’échappèrent les Lao Thoeng (Lao des hautes terres) à la peau sombre. Les khun trouèrent alors l’autre courge à l’aide d’un couteau et virent émerger les Thaï-Lao (ou Lao Loum, Lao des plaines) à la peau claire. Les dieux dépêchèrent alors khun Borom pour régner sur les Lao Loum et les Lao Thoeng. Il eut sept fils, qu’il envoya fonder des royaumes dans les régions où vivaient des Thaïs (les hauts plateaux thaïs du Vietnam, le Xishuangbanna dans le sud de la Chine, l’Etat chan en Birmanie, la Thaïlande et le Laos). Alors que son plus jeune fils fondait le royaume de Xieng khuang dans la plaine des jarres, l’aîné, khun Lo, descendit la Nam Ou, ravit la principauté de Meuang Sua à son souverain lao thoeng et l’appela Xiang Dong Xiang Thong, qui devint plus tard Luang Prabang.

Si cela semble complexe, cela montre justement la mosaïque que représente le Laos, et les évolutions que ce territoire a connu avant de devenir le pays avec les frontières que l’on connaît aujourd’hui.

Le Laos, apparut pour la première fois dans la région du sud-est asiatique sous le nom de Lan Xang, ou « royaume du million d’éléphants », au XIVème siècle. En dépit de quelques périodes d’indépendance, il fut souvent assujetti à des voisins plus puissants, en particulier le Siam (Thaïlande) et le Vietnam, ce qui confère une forte influence culturelle thaï, vietnamienne, mais aussi khmer (plutôt d’un point de vue historique avec leur présence forte au Laos), mais aussi plus récemment française, sans compter les nombreuses minorités ethniques qui ont-elles-même une culture propre.

On avait tout de même envie de faire une parenthèse sur Fa Ngum et Visoun, artisans d’un royaume unifié et du développement du bouddhisme au Laos.

Au XIIIème sièce, le grand roi khmer (cambodgien) Jayavarman VII qui avait restauré le pouvoir khmer et édifié la cité d’Angkor Thom, conquit l’actuelle partie sud et centrale du Laos. Mais de l’autre côté, c’était plutôt les Thaïs-Siam de Sukhotai qui avait la main mise, et qui mettaient la pression aux Khmers. Ces derniers avaient besoin d’un allié. Ils trouvèrent un jeune prince lao, Fa Ngum, lui offrirent gentiment une armée et une princesse et l’envoyèrent au Nord ravir le moyen Mékong à Sukhotai. Opération réussie ! Des trois cités-états, il ne manquait plus que Viang Chan (Vientiane), qu’il finit par conquérir. Fa Ngum nomma alors son empire en plein essor « Lan Xang Hom Khao », ou « un million d’éléphants et le parasol blanc ».

Il établit sa capitale à Xiang Dong Xiang Thong, qui devint plus tard Luang Prabang. Alors que lui-même pratiquait encore le culte des esprits, il introduisit, pour faire plaisir à son épouse khmer, le bouddhisme theraveda khmer. Et c’est ainsi que moines et artisans bouddhistes arrivèrent du Cambodge, escortant notamment le Pha Bang, statue vénérée de bouddha, qui fut stoppée à Vientiane, mystérieusement.

C’est Visoun, l’un des plus grands souverains du Laos, qui réussit à transférer le Pha Bang à Luang Prabang, en fit la figure protectrice du royaume, et fit construire, pour l’abriter, un temple somptueux, le Vat Visunarat, que nous avons eu le bonheur de visiter. Quant au Pha Bang, il est désormais abrité au Musée du Palais Royal et il est absolument interdit de le prendre en photo.

· LES FILS DU BAASII

La cérémonie du baasii est un rituel laotien durant lequel des esprits protecteurs sont attachés à l’invité d’honneur par des fils de coton blanc ou orange noués aux poignets. Les Laotiens appellent cette cérémonie l’appel de l’âme, et pourrait faire penser à certains rituels chamaniques.

Chaque être est censé posséder 32 esprits (khwan), chacun étant le gardien d’un organe ou d’une faculté mentale et physique. Il arrive aux khwan de partir en promenade, ce qui pose problème si le propriétaire des khwan doit entreprendre un projet, un voyage ou s’il tombe malade. Il faut alors pratiquer le baasii pour s’assurer que tous les khwan sont présents et rétablir l’équilibre.

Les participants s’assoient autour d’un pha khwan, une composition cônique de feuilles de bananiers, de fleurs et de fruits, d’où pendent les fils de coton. Un ancien du village, le maw phon, appelle les khwan errants au cours d’un long mantra bouddhique pendant lequel il s’incline, de même que les invités d’honneur ou la personne intéressée, pour toucher le pha khwan. Quand la psalmodie s’achève, les villageois décrochent les fils et les nouent aux poignets des invités selon un rituel bien rôdé : le fil est agité trois fois au-dessus de la main, puis trois fois vers l’extérieur en disant « dehors le mauvais », et vers l’intérieur en répétant trois fois également « dedans le bon ». En nouant ensuite le fil, les villageois souhaitent un bon voyage, une bonne santé, une belle épouse, de nombreux enfants… selon la raison de la pratique.

Après la cérémonie, tout le monde partage un repas, et les fils doivent absolument être gardés trois jours, puis être dénoués, et surtout pas coupés.

2 réflexions sur “Mythes laotiens

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s