Vallée de Kathmandu

Dans le registre, on est organisé, mais pas toujours : la galère du visa indien ! Oui, on sait que Charlotte avait fait un super fichier excel de préparation, avec notamment la liste des pays et les formalités de visa. Nous savions donc qu’un visa à l’arrivée suffisait pour l’Inde. Nous ne savions pas, en revanche, que ce visa à l’arrivée n’était valable que 30 jours et par voie aérienne, avec impossibilité de le faire prolonger, et que, vu que nous venions de décider de prendre potentiellement plus de temps en Inde, il était donc nécessaire de faire un visa de 3 mois… Et là, pour le visa 3 mois, l’affaire se complique. Nous découvrons en lisant notre guide qu’il faut d’abord aller à la Bank of India, munis d’un formulaire dûment rempli en ligne, de 2 photos d’identité mais pas au format français (ben oui, ce serait trop simple), de notre passeport et d’une photocopie de notre passeport et du visa népalais, et enfin des devises pour payer le visa. 7 jours ouvrés après, il faut retourner au service de visas, pour savoir si notre demande est acceptée, laisser notre passeport, et le récupérer le lendemain vers 17h… Et ne comptez pas sur un bakchich pour aller plus vite ! On découvre donc qu’on va prendre 7 jours dans la vue, et comme c’est la loi de l’emmerdement maximum et que nous sommes en plein festival du Darshain (cf article – Tranches de Vie), les bureaux sont fermés pendant 2 jours… Ce n’est donc pas 7 mais 10 jours qu’il va falloir…

Ceux qui nous connaissent se réjouiront peut-être de cette part d’imprévu qui fait partie intégrante du voyage, et qui permet de mettre un peu de désordre et de tester notre capacité d’adaptation. Chandra, notre hôte couchsurfer, face à nos changements de programme, nous propose de passer les fêtes de Darshain avec eux, et ensuite nous décidons de nous prendre une sympathique pension au centre de Kathmandu pour approfondir notre connaissance de la ville et de ses alentours. Une pause dans ce voyage qui tombe finalement à pic et qui nous a permis de nous poser, de prendre du temps, de remettre à jour notre blog, de préparer la suite du voyage, de visiter sans se presser, et de tester une multitude de cantines népalaises. Merci l’ambassade d’Inde !

Pour notre exploration de la vallée de Kathmandu, nous avons décidé de nous rendre à Pashupathinat, Bodnat et Patan.

·      PASHUPATHINAT

C’est un haut-lieu de la spiritualité hindoue, dédiée à Pashupati, une incarnation paisible et bienveillante de Shiva, en tant que Maïtre du troupeau. Le temple principal, le plus important du Népal, se trouve au bord des eaux sacrées de la Bagmati, l’équivalent du Gange indien. Et Pashupatinath est souvent assimilé à Bénarès.

En arrivant, on s’est senti un peu déboussolé entre l’affluence de fidèles, les nombreux intouchables mendiant ici et là, les sadhus (« hommes saints ») qui jalonnent le lieu, et les nombreux vendeurs d’œillets, de prasad (offrandes de nourriture), d’encens, de perles, de conques, d’amulettes, de poudre à tika et autres objets religieux.

Nous avons pris le temps de nous plonger dans ce lieu si particulier, puisqu’il est avant tout un des lieux de prédilection pour les hindous pour se faire incinérer. La Bagmati est donc jalonnée de ghat (gradin) de crémation. Et l’ensemble est entouré de nombreux sanctuaires et temples dédiés à Shiva.

Nous avons donc eu l’occasion d’assister à plusieurs cérémonies. En général, c’est le fils aîné du défunt qui officie pour le père, et le cadet pour la mère. Avant d’officier, celui-ci se fait raser la tête. Il est vêtu de blanc pour l’occasion et devra garder une tenue blanche pendant un an. Le corps, enveloppé d’un linceul, est ensuite amené auprès de la rivière Bagmati, pour être « lavé ». Les personnes présentes se lavent les mains dans la Bagmati avant de mouiller le visage du défunt avec l’eau de la Bagmati, en signe de purification, et déposent une offrande : collier d’œillet orange, un billet ou une pièce, et un drap orange est également déposé par-dessus le linceul. L’orange symbolise la couleur de la paix. Une fois, cette préparation effectuée, le corps est transporté sur le bûcher, qui est allumé sans grand cérémonial.  Le cortège se retire alors. Les cendres seront ensuite poussées dans la Bagmati. Dix jours plus tard, la famille viendra s’y baigner, et la maison sera purifiée.

Nous avons été un peu choqués de voir des enfants « intouchables » surgir de partout pour récupérer les billets qui tombent de la dépouille, mais cela semble aussi faire partie du quotidien, et côté hindou, personne ne semble s’en offusquer.

Nous avons pu observer que la tristesse n’est pas vraiment de mise. Elle est « acceptée », mais n’est pas une norme. Une personne de l’assistance s’étant mise à pleurer, a été gentiment accompagnée un peu l’écart. Ces cérémonies sont vraiment déroutantes pour les Occidentaux que nous sommes : l’ambiance est calme, il se dégage une certaine sérénité, les gens papotent tranquillement, et en même temps, cela pourrait nous sembler très vivant et agité si l’on compare cela avec nos cimetières.

Nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre, et appréhendions un peu d’assister à ces crémations publiques. Mais la relation à la mort est très différente dans la culture hindouiste. C’est une relation décomplexée, où la mort fait partie intégrante de la vie, et peut aussi donner l’occasion d’une meilleure réincarnation, ce qui est, par ailleurs, la seule solution pour changer de caste !

·      BODNAT

Encore un lieu unique dans la vallée de Kathmandu. Nous nous y sommes rendus en traversant les faubourgs de Kathmandu depuis Pashupatinath, faisant ainsi une petite incursion dans les quartiers moins touristiques.

Notre ballade nous a conduit à ce quartier bouddhiste et tibétain vraiment paisible, où se dresse le plus grand stupa d’Asie, construit peu de temps après l’an 600, lorsque le roi tibétain Songtsen Gampo se convertit au bouddhisme (cf article Tibet – Découverte de Lhassa). Selon la légende, le souverain édifia ce monument en signe de contrition après avoir involontairement tué son père. Comme on est tout de même au Népal où Siddharta Gautama (le Bouddha vivant) naquit (ce dont les Népalais ne sont pas peu fiers), la légende veut également que ce stupa contienne un os du squelette de Siddharta Gautama.

Comme souvent quand nous retrouvons une ambiance tibétaine, nous avons eu beaucoup de plaisir à faire le tour du stupa avec les pèlerins, à déambuler au milieu des échoppes tibétaines, et à faire tourner quelques moulins de prière.

Nous avons même eu la chance d’assister à une cérémonie tibétaine, accompagnée d’instruments de musique : tambour double-tête, trompettes tibétaines, cymbales, cloche et tambour. Comme à chaque fois, le son des mantras et la musique, nous plongent rapidement dans un état méditatif. Une belle parenthèse !

·      PATAN

Patan faisait partie avec Kathmandu et Bhaktapur des trois royaumes Malla au XVème siècle. Cette ancienne cité-état fait désormais quasiment partie de Kathmandu et se vante d’avoir le plus beau Durbar Square du pays (cf article Kathmandu – Durbar Square), dont le développement date notamment de la période Malla, du XIVème au XVIIIème. Patan a aussi une étroite relation avec le bouddhisme, puisque les 4 coins de la cité sont marqués par des stupas qui auraient été érigés par le grand empereur bouddhiste Ashoka, vers 250 av JC, et l’on trouve près de 1200 monuments bouddhiques disséminés dans cette cité.

Comme à Kathmandu, nous avons adoré découvrir le magnifique ensemble de temples et de palais qui constituent le Durbar Square. Le Palais, qui abritait les rois Malla, a été transformé en musée, et c’est sûrement le musée le plus intéressant que nous ayons visité pour le moment en Asie, avec une collection d’objets religieux, mais surtout des explications très bien présentées pour mettre un nom sur les nombreuses divinités hindouistes et bouddhistes, mais également pour comprendre l’art et l’architecture de la vallée de la Kathmandu. Une vraie mine d’informations pour nous !

Nous avons pris le temps pour découvrir les cours successives du palais et s’imaginer la vie des dynasties Malla, avant de faire le tour des nombreux temples de la place, qui sont malheureusement quasiment tous en cour de rénovation suite au séisme de 2015. Une cloche, pas du tout abîmée en revanche, mais qui a longuement sonné pendant le séisme, au rythme des secousses, fait toujours face au Palais.

Patan mérite vraiment de prendre du temps dans ses ruelles, et de découvrir comme à Kathmandu le musée à ciel ouvert qui recèle de cours, de petits passages cachés qui les relient et de temples dont le Temple d’Or, un monastère bouddhiste qui date du XIIème siècle. Nous avons eu un coup de cœur particulier pour un immense bassin complètement inattendu à la sortie d’une ruelle. Nous recommandons donc vivement les balades de découverte proposées par le Lonely Planet.

4 réflexions sur “Vallée de Kathmandu

  1. Ping : Varanasi – Bénarès, au coeur du sacré – Mythe the World

  2. Ping : Népal – tranches de vie – Mythe the World

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