Khajuraho, au coeur des temples tantriques

Le trajet vers Khajuraho nous a donné l’opportunité de tester notre 1er train de nuit en Inde. Suite au super brief de Jeanne & William sur l’Inde du Nord, nous avions réservé en classe 3AC (comprendre la 3ème classe de la catégorie « air conditionné », qui se veut donc déjà plutôt confortable). Par rapport aux « hard sleepers » des trains chinois, nous retrouvons une configuration assez proche : des compartiments sans porte, 6 couchettes d’un côté et 2 couchettes dans le couloir. En gros, le train indien est plus haut et plus large que le train chinois, ce qui donne plus de hauteur entre les couchettes et qui permet aussi d’ajouter 2 couchettes dans le couloir. Pendant la journée, les couchettes intermédiaires sont baissées, et la couchette du bas devient de vraies places assises. Plutôt ravis du concept donc. Et même s’il semble beaucoup plus ancien, la couchette en elle-même est beaucoup plus moelleuse.

C’est donc après une discussion politico-économico-culturo-tourdumondiste avec des anglais très sympas, et un bon dîner servi par notre chef de wagon (la SNCF n’a qu’à bien se tenir !) que nous avons entamé notre nuit. Sans surprise, Charlotte a tranquillement écrasé pendant 8 heures et Mathieu, bien que préoccupé par les sécurité de nos affaires à tout de même savouré de ne pas avoir la même agitation que dans le train chinois ce qui lui a permis de bien se reposer.

Après ce 1er trajet très convaincant, nous sommes donc arrivés très tôt à Khajuraho, pour la découverte de ce site classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

Nous conseillons vivement de louer des vélos pour la découverte de ce site, qui nous a fait penser dans l’esprit, à Sukhothai en Thaïlande. Nous avons été conquis. Le site est extraordinairement paisible pour l’Inde. On entre dans une enceinte verdoyante, d’où l’on voit, çà et là, de sublimes temples pointer sur l’horizon, et dont le niveau de conservation nous a enchanté. Ces temples ont été construits sous la dynastie Chandela entre 950 et 1050 et sont ornés d’incroyables sculptures tantriques. Il semble que leur isolement ait permis d’éviter leur destruction lors des conquêtes musulmanes, car ils auraient bien sûr été jugés idolâtres avec toutes les représentations « humaines », interdites dans l’Islam, et a fortiori avec des scènes plus érotiques les unes que les autres… Un miracle donc que ce lieu ait été préservé !

C’est un officier britannique qui a redécouvert les lieux en 1838. Il y a deux types d’architecture majeurs en Inde, celui-ci fait partie du groupe indoaryen, tout à fait spécifique et qui peut faire penser à certaines architectures du sud-est asiatique. En revanche, les scènes tantriques sont très spécifiques. Nous en avons censuré certaines pour les yeux les plus jeunes ! Et oui, nous voilà nous aussi soumis à la censure, mais nous avons laissé quelques exemples de nymphes dans des postures plus ou moins lascives…

Nous nous sommes promenés en vélo pour visiter les différents groupes de temples, et nous nous sommes régalés de traverser le vieux village en vélo, entre maisons blanchies à la chaux ou peintes dans de jolies couleurs pastel, petits sanctuaires, vieux puits, pompes à eau, enfants en train de jouer, ou femmes en train de laver le linge… Nous avons même transporté sur nos selles deux enfants jusqu’au temple. Et non, ils ne nous ont pas demandé d’argent pour cette attraction (car ils en sont capables), nous ne nous sommes pas non plus faits rémunérés, mais, fûtés, ils nous ont quand même demandé si nous n’avions pas de la monnaie de notre pays pour leurs collections… Il faut être fort en Inde pour tenir bon face aux demandes !

Enfin trois sympathiques rencontres avec un gardien très malin qui était favorable au travail des femmes avec une vision très progressiste assez étonnante, ainsi qu’une famille qui a souhaité faire des photos avec nous, et nous disant que cela leur permettrait d’expliquer à leur famille et leurs amis que les étrangers visitent ce type d’endroit et s’intéressent à la culture indienne… La version moins naïve est aussi qu’on se retrouve régulièrement en photo sur Facebook avec des inconnus indiens qui nous qualifient de « very good friend » et s’en servent pour montrer à d’autres touristes. Nous aimons à penser que cette famille le faisait vraiment dans un objectif pédagogique pour leur entourage… Vœu pieux peut-être, mais vœu quand même. Et la dernière rencontre avec une famille versée dans l’ayurvéda dont nous avons bénéficié des massages (épatants après quelques jours d’Inde), et notamment la fille ainée de 21 ans en pleine étude pour devenir médecin ayurvédique, et qui avait à cœur de partager sa passion, et de nous poser des questions sur notre voyage, pleine de rêves pour son propre futur. Un moment simple, et passionnant d’échange. Revivifiant !

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