Mythes indiens

Une petite sélection des quelques mythes qui ont retenu notre attention, sans compter tous ceux que nous n’avons pas eu le temps de découvrir dans ce pays qui en compte des milliers.

·      MYTHE DE LA CREATION – BARATTAGE DE LA MER DE LAIT

La mythologie hindoue est extrêmement riche et il y a de nombreuses histoires racontant la création du monde. Mais le barattage de la mer de lait revient souvent, et c’est donc ce mythe que nous avons choisi de partager.

Au début des temps, les dieux et les démons étaient en lutte pour la maîtrise du monde. Les dieux, affaiblis et vaincus, demandèrent de l’aide à Vishnou. Il leur proposa d’unir leurs forces à celles des démons, dans le but d’extraire le nectar d’immortalité de la mer de lait.

Pour ce faire, ils devaient jeter des herbes magiques dans la mer, renverser le mont Mandara de façon à poser son sommet sur la carapace de la tortue Akûpâra, et utiliser le serpent Vâsuki, le roi des Nâgas, pour mettre la montagne en rotation. Ce procédé suggéré par Vishnou est appelé le barattage de la mer de lait.

Si vous n’avez pas tout compris, ne vous inquiétez pas, les dieux aussi ont mis du temps ! Il fallut mille ans pour que le barattage produise enfin ses effets, c’est-à-dire qu’apparurent un certain nombre d’objets extraordinaires et d’êtres merveilleux :

  • Kâlakûta ou Hâla-Hala, un poison violent que Shiva but avant qu’il ne se répande et détruise le monde. Il en conservera une marque bleue à la gorge ;
  • Surabhî, la vache d’abondance, source perpétuelle de lait et de beurre, qui satisfait tous les besoins ;
  • Vârunî, la déesse du vin, roulant des yeux ;
  • Pârijâta, l’arbre du paradis parfumant le monde de la fragrance de ses fleurs ;
  • Chandra, la lune dont Shiva para sa chevelure ;
  • Uchaishravas, le cheval blanc, l’ancêtre de tous les chevaux, dont les sept bouches symbolisent les sept couleurs de l’arc-en-ciel ;
  • Airâvata, l’éléphant blanc qui devint la monture d’Indra ;
  • les Apsarâs ou nymphes célestes ;
  • Shrî (Lakshmî), la déesse de la beauté et de la fortune, assise sur un lotus ;
  • Kaustubha, la conscience sans défaut, le joyau qui orna ensuite la poitrine de Vishnu, et de son avatar Krishna ;
  • et enfin Dhanvantari, le médecin des dieux, tenant dans ses mains une coupe, contenant le précieux nectar d’immortalité.

Aussitôt qu’ils virent ce dernier, les démons se jetèrent sur la coupe, avant que les dieux n’aient le temps d’intervenir. Vishnou prit alors la forme de Mohini, la femme la plus belle au monde, et tandis que les démons étaient subjugués par sa beauté, il (elle) s’empara de la coupe et la remit aux dieux.

Rendus maintenant immortels, les dieux ne pouvaient plus être vaincus et ils précipitèrent les démons aux enfers. Cependant, au cours de cette dernière lutte, quelques gouttes de nectar tombèrent en quatre endroits de l’Inde : dans le fleuve Godâvarî à Nasik, dans la Shipra à Ujjain, et dans le Gange à Haridwar et à Prayag ou Allâhâbâd. Ces quatre villes, bénies par le nectar devinrent des lieux majeurs de pèlerinage.

·      MYTHE DE SATI

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Empreintes des mains des dernières sati au fort de Mehrangarh, Jodhpur

Nous avons découvert la pratique de la Sati pendant les crémations. Cette pratique de sacrifice des veuves qui se jettent dans le bûcher crématoire de leurs époux, est désormais interdite mais semblerait expliquer l’absence des femmes lors des crémations. La 1ère règlementation sur le sujet date de 1818 en Inde, contre 1934 au Népal…

Voici l’histoire du mythe de Sati, issue du Mahabbharata

Sati (qui signifie « véracité, vérité » en sanskrit) est le nom de la 1ère Déesse, aimée du Seigneur Shiva. Mais le père de Sati, Daksha, refuse que sa fille puisse épouser Shiva, un Dieu ascète hirsute et asocial. Sati passe outre son père et son père, mécontent, invite tous les dieux sauf Shiva à un sacrifice dédié à Vishnu. Sati, pour laver l’affront fait à son mari par son père, « ferma les yeux et entra dans le voie du Yoga. Ayant supprimé également toute inspiration et toute expiration, maîtresse de sa position, après avoir rappelé de la région du nombril le souffle vital nommé Vdäna, et avoir peu à peu arrêté dans son cœur à l’aide de sa pensée, ce souffle qu’elle venait de fixer dans sa poitrine, la déesse irréprochable le fit remonter jusqu’à sa gorge, et de là jusqu’au milieu de ses deux sourcils. C’est ainsi que (…) Sati soumit son corps à l’épreuve qui consiste à renfermer en soi-même le feu du souffle vital. Pensant ensuite au nectar de lotus des pieds de son époux, elle ne vit plus autre chose, et son corps, purifié de tout péché, parut tout d’un coup embrasé par le feu qu’y avait allumé la Contemplation ».

Shiva, apprenant la perte de Sati, décapite ensuite Daksha (le père) et remplace sa tête par celle d’un bouc, pour le purifier et tuer son orgueil. Sati se réincarnera ensuite en Parvati, retrouvant ainsi son cher époux.

L’interprétation qui nous a été donnée est la suivante : le père de Sati représente l’ego, qui rejette l’âme, ici Shiva. Par conséquent, la vérité (Sati) est brûlée, détruite. Mais l’âme finit toujours par anéantir l’ego, en le décapitant dans ce mythe et en lui donnant une tête d’animal qui symbolise la purification intérieure.

Pratique de la Sati (réservée normalement à la caste des kshatriyas)

Vous aurez bien noté que Sati n’était pas veuve. On constate juste qu’elle offre son enveloppe charnelle pour que son âme, en se réincarnant, puisse rejoindre son mari.

De même dans les Véda, il est dit que la veuve doit monter sur le bûcher funéraire, se coucher auprès de son mari, et en redescendre avant que la crémation ne commence.

Cette pratique, en revanche, semble une interprétation du Mahabharata : « même au moment de sa mort, une épouse qui est fidèle suit toujours son mari. Une épouse, lorsqu’elle est morte la première, attend son mari dans l’au-delà, et si son mari est mort avant elle, ensuite une femme vertueuse (sati) le suit ».

L’explication brahmanique de ce verset est simple et inquiétante : la femme suit la destinée de son mari, et l’influence. Si le mari se réincarne, la femme se réincarnera aussi. Mais s’il se libère, son épouse le suivra aussi dans la délivrance (Moksha ou Nirvana). C’est l’amour pour son époux qui est le dharma / devoir premier de la femme, non de rechercher l’ascèse et le contrôle de soi comme c’est le cas pour l’homme.

Pour rappel, les Véda sont les textes transmis par les dieux, alors que le Mahabharata a été écrit par les hommes…

·      MYTHE DE DIVALI

Cette fête de Divali intervient 20 jours après la fête de Darshein (au Népal) ou Dussehra (en Inde). Ces fêtes sont issues de l’épopée du Ramayana.

Rama, roi d’Ayodhya, était partie en quête de son épouse Sita, qui avait été enlevée par le démon Ravana. Après une longue épopée, et notamment aidé de son demi-frère Lakshmana et du dieu-singe Hanuman, Rama affronta le démon Ravana en un combat de 10 jours et le tua. Le jour de sa victoire est célébré par Dussehra. Il mit ensuite 20 jours pour rentrer jusqu’à Ayodhya avec Sita. La population les attendait et leur fit fête en illuminant les rues de lampes (dip), disposées en rangée (avali), d’où le nom de la fête : Dipavali, contracté en Divali !

Il existe de nombreux mythes qui illustrent l’importance de cette fête dans le calendrier hindou. En tout cas, la date marque également la nouvelle année hindoue, et se fête en famille, en s’offrant de petits présents, en dégustant de délicieux repas, et notamment des douceurs, ainsi qu’en allumant des pétards et des feux d’artifice. Les strasbourgeois n’ont qu’à bien se tenir !

·      MYTHE DU TAJ MAHAL

Plus que des mythes, quelques légendes urbaines circulent sur le Taj Mahal, qui nous ont bien amusées, et que nous avions envie de partager.

Un temple hindou : selon une théorie, le Taj serait un temple hindou du XII, dédié à Shiva, et devenu plus tard un mausolée. Il a été demandé par le théoricien d’ouvrir les salles scellées du sous-sol pour prouver ses dires, ce qui lui a été refusé. Selon cette même personne, la Kaaba, Stonehenge, et la papauté avait des racines hindoues. De quoi dérouter !

Un Taj Noir : les vendeurs de pierres précieuses, et de fausses pierres précieuses, se font un plaisir d’expliquer que l’Empereur Shah Jahan avait prévu de construire un Taj noir de l’autre côté de la rive, face au Taj Mahal, pour en faire son mausolée. Cela devait être fait dans la célèbre pierre noire d’Agra, l’étoile noire. D’autres parlent de marbre noir. Quoiqu’il en soit, malgré les fouilles, rien n’a été prouvé.

Des ouvriers mutilés : la dernière légende urbaine que nous ayons entendue concerne les ouvriers du Taj, dont les mains auraient été tranchés à la fin du chantier, pour qu’ils ne puissent jamais reconstruire pareille merveille… Encore une fois, cette théorie n’a jamais été vérifié.

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