Trek des Annapurnas

Après une prise de température de la vie népalaise, de la gastronomie, du brouhaha et de la poussière de Kathmandu, et de longs échanges avec notre hôte qui nous a bien briefé sur les étapes possibles, les choses à ne surtout pas manquer et quelques conseils du budget à prévoir, nous voilà partis pour le trek des Annapurnas. Nous avons décidé d’effectuer ce trek sans guide, d’abord parce que cela semblait tout à fait faisable après s’être bien renseigné, mais aussi pour éviter toute pression que pourrait mettre un groupe sur les étapes à effectuer, et pour éviter les désagréments que peuvent même générer un mauvais guide (et il y en a), et enfin parce que Mathieu est un super coach de rando !

Ce trek, parmi les plus prisés au Népal à la fois pour sa diversité, la facilité logistique, mais surtout pour ses points de vue fantastiques sur le massif des Annapurnas en font une destination très convoitée par les touristes amateurs de randonnée.

Après une impossibilité de retirer l’argent dont nous avions besoin (2x 2h à écumer une majeure partie des DAB de Kathmandu sans succès) et la décision de changer quelques centaines d’euros (que nous avions sur nous au cas où un cas comme celui-ci se présenterait) en roupies népalaises, nous voici à bord d’un bus local à destination de Besi Sahar à quelques 150km de Katmandou. 150km, c’est la porte à côté, oui, mais tout de même 8h de route (il nous a fallu presque 2h pour sortir de la ville saturée) pour rejoindre le départ du trek. Arrivés à Besi Sahar, petite négo pour rejoindre dans la foulée la ville de Ngadi en BLTT (bus local tout terrain), d’où le sentier devient intéressant en randonnée. C’est donc après une journée éprouvante de transit (départ de notre super famille de couchsurfing à 5h30 et arrivée finale à Ngadi après la tombée de la nuit vers 18h30) que nous nous sommes arrêtés dans la première « tea house », sorte d’auberge très basique qui propose gîte et couvert, voire même de quoi se laver (de la douche froide en passant par le seau d’eau chaude, la douche solaire ou dans le meilleur des cas avec chauffe-eau à gaz) pour passer notre 1ère nuit.

  • Ngadi (900m) – Jagat (1300m) : 2x400m D+ et 6h de marche

Une 1ère nuit moyenne, étant donné la qualité de notre auberge : un faux-bon conseil du chauffeur de bus. Conseil que nous ne suivons pas d’habitude, mais nous avons été pris par le temps, la nuit, et la fatigue du transport. Elle s’est d’ailleurs révélée être la pire auberge de notre trek, mais il fallait arriver au bout pour le savoir ! Nous avons ensuite opté pour un petit déjeuner au Hiker’s lodge (beaucoup plus sympathique, et conseillé, lui, par le Lonely Planet) : petit-déjeuner qui allait devenir notre rituel pendant les 10 jours suivants, à savoir chappattis au miel (pain plat en forme de crêpe) et thé massala. Simple, efficace, énergétique !

Nous voilà prêts pour notre première étape. Nous trouvons rapidement notre rythme de croisière, petites pauses nécessaires toutes les heures et ½, tout d’abord pour s’hydrater mais aussi pour reposer les trapèzes le temps que le corps s’habitue au poids du sac (environ 15kg pour Mathieu et 6kg pour Charlotte). Nous découvrons aussi que nous pouvons nous réapprovisionner en eau très facilement, et nous optons pour la solution « écolo » : eau prise dans les fontaines des différents villages, additionnée d’un petit cachet de chlore !

Cette magnifique journée nous a comblés, le sentier qui serpente à côté des rizières en terrasse, les dégradés de vert éclatant de la végétation luxuriante, totalement inattendue pour nous deux, dans une vallée large aux abords vertigineux et de nombreuses cascades qui jaillissent au milieu des forêts quasi tropicales ont rythmé notre progression. Météo superbe tout le long, bien qu’une petite pluie ait terminé de mouiller les minimes parcelles de nos vêtements n’ayant pas été la proie de notre transpiration abondante due à l’effort, la forte chaleur et l’humidité ambiante faisant penser peu ou prou à l’ambiance d’un hammam.

  • Jagat (1300m) – Dharapani (1900m) 800m D+ et 5h30 de marche

Après une bonne douche (une vraie cette fois-ci, quoiqu’un peu tiède), un bon repas, des discussions sympas avec les autres trekkers et une nuit salvatrice, nous quittons Jagat vers 7h15. Les repas du soir étant servis tôt (entre 18h et 19h30), nous prenons le rythme de nous coucher avant 21h et de nous lever peu après le soleil, ce qui nous permettra à chaque étape d’arriver relativement tôt et de nous reposer ou découvrir les alentours les après-midi. Après quelques centaines de mètres, nous recroisons Michael et sa femme (Israéliens), arrêtés sur le bord du chemin et affairés à retirer les quelques cinquantaines de sangsues accrochées à leurs mollets et pieds, la mauvaise idée leur ayant pris de descendre voir la chute d’eau de plus près. Fort heureusement nous passerons quasiment à côté à part une sangsue chacun retrouvée morte dans les chaussures en fin de journée.

Premier frisson un peu plus loin, le chemin bifurque sur la rive opposée, ce sera notre 1er pont suspendu (le 1er d’un très grand nombre !) au-dessus de la rivière déchaînée. Quelques kilomètres plus loin nous vérifions notre position sur la carte pour estimer la progression et constatons, sans l’avoir remarqué au préalable, que nous sommes au milieu des « fields of marijuana », indiqués simplement comme un lieu-dit sur la carte et effectivement, nous en sommes entourés : celle-ci pousse comme le ferait une mauvaise herbe ou une fougère dans nos régions.

Une bonne heure plus tard, nous arrivons dans la vallée de Tal, bien que 600m plus haut que le matin, nous avons l’impression d’être tout en bas de la vallée qui s’ouvre devant nous dans un paysage très différent. Un convoi de militaires ravi de nous rencontrer nous sert la main les uns après les autres.

Plus tard, nous rejoignons la « route » (qu’il vaudrait mieux qualifier de chemin à peu près carrossable pour 4×4 aguerris, ou de piste) qui est traversée de part en part par une cascade. Malgré les quelques 10-15 cm de profondeur, nous nous trempons les jambes mais les pieds, grâce à nos chaussures en Goretex resteront au sec. Merci le Vieux Campeur !

  • Dharapani (1900m )– Chame (2700m) 800m D+ et 5h15 de marche

A peine partis, nous voilà obligés de faire une pause pour ce qui deviendra le classique « Police Checkpoint » : avec les accidents, disparitions des dernières années, les autorités ont décidé de mettre en place des registres qui permettent, grâce à des chekpoints installés tout le long du parcours « haute montagne » de localiser les randonneurs rapidement. Celui-ci donnera lieu à une expérience un peu différente des autres car cette journée était la journée du tourisme et nous y reçûmes le Tika (Tilik, Bindi ou Pottu) et un khata (écharpe blanche) en signe de protection. Après une belle ascension, la récompense arrive avec l’apparition du premier sommet enneigé : le Manaslu (8163m) à l’est. La végétation commence à changer, nous arrivons dans des forêts de pins et de chênes d’abord vertigineuses puis fortement gadoueuses dues à la pluie chaque nuit. Nous sommes bluffés par les changements successifs de paysage.

Après une matinée forte en concentration pour ne pas glisser dans la boue, nous avons eu plaisir à faire une halte bucolique pour déjeuner et acheter quelques pommes séchées à un paysan avant de s’arrêter dans une très chouette guesthouse. Douche bouillante et vue imprenable au coucher et lever du soleil depuis la chambre sur les Annapurnas II et III (7937m et 7555m). Que du bonheur !

  • Chame (2700m) – Ghyaru (3700m) 1000mD+ et 7h de marche

Pour beaucoup, Chame est le point de départ pour le trek et pour la 1ère fois nous avons été surpris par l’affluence (raisonnable) de véhicules et trekkeurs, mais cela nous a valu quelques rencontres sympathiques en chemin. Contrairement à l’étape classique, nous avons poussé un peu plus loin dès le matin ce qui nous a valu une arrivée dans une ville quasi déserte au déjeuner (les habitants étant dans les champs et plutôt habitués à des arrivées en milieu d’après-midi). Boostés par un Dal Bhat (voir minute culinaire) à volonté, nous avons décidé de continuer jusqu’à Ghuyaru, 400m plus haut. Aux dires de Charlotte, montée la plus fatigante du trek ! Arrivée sous une pluie fine, pénurie de pensions dans le village et affluence de trekkeurs ce jour-là ont donné lieu à une longue et fraîche soirée d’attente et une chambre décrépite, normalement réservée à la famille. Même pas peur : sac de couchage ultra-chaud, chaussettes en laine et draps de soie, et le tour est joué !

  • Ghyaru (3700) – Braka (3400m) 200m D+ & 500D- et 4h de marche

Après les épopées de la veille et un sommeil difficile à trouver pour Charlotte à cause de la rapide prise d’altitude, nous découvrons en milieu de matinée un village paisible (Ngawal) où il nous semble alors dommage de ne pas avoir passé la nuit. Nous nous y arrêtons pour le petit déjeuner (l’auberge de la veille étant tellement dépassée par la quinzaine de trekkeurs présents que nous sommes partis le ventre vide), avant de poursuivre tranquillement notre route en direction de Braka. Une belle et gentille descente pour tester un peu les genoux de Charlotte à travers ce qui nous rappelle un paysage méditerranéen bien que l’on soit à plus de 3500m. Ça sent le pin, le romarin, le thym, le sable chaud et avec un peu d’imagination, on pourrait presque sentir la mer…

Après cet intermède méditerranéen, nous découvrons avec beaucoup d’enthousiasme Braka, village perché au pied de roches faisant penser aux Tsingi de Madagascar, où nous arrivons en même temps que Laure et Sébastien, que nous croisons régulièrement depuis la veille.

Nous décidons de passer 2 nuits dans une pension faisant penser à un 4 étoiles (le système de références évoluant au fil du trek), afin de nous acclimater avant le col à plus de 5000m. Charlotte rêve encore de la douche bouillante et de la part de gâteau aux carottes (spéciale dédicace pour Marine et Fred) partagée ce soir-là, 1ère folie depuis notre départ, « il en faut peu pour être heureux !»

  • A/R au lac de glace pour acclimatation (3400m – 4620m) 1220m D+ et D- et 6h de marche

Petite recette de Mathieu pour tester les genoux de Charlotte et la faire stresser : proposer une rando avec 1200m de dénivelé (positif et négatif) pour nous tester avant la grande descente (voir Thorung la Pass). On vous rassure, cela ne l’a pas empêché de dormir !

Nous partons vers 7h, pour cette montée rapide (3h30) vers un lac d’altitude, avec une météo très prometteuse qui nous donne la patate, ciel immaculé comme on ne l’a jamais eu depuis le départ, on est au taquet ! Pas d’échauffement, directement la pente, on essaye de prendre un rythme moyen lent mais régulier afin de ne pas trop ressentir le manque d’oxygène. Mais le spectacle à couper le souffle nous donne des ailes, et nous en fait presque oublier le dénivelé.

1h30 plus tard, cap des 4000m passé, le soleil baigne de ses premiers rayons le versant de l’autre côté de la vallée et plus nous montons, plus nous découvrons avec délectation les sommets himalayens : du Sud vers le Nord, Manaslu 8163m – Lamjung Himal 6983m Annapurna II 7937m, Annapurna IV 7525m, Annapurna III 7555m – Gangapurna 7454m – Khangsarkang 7485m – Tillicho 7134m, tous plus majestueux les uns que les autres.

11h00 : après avoir observé pendant presque ¼ d’heure un 1er troupeau de blue sheeps (sorte de mouflons) à seulement une cinquantaine de mètres, nous arrivons, avec beaucoup de satisfaction les 1ers (se lever tôt, ça sert parfois) au lac de glace, qui n’est pas du tout gelé comme son nom l’indique. La fin de la montée s’est déroulée sans problème, nous avons ressenti la concentration d’oxygène diminuer, le tout est d’éviter de s’essouffler ! Après 1h30 à contempler ce paysage féérique, prendre 200 photos et faire notre pause pique-nique (un peu light pour Mat : « encore des chappattis au miel »), arrive le moment tant attendu pour Charlotte : la descente, qui s’effectuera, certes, lentement, mais quasiment sans douleur, victoire ! Mention spéciale à tous les spécialistes rencontrés par Charlotte durant les 4 dernières années, et surtout les 3 derniers mois : osthéo, kiné, facia, podologue, médecin chinois, énergéticien et autre acupuncteur. Le résultat est enfin là ! Ça mériterait presque une part de cake aux carottes pour fêter ça !

  • Braka (3400m) – Yak Kharka (4000m) 600mD+ et 4h de marche

Nous décidons de respecter les conseils pour éviter les troubles de l’altitude et de faire des petites étapes (pas plus de 500m de dénivelé entre 2 nuitées). L’étape étant très courte et les levers très matinaux, nous arrivons pour manger et profitons du cadre et du beau temps pour faire une bonne lessive l’après-midi. Le vent aidant, tout sera sec en 2h. Et là, on est content de ne pas avoir pris du coton !

Nous testons également notre 1ère « bucket shower », ou douche au seau. Le concept étant assez simple, et rappelant à Charlotte ses meilleurs souvenirs en caravane : un seau d’eau chauffé sur la gazinière, puis utilisation d’un broc pour se mouiller et se rincer, tout cela au-dessus des toilettes à la turque de la chambre… Dit comme ça, ça paraît pas vraiment sexy, mais à 4000m et vu les conditions de vie des locaux, on trouve presque que c’est un luxe, surtout que l’eau était vraiment très chaude, et les toilettes vraiment très propres. Une nouvelle expérience !

  • Yak Kharka (4000m) – Thorung Pedi (4500m) 500mD+ et 3h de marche

Une violente pluie a fait rage toute la nuit nous laissant penser que nous ne pourrions pas monter au col les jours d’après. On se lève timidement pour prendre le petit-déjeuner et avec surprise, le temps se dégage vers 8h15. C’est parti ! Le paysage évolue constamment, d’abord des prairies ou paissent des yaks, puis c’est au tour des moraines, les pierriers de plus en plus pentus. Un peu plus loin Mathieu est obligé de secourir une chinoise, qui n’a rien trouvé de plus malin que de couper en pleine moraine !

On vous rassure Mathieu n’a pas passé son temps à porter secours aux nombreux chinois qui font ce trek. Ça lui aurait pris beaucoup trop de temps ! Il n’est pas possible de parler du trek des Annapurnas sans vous parler des chinois en trek. Et depuis notre passage en Chine, on les trouve toujours aussi attachiants. Au Népal aussi, ils sont là, nombreux, bruyants, en général très (trop) bien équipés, accompagnés de guide et de porteurs (on vous passera le scandale des sherpas portant plus de 20kg, et pas toujours très bien équipés pour la haute-montagne), et souvent essoufflés, avec une condition physique digne de nos meilleures rencontres sur la muraille de Chine (cf notre article Chine – tranches de vie). Sans tomber dans la généralité, on ne sait pas si cela correspond à une problématique physiologique, à un manque d’entrainement ou à des ascensions trop rapides, mais il faut quand même avouer que ce sont les Chinois qui semblent le plus souffrir du mal de l’altitude. Et nous avons pu observer quelques arrêts en pleine ascension de chinois malades, amenés à prendre des mules pour redescendre à des altitudes plus supportables. Les rares qui sont arrivés avec nous jusqu’au col, nous ont encore fait rire avec leur grande capacité de démonstration : un petit hurlement digne d’un cri de souffrance (ou de jouissance ?) à chaque pas.

Arrivés très tôt une fois de plus, nous avons profité de l’après-midi pour partager de bonnes parties de cartes et quelques bons fous-rire avec nos désormais potes trekkeurs : Tamara et Mathieu – les cherbourgeois d’adoption (merci EDF !), Laure et Sébastien – les infirmiers Osséjanais (Pyrénées) qui soignent les ampoules de Tamara pendant les treks, Tamara – l’ostéopathe espagnole (oui, 2 Tamara, il n’y a que dans les Annapurnas que ça peut arriver !) & Gabriela la Chilienne , qui adorent apprendre des gros mots en français « sa mama la coquina »

  • Thorung Pedi (4500m) – Thorung la Pass (5416m) – Muktinath (3700m) 900mD+ 1700mD-

Passage le plus redouté des trekkeurs, pas seulement à cause de l’altitude mais aussi à cause des variations climatiques rapides et sévères qui peuvent survenir. Il est donc clé de partir tôt (mais pas trop) et de bien être vigilant à l’évolution du ciel. Les 1ers sont partis à 3h du mat, certains ont décidé de réveiller tout le camp à 4h, en s’appelant juste devant notre porte d’un bout à l’autre du camp (cette fois-ci des Coréens, il ne faut pas tout mettre sur le dos des Chinois !).

Après un bon en-cas, départ pour nous à 6h20, soit bons derniers, mais comme le dit la fable, « rien ne sert de courir, il faut partir à point » ! Et nous avons donc, à notre rythme, et sur les conseils avisés de Manuel & Conny (des Autrichiens tourdumondistes rencontrés la veille) gravi tranquillement les derniers 900m de dénivelé pour atteindre le col de Thorung-La retrouvant au fur et à mesure nos collègues trekkeurs. Les paysages lunaires plus désertiques les uns que les autres, mais surmontés de glaciers, offrent de temps en temps la vision et le son de petites avalanches (à distance).

L’effort, certes contrôlé, a laissé place à l’émotion et la contemplation à l’arrivée au col face à la multitude de drapeaux de prières. Nous avons, nous aussi, déposé nos khatas, effectué les photos de rigueur et ultra-kiffé le thé au gingembre (pour se réchauffer) le plus haut et certainement le plus cher du Népal ! Au diable les varices (copyright Christian).

Et ensuite la vraie épreuve est arrivée : la descente ! Contrairement à tout le monde, qui une fois le col franchi se détend, nos muscles, eux, se tendent pour limiter les douleurs régulières que nous avons en descente (c’est moche de vieillir !)

1700m plus bas, nos genoux nous ont remercié pour la douche chaude et la séance d’étirements à Muktinath, haut lieu de pèlerinage pour les bouddhistes et les hindouistes. Pour célébrer notre journée, petite séance shopping local et délice culinaire : les 2 Mathieu craquent le soir et s’offrent un burger de yak avec des frites (enfin, une dizaine seulement), légèrement déceptif mais bien apprécié tout de même !

  • Muktinath (3700m) – Marpha (2700m) 600m D+, 1600mD-, 6h30 de marche

Partis un peu après 8h de Muktinath (et oui, on se relâche…) la traversée des vertes prairies parsemées de chèvres, moutons et vaches nous a changé du côté désertique de la veille. Une petite montée de 200m de D+ nous a laissé découvrir à nouveau un superbe panorama sur les montagnes de ce versant jusqu’alors caché. Puis redescente dans la vallée de Lupra 1200m plus bas. Fort heureusement, nous avons été rejoints par Conny & Manuel avec qui nous avons passé une super descente.

Après un déjeuner au charmant village de Lupra, encaissé au fond de la vallée et célèbre pour ses monastères bön (religion précédant le bouddhisme sur les hauts-plateaux tibétains), nous avons emprunté un petit sentier légèrement aérien pour rejoindre la vallée vers Jomson, où un vent de face, soutenu violent et chargé de poussière, nous attendait pour la dernière heure et demi la plus pénible de tout le trek. Nous sommes donc arrivés à Jomson lassés et éreintés par le vent, le visage couvert de poussière tels des mineurs remontant à la surface. Fatigués et un peu à court d’énergie, nous avons ensuite pris un bus pour Marpha, quelques kilomètres plus loin, tellement plus paisible et charmant que Jomson.

Nous avons célébré la fin de notre fabuleux trek avec un verre de cidre local, des super lasagnes népalaises, et un délicieux crumble aux pommes. Marpha est largement connu au Népal pour ses succulentes pommes, mais également pour son monastère bouddhiste, et ses nombreuses familles de tibétains réfugiées. On a beau être au Népal, on est avant tout sur les hauts-plateaux himalayens, largement habités par les tibétains.

  • Marpha – Pokhara

Cette dernière partie bien qu’intégralement en bus a aussi été une épreuve. Tout d’abord pour trouver le bus pour partir, nous nous étions renseignés la veille et sur les conseils de notre hôte, nous étions pimpants à 6h45 au carrefour, où nous avons attendus ¾ d’heure avant la venue du premier bus. Chanceux que nous sommes, ce bus venait chercher des étudiants en sortie scolaire dans la région, qui se rendaient à Pokhara et il restait 2 « places » dans la cabine du chauffeur, juste pour nous 2. Petite négo et c’est parti pour 12h de bus, en mode 4×4 sur des « chemins » tous plus vertigineux les uns que les autres, intempéries, enlisement de notre bus, aide à d’autres véhicules en panne, croisement avec des camions, bref, pour ceux qui connaissent, dignes de l’émission « les routes de l’enfer », le tout avec un chauffeur toujours souriant, vraiment excellent conducteur (bien qu’il roule particulièrement vite pour le type de route, nous sommes arrivés sans le moindre problème), la musique locale de style indien à fond (il ne faudrait pas que quelqu’un s’endorme quand même) et les sursauts de la route nous obligeant à nous tenir fermement tout le temps, ce qui n’a pas empêché Mathieu de se cogner fortement la tête au plafond 3 fois sur le trajet !

Quel bonheur d’arriver à Pokhara !

Nous souhaitons en profiter pour remercier Louise pour nous avoir parlé de ce trek, sans qui, nous n’aurions certainement pas fait ce trek faute de le connaître!

Témoignage de Mathieu

« La randonnée, c’est une splendide manière de découvrir un endroit, une région, mais surtout de ressentir les lieux. D’abord par la lenteur du déplacement qui permet d’observer avec minutie les paysages en détail, de rencontrer des gens, mais aussi et surtout de faire une pause dans le quotidien en prenant un rythme, qui au fur et à mesure peut mener à un état légèrement second. On pourrait qualifier cet état de méditatif, le corps continue à avancer et l’esprit bien que concentré sur la progression se vide. Pour moi qui suis particulièrement hyperactif, c’est une vraie manière de canaliser mon énergie et me recentrer sur moi-même. »

 

Témoignage de Charlotte

« Mathieu m’a fait découvrir la randonnée il y a bientôt 6 ans, et notamment la randonnée en autonomie. Faire le trek des Annapurnas, c’était son rêve et je ne pensais pas qu’il le réaliserait avec moi. Ce fut une expérience extraordinaire, à la fois par le plaisir de découvrir ces paysages insoupçonnés pour moi, et de m’extasier devant les pics enneigés. Ces douze jours de trek ont aussi été l’occasion pour moi de lâcher avec la notion de performance, de mettre un peu l’ego de côté, d’être humble face aux éléments ou avec mes défaillances physiques et de prendre le temps de ressenti et d’être pleinement présente. Ce fut donc un chemin à plein de titre, que je suis heureuse de parcourir main dans la main. »

12 réflexions sur “Trek des Annapurnas

  1. Sonia A

    Quel plaisir de vous lire ! Mon prochain voyage sera surement en Asie et vos photos confirment mes choix. J’espère que votre retour c’est bien passé. Un abrazo desde Arequipa 😉

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  2. Emeline

    Les paysages sont vraiment magnifiques et très variés tout au long de votre Trek. Merci pour ce fabuleux partage !
    C’est une très belle expérience que vous semblez avoir vécue ici.
    J’ai trouvé vos témoignages sont particulièrement touchant 😉

    Aimé par 1 personne

  3. Laure et Sébastien

    Heyyy amis trekkeurs !!
    Très belle retranscription de cette aventure, vous lire nous permet de revivre cette épopée qui restera une magnifique expérience mélangée de découvertes et rencontres 😉
    Nous vous souhaitons une bonne continuation dans votre périple à travers le monde ….ce blog est vraiment très agréable à lire merci pour tout . Gros bisous de nous 2

    Aimé par 1 personne

  4. Jean-Michel Pouard

    Que de photos fabuleuses, dignes de nos rêves les plus passionnés. Ca donne envie d’y aller. Les ponts de singes sont particulièrement aériens…et les Annapurnas majestueux. Merci pour votre partage.

    Aimé par 1 personne

  5. Jules

    Je me suis régalé à lire votre récit du Trek des Annapurnas. Les photos sont plus belles les unes que les autres et donnent envie de découvrir ces paysages grandioses !
    Merci !!!

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