Tranches de vie – Chine

La Chine a tenu toutes ses promesses en terme d’anecdotes, de différences culturelles, d’incompréhension et de grands moments de solitude. Nous avons essayé d’en retranscrire les principaux tant la liste a été longue…

Dans nos repères culturels occidentaux, nous avons souvent eu des jugements sur des comportements qui nous étonnaient, voire nous choquaient, malgré notre volonté de toujours replacer tout cela dans un contexte culturel extrêmement différent. N’ayant pas toujours les clés de lecture culturelles, nous avons tout de même trouvé certains comportements étonnants et même parfois paradoxaux.

·      DES INTROVERTIS DEMONSTRATIFS ?

Même s’il ne faut pas généraliser, nous pensions avoir face à nous un peuple à tendance introvertie. Mais ne vous y trompez pas, cela n’empêche aucunement des grands élans démonstratifs : ils parlent fort, voire très fort, pour ne pas dire que cela ne leur pose aucun problème de crier, ou de parler au téléphone au milieu d’une foule, d’un restaurant, d’un wagon ou d’un bus. Même armés d’une excellente paire de bouchons d’oreille, on n’arrive pas à s’y faire…

Côté démonstration, ils adorent s’amuser, jouer (un jeu de dames chinoises peut provoquer un attroupement au milieu de la rue) et tester des choses qui leur procurent des sensations (parfois monter un escalier peut suffire), qu’ils expriment, et ils réagissent avec enthousiasme, surprise ou intérêt à des choses insolites comme nos bâtons de marche, ou nos camel bag, le top de l’insolite !

Enfin dans cette dimension démonstrative, il est très important pour les Chinois de montrer leur richesse, et surtout des signes occidentaux de richesse. Cela nous vaut d’être observés, pour ne pas dire décortiqués, et également d’être questionnés sur le prix de tel ou tel équipement. Dans ce registre, un Chinois qui invite des personnes au restaurant doit donc leur en mettre plein la vue, et serait déshonoré si les convives terminaient tous les plats. Il est fondamental de laisser de la nourriture, et cela nous donne souvent une impression de gaspillage dans un pays qui a, par ailleurs, une vraie capacité à réparer et recycler de manière insolite un maximum d’objets.

·      DES SPORTIFS ESSOUFLES ?

Encore une fois, nous arrivions avec des préjugés liés à ce que nous croyions connaître de la médecine chinoise et de leur hygiène de vie, pour cette patrie du tai-chi et de nombreux arts martiaux.

Alors certes, on trouve encore de nombreux chinois au petit matin dans les parcs en train de pratiquer du tai-chi ou autre activité traditionnelle, mais on a été assez inquiet du manque de condition physique de la plupart des touristes chinois que nous avons pu rencontrer sur la plupart des sites : jeunes arrêtés au milieu de la Grande Muraille en plein essoufflement après quelques volées de marche, bus électriques qui les déplacent même pour des distances inférieures à 100m (et attention, ce ne sont pas forcément les vieilles générations qui les remplissent), sachant que leur tenue vestimentaire est rarement adaptée à la situation : mini-jupe et talons aiguilles pour fouler les pavés de la Cité Interdite (ou se fouler la cheville), pantoufles pour gravir la muraille de Chine (pas les charentaises qui pourraient encore tenir au pied, mais plutôt des pantoufles traditionnelles – pas de semelles et ouvertes au talon)…

Nous n’épiloguerons pas dans ce paragraphe sur le port du pyjama dans la rue ou au supermarché, mais nous avons encore quelques interrogations sur le sujet, ou peut-être un peu d’envie ?

·      HONORABLE INCIVISME ?

Là encore un préjugé : celui du respect et qui sous-tendait pour nous une notion de civisme. Attention à ne pas tout mélanger. Les formules de politesse sont bien d’usage, les traductions littérales toujours très poétiques et incroyablement longues, le respect des anciens est bien présent, mais la notion de civisme en revanche est bien différente.

Concernant les piétons tout d’abord : c’est à la vie, à la mort ! Le trottoir est fait pour exposer ou stocker ses marchandises, se garer, s’attrouper ou même y rouler. Seul un occidental voudrait y marcher. En revanche, le piéton bénéficie en Chine de 80 secondes pour traverser une rue, soit quatre fois plus de temps qu’en Mongolie. Les chinois seraient-ils plus lents que les Mongols ? Néanmoins, même si le feu est vert pour le piéton et rouge pour les voitures, le piéton n’est absolument pas prioritaire et même engagé, les voitures forcent le passage, un peu comme « la raison du plus fort »

La notion de queue et de rigueur dans la queue, chère à Mathieu l’Alsacien, n’existe tout simplement pas. Il y a donc tout un déploiement de personnel dans les stations de métro et les gares pour organiser l’inorganisation générale, faire mettre en rang, faire respecter les lignes au sol et les sens de circulation, mais dès que l’on se retrouve dans d’autres lieux de queue, le naturel reprend ses droits : bousculade et gruge sont bien au programme ! Charlotte a donc mis en place sa culture toulousaine rugbystique et occupe sa place de toute sa stature. Gare au coup d’épaules !

Nous avons tout de même vu plusieurs panneaux, et même quelques films dans le train ou dans les bus pour rappeler les règles de bonne conduite. Prenez le temps de lire le panneau ci-dessous qui résume totalement ce que nous avons pu observer. C’est-à-dire, sans exagération, plutôt les comportements inverses.

·      UNE BLONDE AU PAYS DES YEUX BRIDES

Habitués de l’Asie du Sud-Est, nous n’avions pas réalisé que la Chine n’était pas du tout dépendante du tourisme étranger, contrairement à quelques voisins thaïlandais ou indonésiens qui ont vraiment cherché à le développer, et cherchent donc à parler un peu anglais et à attirer le touriste occidental.

En Chine, le tourisme chinois se suffit à lui-même. Comme en Mongolie, nous sommes toujours ravis quand nous découvrons un tourisme national, mais dans le cas de la Chine, cela a un certain nombre de conséquences : très peu de traductions en anglais que ce soit dans les sites touristiques, historiques ou dans les restaurants (au mieux, on peut choisir sur base d’une photo et prier !), peu de Chinois parlent anglais et d’autant moins dès qu’on s’éloigne des villes, quant aux bus ou aux trains, 100% des annonces et des écriteaux sont en chinois (nous vous laissons imaginer les moments de solitude à se demander si l’on va au bon endroit et où il faut descendre).

Dans ce contexte, il est urgent de s’adapter. Comme nous n’avons pas réussi à apprendre le Chinois en une semaine, nous avons développé notre sens du mime (merci le Time is Up !). Nous savons désormais parfaitement mimer « sans piment » ou « épilation », et nous avons également appris à compter en chinois avec les mains (non, montrer le nombre de doigts correspondant au chiffre que l’on souhaite dire n’est pas un langage international).

Enfin, dans ce contexte d’autosuffisance touristique, la curiosité n’est plus là où on peut l’attendre, et nous devenons souvent l’attraction touristique. Nous avons comptabilisé en moyenne une dizaine de photos de nous par jour, prises à notre insu (ce que l’on apprécie le moins tout de même) ou sur demande, et qui, dans ce cas, peuvent donner lieu à des échanges fugaces, parfois cocasses, et globalement plutôt sympathiques. Entre les poils de Mathieu et la blondeur de Charlotte, ils ne savent plus où donner de la photo.

·      IMPUDEUR OU VISION DECOMPLEXEE DE LA VIE ?

dscn1998

Forcément dans les grands moments de surprise que réservent la Chine, on ne pouvait pas faire l’impasse sur les toilettes publiques. La bonne nouvelle, c’est qu’il y en a partout. La petite surprise pour les Occidentaux que nous sommes, c’est de découvrir l’absence de portes. Imaginez donc plusieurs WC à la turque, côte à côte, avec une simple cloison en guise de séparation (dans le meilleur des cas).

Toujours dans le domaine de la pudeur, nous n’avons pas les mêmes tabous. En Chine, péter, roter et cracher sont monnaie courante. A préciser que concernant le crachat, on parle vraiment d’un profond raclement de gorge très sonore, genre « KRRRRREEUOOOOK ». Evidement on s’est tous posé cette question : mais pourquoi les chinois crachent-ils ??? Il semble que cela serait lié à la médecine chinoise qui conseille de ne rien garder à l’intérieur : gaz, glaire, morve… Bref, bon appétit bien sûr… surtout quand c’est au restaurant !

Soyons très clairs : on essaie vraiment d’être tolérant et plein d’ouverture, mais même après trois semaines, ça ne passe toujours pas !

·      POLLUTION ET TOUT ELECTRIQUE

La Chine est connue pour être l’un des plus gros pollueurs au monde, et même si les nouveaux accords pris avec les Etats-Unis vont forcément améliorer les choses, dans les années à venir, il y a des domaines dans lesquels ils devancent de très loin les occidentaux. Nous avons été très surpris de constater que la plupart des véhicules sont déjà 100% électriques : vélo, mobylettes, petits utilitaires et même voiture. Mais il y a un énorme écart entre ces avancées technologiques faibles en émission de CO2 très répandues et les véhicules ultra polluant encore très présents :  camions, vieux bus, véhicules de transport crachant des nuages noirs irrespirables et usines qui polluent énormément, très loin des normes européennes. A quand l’homogénéisation ?

 

Et en vrac, quelques photos que nous souhaitions partager…

4 réflexions sur “Tranches de vie – Chine

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