Mythes tibétains

Le Tibet est à nouveau un lieu de nombreux mythes, voici notre sélection.

·      MYTHE DES ORIGINES

Les origines des Tibétains demeurent inconnues à ce jour, malgré de nombreuses hypothèses. Cela laisse donc entièrement la place au mythe des origines.

Une vaste mer recouvrait toute la planète, jusqu’au jour où elle se retira, laissant émerger la région du Tibet central. Les premiers humains naquirent de l’union entre Chenrezig (ou Alokiteshvara, boddhisattva de la compassion) qui avait pris la forme d’un singe, et de Drölma (ou Tara), divinité qui avait la forme d’une ogresse des rochers. Ils engendrèrent six familes : Se, Mu, Dong, Tong, Wra, et Dru, qui formèrent ensuite les six clans tibétains.

·      TEMPLES ANTI-DEMONS

Quand le bouddhisme arriva au Tibet, il se heurta à la religion Bön, alors en place, et qui avait une origine chamanique, avec esprits, fantômes et démons. Par amalgame ou par grande intelligence de la princesse Wencheng (l’épouse chinoise du roi Songtsen Gampo), il fut décelé qu’une grande démone était allongée en travers du haut plateau tibétain.

La princesse Wencheng put heureusement utiliser la géomancie chinoise pour localiser la démone et l’immobiliser. On peut ici voir un symbole des difficultés physiques du Tibet et de l’hostilité du clergé bönpo envers le bouddhisme.

Pour immobiliser la démone, plusieurs temples bouddhiques furent construits

  • l’un sur le cœur de la démone, qui se trouvait sous un lac au centre de Lhassa : le Jokhang fut ainsi bâti une fois le lac asséché
  • quatre temples « runo », formant un carré et un rempart protecteur autour de Lhassa, pour immobiliser les hanches et les épaules de la démone
  • quatre temples « tandul », qui fixent les genoux et les coudes
  • quatre temples « yangdul », qui paralysent les mains et les pieds : l’un se trouve au Bouthan et l’autre au Sichuan, mais les deux autres ne sont pas encore localisés…

·      LA CHEVRE SACREE

Le site du Jokhang a donc été choisi de manière spécifique, sur le lac Wothang. Ce lac fut donc comblé pour construire ce temple, mais on dit qu’un puits dans l’enceinte du temple est toujours rempli de l’eau du Wothang. Selon la légende, ce lac aurait été comblé par une chèvre blanche sacrée (Lhassa s’appelait à l’origine Rasa, « la terre des chèvres »).

·      LES ROIS PROTECTEURS

A l’entrée de chaque temple du Tibet, on trouve les quatre rois protecteurs sous forme de statues, de peintures, de thangka, ou même de masques. Ces 4 rois célestes sont les gardiens du monde qui règnent sur les versants du Mont Meru, dans les cieux qui portent leurs noms et dont chacun correspond aux 4 points cardinaux.

Leurs fonctions respectives consistent à protéger le monde (rien que ça), à discerner et à punir le mal et à développer l’aspiration à l’éveil, à écouter les enseignements du Bouddha, à protéger les endroits où le Bouddha les a exprimés, et à délivrer les êtres de leur souffrance.

Jikokuten – protecteur de l’Est – Le mainteneur de la Loi – Il préside le printemps et est de couleur verte ou blanche. Il maintient le royaume de la loi, et commande une armée de musiciens. Il porte une armure et une écharpe, ainsi qu’une épée dans sa main droite.

Komokuten – protecteur de l’Ouest – Celui qui voit tout – Il préside l’automne et est de couleur jaune. Il observe tout ce qui se passe dans le royaume et voit tout. Il porte une ombrelle.

Bishamonten – protecteur du Nord – le Savant – Il préside l’hiver et est de couleur noire ou rouge. Il tient dans ses mains un joyau et un serpent. C’est celui qui sait tout.

Zojoten – protecteur du Sud – le Puissant – Il préside l’été et est de couleur bleu. Il tient une épée dans sa main droite et son poing gauche repose sur sa hanche. Il est capable d’agrandir le royaume.

·      LES 4 FRERES HARMONIEUX

L’histoire de ces 4 animaux est extraite du Tittira-Jataka, c’est une histoire que Bouddha aurait raconté à ses disciples. L’histoire commence ainsi :

« Il y a bien longtemps, s’étaient liés d’amitié un éléphant, un singe, un lièvre et un faisan. Un jour, le faisan s’éleva très haut dans les airs, par-delà les nuages, et rapporta dans son bec une graine. C’était une graine d’un arbre magique qui pouvait vivre éternellement et donner des fruits toute l’année.
Le lièvre, fort intelligent, comprit qu’il fallait mettre la graine en terre, comme le font les hommes. Le singe, lui, la fuma tous les jours pour qu’elle se développe bien, et l’éléphant l’arrosa régulièrement, en puisant avec sa trompe de l’eau d’une rivière qui coulait près de là. La graine devint pousse, la pousse plante, puis arbre et celui-ci grandit rapidement. Bientôt, il commença à donner des fruits et chacun voulut en profiter.
Mais l’arbre continua à pousser et, un jour, il fut si haut que même l’éléphant n’arriva plus à atteindre les branches lourdes de fruits. Le plus grand et le plus fort des animaux se plaignit alors au faisan et au singe :
  • Tout cela est injuste ! Vous seuls pouvez manger des fruits de cet arbre si haut, alors que nous avons tous les quatre contribué à le faire pousser.
  • Oui, et moi je n’ai jamais mangé que quelques feuilles tombées à terre ! ajouta le lièvre, furieux.
Comme le faisan et le singe ne voulaient rien entendre, l’éléphant et le lièvre demandèrent l’avis d’un pieux ermite qui vivait non loin dans une grotte.
  • Ne vous disputez pas ! Autrefois, il n’existait pas ce genre d’arbre merveilleux dans le monde. D’où vient cet arbre, comment a-t-il poussé ? Dites-le moi et peut-être trouverai-je un moyen de vous aider tous les quatre.
  • D’après ce que j’ai entendu, répondu l’ermite, vous avez tous les quatre contribué à la croissance de cet arbre aussi magnifique que rare. Chacun donc a le droit de manger ses fruits ! Ne vous disputez pas et trouvez une solution pour que votre amitié perdure.
Après avoir écouté les paroles du vénérable ermite, le lièvre proposa :
  • Pour cueillir les fruits, le singe se dressera sur le dos de l’éléphant, moi sur le dos du singe et le faisan sur mon dos. Une fois les fruits cueillis, le faisan me donnera des fruits, je les donnerai au singe, le singe à l’éléphant. Tous les quatre, nous pourrons ainsi déguster les fruits de cet arbre.
Ainsi fut fait. Dès lors, l’amitié du faisan, du singe, de l’éléphant et du lièvre fut indéfectible.
Et c’est pourquoi, aujourd’hui encore, dans le vestibule de tout sanctuaire, une fresque représentent les quatre animaux réunis pour rappeler les vertus et les devoirs de l’entraide et de l’amitié..»
Source : http://www.iletait-unefois.org

Version 2L’interprétation classique veut que ces 4 animaux (éléphant, singe, lièvre et faisan) symbolisent l’harmonie, le respecte des anciens, l’amour et l’affection, aucun de ces animaux n’étant principalement préoccupé par lui-même. Chacun de ces animaux a essayé d’aider les autres plutôt que d’être dominé par son désir.

2 réflexions sur “Mythes tibétains

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