Nord Laos, de Vientiane à Luang Prabang

Après un vol Cochin – Bangkok de nuit, puis une halte un peu allongée à Bangkok qui nous a valu quelques heures de retard, nous avons « enfin » atterri au Laos. Un peu dans le brouillard après une nuit largement écourtée (3 heures cumulées), nous voilà dans le hall d’arrivée.

Mais que se passe-t-il ? Personne ne se jette sur nous, nous pouvons retirer tranquillement de l’argent, pas de queues devant les distributeurs, les distributeurs ne sont pas en rupture d’argent, des familles attendent tranquillement l’arrivée de « leur » passager, nous pouvons sereinement nous renseigner pour un taxi sans être assailli de toute part, un vrai taxi nous emmène, si, si, une voiture avec des fenêtres et de la clim, et un conducteur vraiment prudent, qui conduit sans klaxonner et qui respecte la signalisation, nous n’entendons pas de bruit de klaxon et il n’y a pas de vaches au milieu de la route. Mais où sommes-nous arrivés ? C’est clair : ni l’Inde, ni le Népal, ni la Chine, ni la Mongolie. Ô joie, ô bonheur, nous sommes au Laos !

· VIENTIANE ET SA DOUCEUR DE VIVRE

Beaucoup se sont étonnés de notre escale « relativement » longue à Vientiane alors que de nombreux voyageurs passent leur tour, mais nous avions une bonne raison. Jean-Baptiste, le frère de notre amie Céline, vit là-bas et nous avions bien l’intention d’avoir un peu de temps pour le rencontrer et bénéficier de ses conseils et de sa connaissance du Laos « de l’intérieur ». JB, cet article t’est dédié ! Merci pour tes conseils, ta gentillesse, ta bonne humeur, ton sens de l’accueil, tes éclairages culturels et pour nos fous rires autour de Beer Lao, de larp, de riz gluant et de nam khao quand tu nous racontais l’une de ces nombreuses anecdotes comme les policiers lao qui éteignent les feux pour former leurs stagiaires en n’hésitant pas à semer un immense désordre sur la route que tu empruntes pour aller travailler.

Alors forcément nous avons une tendresse particulière pour Vientiane car nous y avons vécu ces doux moments avec JB. Parce qu’après 4 mois de voyage dont les dernières semaines en Inde, nous avons sincèrement apprécié de trouver un visage familier, d’avoir des échanges enrichissants et de prendre le temps de vivre dans cette ville tranquille, posée sur le Mékong, face à la Thaïlande. Un moment de répit qui donne un sentiment de « chez soi » très agréable.

De fait, nous ne pouvons que conseiller de consacrer un temps restreint mais un temps quand même à Vientiane, pour sa douceur de vivre, son quartier vivant près du Mékong qui regorge de temples, pour savourer quelques délicieux plats laotiens dans les nombreux restaurants très agréables qui jalonnent la ville et pour se donner un peu de temps pour s’imprégner de l’air de cette capitale qui compte moins de 300 000 habitants. Nous nous sommes régalés à parcourir la ville en vélo pour découvrir les différents temples ; le Vat Si Saket et le Haw Pha Kaeo qui nous ont replongé dans le bouddhisme avec des statues au style bien différents de leurs homologues tibétains ; le Vat Si Muang autre temple bouddhiste très fréquenté, qui contient  le pilier de la ville, considéré comme le siège de l’esprit protecteur de la ville ; le Pha Tat Luang, monument national le plus important du Laos qui symbolise à la fois la souveraineté laotienne et la religion bouddhique et dont le nom signifie « stupa sacré et mondialement précieux » ; le palais présidentiel ; remonter les Champs-Elysées laotiens (avenue des 100 000 éléphants) jusqu’à l’arc de triomphe (le Patuxai, construit avec le ciment américain initialement prévu pour la construction d’un nouvel aéroport et qui lui vaut le surnom de « piste verticale ») ; suivre les bords du Mékong ; se perdre dans le dédale des petites rues du centre ; faire un arrêt au marché de jour le Talat Sao ; avant de faire une halte au Champa Spa (encore un excellent conseil de Mr JB) pour se délasser grâce à un vigoureux et professionnel massage lao.

We love Vientiane ! Merci JB !

· LUANG PRABANG ET SON AUTHENTICITE

Malgré les inquiétudes de notre coach pour le Laos (nous avons nommé JB bien sûr), nous nous sommes tout de même décidés pour un trajet en bus vers Luang Prabang, moins onéreux, et nous donnant également l’occasion de découvrir les paysages de jour. Et nous avons plutôt eu une très bonne surprise à la découverte du bus : bus « VIP », avec places semi-couchées, trois rangées dans le bus avec places en haut et en bas, et position jambes étendues, avec possibilité de se coucher quasiment à 180°. Autant dire que toutes les conditions étaient réunies pour une bonne sieste. Route sans encombre, hormis quelques laotiens malades, mais le baume du tigre est magique pour masquer toute odeur désobligeante, et finalement ces 12h de trajet sont passées toutes seules entre lecture, contemplation du magnifique paysage, et bien sûr sieste.

Nous avons adoré nos 4 journées passées à Luang Prabang. D’abord parce que nous étions très contents de retrouver Mark, autre tourdumondiste rencontré au Tibet, et avec qui nous nous étions donnés rendez-vous à Luang. Mais aussi parce que Luang est un havre de paix, de relaxation, de contemplation, de charme et d’authenticité, tout cela au milieu d’une nature splendide. C’est d’ailleurs une destination qui fait toujours consensus parmi les voyageurs et qui est classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

On en avait tellement entendu parlé qu’on avait peur d’être déçus.  Mais autant dire que notre séjour nous a paru trop court et que nous aurions bien prolongé un peu pour nous laisser aller à un peu d’indolence, surtout que notre hôtel était sûrement l’un des meilleurs depuis plusieurs semaines (baignoire, peignoir, couette, pancake à la banane tous les matins sur une petite terrasse en teck surplombant un petit bassin rempli de nénuphars, et jus frais de mangue pour nous accueillir). Mais on ne se refait pas, et nous avions d’autres découvertes laotiennes au programme.

Après une 1ère soirée de retrouvailles avec Mark et la rencontre de sa compagne de voyage Bianca, entre Beerlao et repas copieux au marché de nuit, nous nous sommes retrouvés dès le lendemain pour un périple aux chutes de Kuang Si, où nous avons barboté dans les magnifiques bassins d’eau turquoise, et où nous avons pu admirer les ours d’Asie. Le retour du scooter et de la liberté de découvrir la nature environnante et de traverser quelques petits villages de minorités ethniques dont regorgent le Laos. Cette journée était censée se clôturer par la contemplation du coucher du soleil en haut du Phu Si (une colline en plein milieu de Luang qui abrite bien sûr un petit temple bouddhique) et là, nous avons eu la joie et l’effroi de retrouver nos amis chinois, mais aussi de nouveaux amis coréens et laotiens, et quelques falang (occidentaux) perdus au milieu, bref une cohorte de touristes avec appareils photo, trépieds, et perches à selfie qui donnaient lieu à une ambiance digne de la fête de la musique, plutôt qu’à un moment romantique face à l’astre déclinant… Mais nous aussi, nous avons eu notre photo !

Le charme de Luang Prabang réside bien sûr dans les charmantes villas françaises et laotiennes qui ont été transformées en ravissants hôtels, restaurants et autres boutiques et lui confère un air pittoresque, mais aussi grâce aux nombreux temples qui jalonnent la ville et que l’on prend plaisir à découvrir au gré d’une promenade dans les ruelles. Une ambiance spirituelle s’en dégage, et nous avons pris beaucoup de plaisir à faire notre méditation « à peu près journalière » dans l’un de ses temples où l’on peut s’assoir et profiter de l’esprit des lieux pour rentrer plus facilement dans la méditation. C’est sûr qu’entre un temple bouddhiste et une chambre miteuse de pension, la capacité à méditer est pour nous un peu différente…

Outre le charme de la ville, et de sa gastronomie, nous avons aussi profité de la campagne, des bords du Mékong et après une rapide visite des grottes de Pak Ou, un site sacré empli d’innombrables effigies du Bouddha, nous avons passé 2 heures avec des éléphants. Après les chevaux et les chameaux en Mongolie, voici les éléphants au Laos. Plutôt réticents à ce genre d’activité touristique en général, nous avons trouvé un lieu où les éléphants étaient très bien traités et peu nombreux, et où les balades ne se font pas dans des « sièges » installés sur le dos de l’éléphant, mais tout simplement « à cru », logé dans le cou de l’éléphant, avec nos jambes derrière ses oreilles ! On ne s’y attendait pas, mais il faut quand même un sacré équilibre, et quand l’éléphant accélère, c’est vraiment impressionnant. Bien sûr notre affection pour les éléphants et pour l’eau nous avait poussés à prendre une activité avec « bain ». C’est donc euphorique que nous sommes partis en direction du Mékong, avec l’éléphante supposée être la professionnelle du groupe dans sa capacité à asperger. Là encore, nous n’avons pas été déçus. Moments de complicité, de rires, et de rodéo sur notre éléphante, se terminant systématiquement par une chute dans l’eau, les éléphants ayant été dressés pour se secouer et faire tomber les touristes, avant de les laisser regrimper et de recommencer. Nous, on a adoré !

C’est sûr cette magnifique expérience éléphantesque et un succulent dîner au bord du Mékong que nous avons clôturé notre parenthèse enchantée à Luang Prabang. Cap sur Vang Vieng !

· VANG VIENG ET SES ROCHERS KARSTIQUES EPOUSTOUFLANTS

Après l’extraordinaire bus VIP, nous avons testé le minivan. Question confort, on survalide (peu nombreux, climatisation, rapidité) ! Et une fois que Mathieu a eu expliqué au conducteur qu’on était d’accord pour faire des arrêts plutôt que le voir pendant tout le trajet répondre à des appels, écrire des messages, et noter dans son agenda différents rendez-vous, le trajet est devenu très serein et s’est vraiment passé parfaitement, et dans le timing prévu, soit 4 heures. Jusque-là un sans-faute sur les transports au Laos.

Vang Vieng est une petite bourgade dont le charme réside essentiellement dans la vue sur la rivière Nam Song, et les falaises karstiques. Grâce à ce patrimoine exceptionnel, ainsi que les nombreuses grottes qui creusent les falaises, Vang Vieng est devenue la première destination du pays pour les amateurs d’aventure : kayak, rafting, spéléologie, VTT, escalade et tubing, activité que nous avons découverte à Vang Vieng et qui consiste à se promener ou plutôt se « vautrer » sur une grosse bouée.

Il faut savoir que Vang Vieng avait jusque récemment une réputation sulfureuse pour les nombreux bars qui organisaient des rave-parties au bord de la rivière. Vang Vieng était devenue une étape de la route de la bringue, où se côtoyaient musique, alcool et autres substances illicites, et dont le bilan malheureux en 2011 étaient plus de 20 jeunes touristes décédés (crises cardiaques, noyades, ou traumatismes crâniens après une descente « de la mort » sur une tyrolienne artisanale). Le gouvernement ayant mis de l’ordre en 2012, les activités de plein air sont redevenues le 1er attrait de Vang Vieng. Pour notre plus grand bonheur ! Malgré quelques bars décrépits le long de la rivière, il n’y a plus vraiment de trace de ce passé de débauche.

La ville, qui n’a pas de charme en soi, est constituée de pensions diverses et variées, de restaurants plus ou moins chers, de boutiques de matériel pour les différentes activités de plein air, de salons de massage proposant tous les mêmes prestations, et d’une multitude d’agences proposant toutes les mêmes activités de plein air. Vous l’aurez compris : originalité et différenciation ne font pas partie des valeurs locales.

Autant dire qu’il était facile de trouver, au meilleur prix, l’excursion que nous souhaitions faire. Nous avons donc découvert le fameux « tubing », sorte de ballade sur l’eau, vautré sur une bouée géante (chambre à air de camion) pour visiter une petite rivière souterraine, munis de lampes frontales. L’expérience était vraiment géniale, nous nous sommes enfoncés dans la montagne sur plusieurs centaines de mètres, tantôt à se diriger à la force des bras via des cordes prévues à cet effet, tantôt en ramant à la main, tout cela accompagné d’une cohorte de coréens particulièrement marrants.

Une fois le pique-nique englouti, nous avons descendu un bras de rivière (Nam Song) sur une dizaine de kilomètres en kayak dans un décor de falaises karstiques au rythme tranquille de la rivière (et en pagayant un peu quand même ;). La descente de la rivière nous a aussi laissé apercevoir les vestiges de tyroliennes traversant la rivière de part et d’autre depuis des bars où semblent-t-ils alcool et substances illicites se consommaient à foison il y a de cela quelques années seulement et ayant malheureusement causé de trop nombreux accidents. Cadre idyllique, jeux acrobatiques et non maîtrise de soi est un cocktail détonnant et on imaginait facilement la musique assourdissante jaillir des 2 berges pour satisfaire des touristes en quête de sensations fortes et de lâcher prise… No comment.

Enfin, pour finir la journée, nous nous sommes rendus dans une sorte de parc aquatique 100% naturel, où les installations permettent de sauter/plonger depuis les arbres, de se balancer dans l’eau via des sortes de trapèzes et où nous avons pris beaucoup de plaisir à tester les attractions mais surtout à regarder les coréens (pour la plupart ne sachant pas nager) se motiver les uns les autres à coup d’acclamations et sauter du haut des arbres avec leur gilets de sauvetage à la recherche de sensations fortes. Il faut oser, quand on ne sait même pas nager !

Le lendemain, nous avons décidé de continuer l’exploration de cette superbe région, mais cette fois-ci en scooter afin de nous éloigner autant que possible des chemins les plus touristiques et découvrir la nature profonde du Laos. C’est donc à travers des pistes que nous avons pu nous enfoncer au milieu des rizières, parfois même dans une nature « junglisante » sous les regards curieux et étonnés des paysans laotiens, boucle d’une trentaine de kilomètres avec quelques baignades dans des bassins naturels aux eaux cristallines pour se rafraîchir de la chaleur et du soleil de plomb, bien que nous soyons en période hivernale pour le Laos ! Superbe expérience !

6 réflexions sur “Nord Laos, de Vientiane à Luang Prabang

  1. Je rentre de 3 mois en Asie du Sud est dont le Laos et j’ai adoré mon voyage avec une mention particulière pour ce pays ou j’ai ressenti le même genre de sentiments que les vôtres. Sérénité et plaisir de la vie…

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  2. Emeline P

    Les photos sont magnifiques et donnent envie: les monuments et statues, les jolies cascades …
    Ca doit être impressionnant de se balader à dos d éléphant, les jambes calées dernière ses oreilles 😉
    Ce premier article m’a mis l eau à la bouche pour découvrir la suite !

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  3. Jean-Michel

    Encore de magnifiques photos de grande qualité. Et après l’immersion pluriculturelle, voici venu le temps de l’immersion pachydermique…. Une vague rafraichissante qui trompe énormément….Merci encore pour votre partage.

    Aimé par 1 personne

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