Quelques mots sur l’hindouisme

Encore une fois, l’objet n’est pas d’écrire un article d’ « hindouisme pour les nuls », mais plutôt d’essayer de vous faire partager ce que nous en avons compris, ce qui est un sacré défi, tant le nombre de divinité peut faire peur.

Pour commencer, l’hindouisme, comme le bouddhisme, postule que nous passons par une série de renaissances pour atteindre le moksha ou délivrance qui met fin à ce cycle. Il y a de nombreux traits communs avec le bouddhisme et certaines divinités sont d’ailleurs vénérées dans les deux courants, mais sous des noms différents, comme Macchendranath, protecteur de la vallée de Kathmandu, qui règne sur la pluie et la mousson pour les hindouistes et incarnation d’Avalokiteshvara pour les bouddhistes, bodhisattva de la compassion.

Il n’y a pas vraiment de père fondateur de l’hindouisme mais ce courant philosophique et religieux date de plus de 3500 ans. Les hindoux croient au Brahman (à ne pas confondre avec Brahma), principe invisible, éternel, incréé et infini. Tout ce qui existe émane de lui et revient à lui.

Pour s’y retrouver dans le panthéon hindou, il faut connaître quelques divinités phares, et intégrer le concept de trinité (mais pas la trinité chrétienne). Le « dieu » ou principe suprême omniprésent du Brahman se présente en effet sous trois formes : Brahma, le créateur ; Vishnu, le préservateur ; Shiva, à la fois destructeur et régénérateur. Au Népal, la trinité mise en avant est composée de Vishnu, Shiva et de la grande déesse qui symbolise l’énergie des dieux (Devi ou Shakti). En fait, toutes les divinités hindoues sont considérées comme des manifestations du Brahman.

On trouve également d’anciennes divinités védiques liées aux forces élémentaires : Indra, dieu du tonnerre, de la pluie et de la guerre ; Suriya, du soleil ; Chandra, de la lune ; Agni, du feu.

Chaque divinité à elle-même de nombreuses représentations possibles, bienveillantes ou terrifiantes, et sont souvent représentés avec de nombreux visages, bras, et jambes, pour symboliser leurs multiples facettes, et également leurs très nombreux pouvoirs ou symboles.

·       BRAHMA

Il ne joue un rôle actif qua dans la création de l’univers. Le reste du temps, il médite. Il a pour épouse Sarasvati, déesse de la Connaissance, et pour monture un cygne. Il est parfois représenté sur un lotus, émergeant du nombril de Vishnu pour symboliser l’interdépendance des dieux.

·      VISHNU

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Il est le conservateur ou le protecteur, celui qui « fait le bien ». Il protège et préserve tout ce qui est bon dans l’univers. Il est habituellement représenté avec 4 bras tenant un lotus, une conque marine (symbole des vibrations cosmiques, sources de vie), un disque et une massue. Son épouse est Lakshmi, la déesse de la Prospérité, et sa monture Garuda, créature mi-homme, mi-oiseau. Le Gange coulerait des pieds de Vishnu.

 

·      SHIVA

Il est le destructeur, celui qui apporte le salut, sans lequel aucune création ne serait possible. Son rôle créatif est symbolisé par le lingam. Doté de 1008 noms, Shiva revêt une multitude de formes. Armé d’un trident (représentant le concept de Trimurti ou trinité), il chevauche Nandi, son taureau qui symbolise le pouvoir, la puissance, la justice et l’ordre moral. Parvati, l’épouse de Shiva, peut prendre de nombreuses formes.

La représentation du couple Shiva-Parvati ou Uma-Mahesvara a largement inspiré les sculpteurs népalais.

·      LINGAM & YONI

Ce sont des symboles religieux très courants. En version très simpliste, le lingam représente l’énergie masculine et Shiva, tandis que le yoni incarne, lui l’énergie féminine et Parvati. Réunis ensemble, ils figurent lumière et obscurité, passif et actif, masculin et féminin, la totalité de l’existence.

Le lingam, en tant que symbole de Shiva, représente à la fois le pouvoir de création, et le pouvoir de transmutation de l’énergie sexuelle en énergie spirituelle. C’est l’un des objets les plus sacrés dans le culte de Shiva, et on trouve de nombreux lingams (qui surplombent en général les temples) dans les lieux qui lui sont consacrés. Au Népal, on trouve aussi des lingas avec des visages sur les 4 faces, ce sont des shivalingas, qui portent les visages de différentes représentations de Shiva, et parfois de son épouse sous la forme d’Uma. On dit qu’il y a également une 5ème face non sculptée mais sous-entendue au sommet du linga, qui regarde vers le zénith.

·      LES CASTES

Bien que la Constitution indienne ne reconnaisse pas le système des castes, celui-ci conserve une influence considérable, notamment dans les campagnes où la caste détermine largement la position sociale. Elle peut aussi conditionner les perspectives professionnelles et maritales.

Selon la tradition, la caste est la structure de base de la société hindoue. Mener une vie vertueuse et accomplir son dharma (devoir), augmente les chances de renaître dans une caste supérieure.

Les varna (castes) se divisent en 4 groupes principaux :

  • les brahmanes (prêtres et érudits), nés de la bouche de Brahma lors de la création du monde
  • les kshatriya (guerriers et administrateurs), issus de ses bras
  • les vaishya (marchands), issus de ses cuisses
  • les shudras (serviteurs), issus de ses pieds

Sous ces 4 castes, se trouvent les dalit ou intouchables, aujourd’hui désignés sous le nom de « scheduled castes » ou castes répertoriées mais ils restent relégués aux tâches les plus ingrates. Pour améliorer la situation, le gouvernement pratique la discrimination positive dans le secteur public et les universités. Mais comme toujours avec la discrimination positive, ce système est très controversé.

·      LES TEXTES SACRES : VEDAS – MAHABHARATA – RAMAYANA

Les textes sacrés de l’hindouisme se répartissent en 2 catégories : ceux révélés par les dieux (shruti, qui signifie entendu), et ceux qui ont été écrits par les humains (smriti, mémorisé).

LES VEDA – Shruti

Ce sont les textes fondateurs de l’hindouisme. Les plus anciens écrits védiques furent réunis il y a plus de 3000 ans dans le Rig-Veda, dont les 1028 versets comprennent des prières de prospérité et de longévité, ainsi qu’une explication de l’origine de l’univers. Les Upanishad, dernières parties des Veda, traitent du mystère de la mort, et insistent sur l’unité de l’univers.

Dans la tradition, la lecture des Veda était réservé aux mâles initiés des castes supérieures.

MAHABHARATA – Smriti

Cette épopée relate les exploits de Krishna, et remonterait tout de même aux alentours de 1000 av J-C. Sur fond de lutte entre deux clans rivaux, les dieux héroïques et les démons, le Mahabharata contient des enseignements philosophiques et théologiques très développés.

RAMAYANA – Smriti

Composé vers le IIIe ou IIe av J-C, le Ramayana évoque, comme le Mahabharata, un conflit entre les dieux et les démons.

L’histoire raconte que Dashratha, le roi sans enfant d’Ayodhya, implora les dieux de lui accorder un fils. Son épouse donna naissance à Rama, en fait une incarnation de Vishnu, venu sur terre pour renverser Ravana, le roi-démon de Lanka (l’actuel Sri Lanka). Devenu adulte, Rama, ayant remporté la main de Sita, fut désigné par son père comme l’héritier du trône. Mais la belle-mère de Rama exigea que cette faveur fût accordée à son propre fils, Barathan. Ah ces belles-mères ! Exilés, Sita, Rama, et son frère Lakshmana se réfugièrent dans les forêts, où ils durent affronter les démons. La sœur de Ravana tenta sans succès de séduire Rama, et, pour la venger, Ravana enleva Sita et l’enferma dans son palais de Lanka.

Aidé par l’armée des singes sous la conduite de leur dieu Hanuman, Rama parvint à trouver le palais, tua Ravana et libéra Sita. Tous revinrent victorieux à Ayodhya, où, accueilli par Barathan, Rama fut couronné roi.

ÔM

L’un des symboles les plus vénérés de l’hindouisme, le Ôm est un mantra hautement bénéfique. Son aspect en forme de « 3 » symbolise la création, la préservation, et la destruction de l’univers, et par conséquent le Trimurti (trinité). Le chandra (croissant ou demi-lune) renversé représente l’esprit discursif et le bindu (point à l’intérieur), le brahman.

La répétition du Ôm avec une concentration absolue pourrait conduire à un état de bienheureuse vacuité, ou plus humblement favoriser l’état méditatif…

Om shanti!

 

 

 

4 réflexions sur “Quelques mots sur l’hindouisme

  1. Ping : PHNOM PENH EN DEVENIR – Mythe the World

  2. Ping : Sud Laos, de Vientiane aux 4000 îles – Mythe the World

  3. Difficile de résumer l’hindouisme, mais c’est un effort personnel à faire pour mieux profiter d’un voyage en Inde. 😊

    Pour comprendre les fêtes et les représentations les plus courantes dans les temples Indiens, il faut effectivement parler des trois principaux dieux (Brahma, Vishnu, et surtout Shiva, le plus vénéré), de Shakti et de ses différentes formes (Kali, Durga, etc.), des avatars de Vishnu, en particulier Krishna et Rama et leurs compagnes Radha et Sita et bien sûr Hanuman et Ganesh, très vénérés également.

    Une précision : Krishna n’a qu’un rôle secondaire dans le Mahabharâta, qui raconte surtout l’affrontement des Pandavas et des Kauravas.
    L’histoire et les héros du Mahabharâta ont beaucoup moins d’importance que ceux du Ramayana dans l’Inde actuelle, sauf Krishna, mais dont les représentations font généralement référence à d’autres textes (son enfance, les gopis, Radha…).

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